La face cachée d'une affaire administrative

October 12, 2011 15:35

(Baonghean)Bien que le procès se soit terminé il y a près de deux semaines, l'affaire de M. T, chef de département du district H, qui poursuit le Comité populaire du district H, continue de susciter l'émoi dans l'opinion publique.

Ce jour-là, au procès, la salle d'audience était comble, même la sortie était encombrée. L'intérêt et l'impatience étaient palpables, chacun voulant savoir quel genre de personne était M. T pour oser poursuivre son supérieur. Si des citoyens ont déjà intenté des procès à des fonctionnaires pour contester des décisions, qu'un haut fonctionnaire poursuive son supérieur est… sans précédent ! Quel était donc le véritable enjeu de cette action en justice ?

Les événements peuvent être résumés comme suit : Le 21 septembre 2009, M. T a déposé une demande et des documents demandant la réinscription de sa naissance auprès du Comité populaire de sa commune natale. Sur la base des documents fournis, le Comité populaire de la commune a délivré à M. T un acte de naissance original réenregistré, mentionnant l'année 1955 comme année de naissance. Cependant, le 26 novembre 2010, le Comité populaire du district H a décidé de révoquer et d'annuler cet acte de naissance réenregistré pour les raisons suivantes : la procédure de réenregistrement de M. T était incomplète au regard de la loi, et M. T possède actuellement un acte de naissance original (initialement enregistré le 16 avril 1974) indiquant l'année 1952 comme année de naissance, conservé dans le dossier du personnel des fonctionnaires du district H. Contestant cette décision, M. T a intenté une action en justice contre le district H, arguant que son acte de naissance original, mentionnant l'année 1952, avait été falsifié, endommagé ou était devenu inutilisable, et qu'il « devait » donc être réenregistré.

L'examen des documents de M. T. révèle que sa carte d'identité délivrée par la Sécurité publique de Nghe Tinh en 1983, son livret de famille, son relevé de notes du lycée et une copie de son diplôme de fin d'études secondaires délivré en 1974, son dossier étudiant et son diplôme de l'Université agricole délivré en 1979, la carte grise de sa moto, son permis de conduire et plusieurs autres documents indiquent tous que son année de naissance est 1955. Seuls son dossier de cadre et son dossier de membre du parti indiquent que son année de naissance est 1952.

En assistant au procès, nous avons constaté un détail étrange : c’est M. T lui-même qui a falsifié son acte de naissance. Il a d’abord déclaré 1955 comme année de naissance, puis l’a effacée et corrigée en 1952, avant de la déclarer à nouveau 1955. Quel était le mobile de M. T ?

Grâce à des enquêtes auprès des amis et des proches de M. T, nous avons progressivement mis au jour la véritable nature du problème. En réalité, M. T est né en 1952, comme indiqué dans ses documents personnels. Cependant, durant ses études secondaires, il n'a pas réussi l'examen d'entrée au lycée et a suivi un programme de soutien scolaire. Après deux ans de soutien, il a abandonné ses études et a pris une année sabbatique avant de repasser l'examen d'entrée au lycée. Par conséquent, afin que son année de naissance figurant sur ses documents corresponde à sa scolarité, il a déclaré 1955 comme année de naissance en 1974. Toutefois, après être devenu fonctionnaire au Comité populaire de district, confronté aux difficultés des années 1980 et souhaitant prendre une retraite anticipée, il a arbitrairement modifié son acte de naissance, changeant son année de naissance de 1955 à 1952 pour correspondre à ses déclarations antérieures de fonctionnaire et d'appartenance au parti. Cependant, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Le niveau de vie des fonctionnaires s'étant amélioré, et M. T. ayant même été nommé chef de département, il souhaitait prolonger sa période de bénéfice. C'est pourquoi il a imaginé une ruse pour faire réenregistrer son acte de naissance.

Le procès est terminé et le tribunal a débouté M. T. Sans se prononcer sur la justesse de cette décision, l'opinion publique reste préoccupée car M. T., haut fonctionnaire et membre du Parti, ancien chef du ministère de la Justice et actuel président de l'Ordre des avocats du district H, devrait posséder une connaissance approfondie du droit. Or, poussé par son propre intérêt et exploitant des failles juridiques, il a falsifié des documents à son avantage à plusieurs reprises, puis s'est faussement accusé d'avoir effacé son acte de naissance original afin de le faire réenregistrer.


Tram Anh

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