Quelle direction devrait prendre le football vietnamien ?
La défaite 0-4 contre la Malaisie lors des qualifications pour la Coupe d'Asie 2027 n'était pas un simple accident ; elle reflétait fidèlement l'évolution du football régional ainsi que l'incertitude et le manque de clarté quant à l'orientation du football vietnamien.
La tristesse d'infrastructures inadéquates.
Ancien directeur technique japonais du club – Hideaki ShojiRivière Lam, Nghe AnDès ses débuts dans le football vietnamien, il a dû admettre que les infrastructures constituaient le principal obstacle à son plein développement. Ce n'est qu'ensuite qu'entraient en jeu des facteurs tels que le professionnalisme et la discipline…
Un autre entraîneur, Velizar Popov, a également confié franchement aux médias : « Tout doit commencer par l'infrastructure, c'est la première base, tout comme pour la construction d'une maison, il faut commencer par les fondations, pas par le toit. »
Ce sont des suggestions sincères, et non nouvelles. Un système de football ne se mesure pas uniquement aux performances de l'équipe nationale, mais aussi à la qualité du championnat national, de la formation des jeunes et à la solidité interne des clubs du pays.

Pour développer le football chez les jeunes, outre les questions de nutrition, de condition physique et de discipline qui n'ont pas reçu l'attention qu'elles méritent, le principal problème est…Football vietnamienC'est le terrain d'entraînement. On ne peut pas s'entraîner au football sans terrain d'entraînement. Même de nombreuses équipes professionnelles de la V.League ne disposent pas de terrains d'entraînement aux normes ; deux ou trois clubs se partagent un seul terrain. C'est là un paradoxe majeur et une lacune importante.
Sans infrastructures adéquates, il est naturellement impossible de développer le football scolaire, communautaire et amateur pour faire éclore et découvrir de jeunes talents à l'échelle régionale ou nationale. Le développement du football chez les jeunes, au sein des clubs et des localités, sera donc inégal.
Faute d'infrastructures adéquates, les tournois de jeunes peinent à trouver des lieux d'accueil. Les sites permettant aux jeunes joueurs de développer leurs talents sont trop peu nombreux. Or, des installations appropriées sont essentielles à leur développement complet, tant sur le plan des compétences et de la tactique que sur d'autres facteurs importants pour devenir un joueur professionnel.
Quelle direction devrait prendre le football vietnamien ?
Suite aux défaites contre l'Indonésie et la Malaisie, l'opinion publique et les supporters vietnamiens s'interrogent : le football vietnamien devrait-il suivre la voie de la naturalisation, comme d'autres pays, ou celle du Japon, de la Corée du Sud et de l'Ouzbékistan ? N'oublions pas que l'Indonésie a non seulement naturalisé des joueurs, mais que son équipe des moins de 17 ans s'est également qualifiée récemment pour la Coupe du monde.
La Fédération vietnamienne de football continuera sans aucun doute de privilégier le recrutement de joueurs vietnamiens évoluant à l'étranger. Toutefois, il ne s'agit que d'une solution temporaire et à court terme, qui nécessite un investissement financier conséquent de la part des clubs.

Actuellement, le football vietnamien souffre d'un manque d'investissement dans la formation des jeunes clubs, certains ne disposant même pas de centres de formation. Au lieu de dénicher et de former de jeunes talents, des équipes comme Hanoi Police, Nam Dinh Green Steel et Binh Dinh Quy Nhon privilégient l'achat de joueurs capables de leur assurer un succès rapide.
Des nations de football comme la Corée du Sud et le Japon ont adopté les modèles allemand et européen depuis des décennies. En suivant cette voie, le football vietnamien devrait faire preuve d'une grande patience et accepter un déclin de ses performances sur une longue période. Il pourrait même être nécessaire de renoncer à des succès dans des compétitions régionales comme la Coupe de l'ASEAN et les Jeux d'Asie du Sud-Est.
C’est très difficile à réaliser, car la pression pour performer dans les tournois régionaux de jeunes, comme le Championnat d’Asie du Sud-Est U23 ou les Jeux d’Asie du Sud-Est, est immense. Sous cette pression, les clubs privilégient le recrutement de joueurs étrangers plutôt que la formation de jeunes talents.
Le football vietnamien a besoin non seulement d'une « révolution », mais aussi d'un changement de mentalité et d'attentes chez chaque supporter. Sans amélioration des infrastructures, sans investissement dans la formation et le développement des clubs, et sans priorité accordée au développement du championnat national, le football vietnamien sera largement distancé par ses rivaux régionaux.


