Qu’est-ce que l’effet Baggio et pourquoi est-il si terrifiant ?
« L’« effet Baggio » désigne l’état psychologique instable que peut ressentir un joueur lorsqu’il tire un penalty, car un tir manqué entraînerait la défaite de son équipe. Marquinhos est la dernière victime de ce fameux « effet Baggio ». »
« L’« effet Baggio » désigne l’état psychologique instable que peut ressentir un joueur lorsqu’il tire un penalty, car un tir manqué entraînerait la défaite de son équipe. Marquinhos est la dernière victime de ce fameux « effet Baggio ». »
« Si le joueur A rate, c'est fini pour lui. » On entend souvent cette phrase devenue culte de la part des commentateurs lors des séances de tirs au but, particulièrement tendues. Dans ce genre de situation, le joueur A doit absolument marquer pour que son équipe garde espoir. Or, l'histoire montre que la plupart des échecs sont dus à une pression immense.
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| Même un joueur de très haut niveau court un risque élevé de rater le penalty s'il se retrouve dans une situation similaire à celle de la légende italienne. |
Roberto Baggio était le légendaire numéro 10 de l'équipe nationale italienne il y a trente ans. Lors de la finale de la Coupe du monde 1994, Baggio s'avança pour tirer le cinquième penalty pour l'Italie, alors que le score était de 3-2 en faveur du Brésil. S'il ratait, l'Italie était éliminée. S'il réussissait, il y avait encore une chance de se qualifier. Et puis, la « Divine Queue de Cheval » envoya le ballon au-dessus de la barre transversale. Le Brésil n'eut pas besoin d'un cinquième penalty pour remporter le titre aux États-Unis.
Même un joueur de très haut niveau risque de rater un penalty dans une situation similaire à celle de la légende italienne. Selon les statistiques de Globo, le taux de réussite aux tirs au but lors des Coupes du Monde jusqu'en 2018 était de 70 %. Ce taux chutait notamment à 42 % pour les tirs qui, s'ils étaient manqués, entraîneraient une défaite (l'« effet Baggio »). À l'inverse, le taux de réussite atteignait 95 % pour les tirs qui, s'ils étaient réussis, mèneraient à la victoire.
Marquinhos n'a pas échappé à ce qu'on a appelé « l'effet Baggio ». Le défenseur central a tiré le quatrième penalty du Brésil alors que la Croatie menait 4-2. Marquinhos n'avait pas le droit à l'erreur. Mais la frappe puissante du joueur du PSG a heurté le poteau. La séance de tirs au but s'est soldée par la victoire de la Croatie.
« Lorsque les joueurs subissent une pression immense pour réussir, leur esprit est obscurci par l'anxiété, ce qui endommage leurs nerfs moteurs. Par conséquent, sous l'effet d'un stress émotionnel intense, les joueurs ont tendance à être incapables de reproduire les mouvements qu'ils ont maîtrisés à l'entraînement », explique Joao Ricardo Cozac, psychologue du sport, à propos de « l'effet Baggio ».
Les tirs au but sont certes une question de chance, mais pas uniquement. Outre l'« effet Baggio », Marquinhos devait également composer avec le risque du huitième tir. Les statistiques de Gracenote montrent que le huitième tir est le plus risqué des dix premiers pour les deux équipes. Dans l'histoire des tirs au but en Coupe du Monde (jusqu'aux huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2022), le taux d'échec du huitième tir atteint 38 %, le plus élevé parmi les dix premiers. Le tir le plus sûr est le premier, avec un taux d'échec de seulement 28 %.
Tite n'avait pas besoin de ces informations. Il lui suffisait de savoir que Marquinhos était un leader, un joueur à la volonté de fer pour l'équipe nationale brésilienne. Tite était convaincu que Marquinhos méritait qu'on lui fasse confiance pour participer à la séance de tirs au but contre la Croatie.
Mais Tite a négligé un détail crucial : Marquinhos n'a jamais tiré de penalty, ni sur penalty direct ni aux tirs au but, durant toute sa carrière professionnelle. Les tirs au but ne sont pas qu'une question de chance, Tite !



