Nous devons éviter une situation où des résolutions sont adoptées mais non mises en œuvre.
En collaboration avec les ministères et agences chargés de préparer l'examen préliminaire de la mise en œuvre de la résolution gouvernementale n° 120 relative au développement durable de la région du delta du Mékong face aux changements climatiques, le Premier ministre a constaté que de nombreux ministères, agences et collectivités locales n'avaient pas appliqué activement cette résolution. Il a également souligné la nécessité d'éviter de se contenter de belles paroles sans lendemain, c'est-à-dire d'adopter une résolution sans la mettre en œuvre concrètement.
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| Le Premier ministre Nguyen Xuan Phuc prend la parole lors de la séance de travail de l'après-midi du 19 février. Photo : VGP/Quang Hieu |
Par ailleurs, la systématisation des données et statistiques intersectorielles a été mise en œuvre et la recherche fondamentale a été renforcée. Le ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement a actualisé les données météorologiques, hydrologiques, océanographiques, sédimentaires et relatives aux ressources en eau de la région. Le ministère de l'Agriculture et du Développement rural s'est concentré sur l'étude et l'évaluation de l'érosion des berges et du littoral.
En termes de ressources, les agences centrales et locales ont jusqu'à présent prévu d'allouer environ 18 000 milliards de VND à la mise en œuvre des programmes et des projets.
La résolution 120 représente une avancée majeure en matière de pensée et d'approche novatrices ; cependant, selon le ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement, certains organismes et collectivités locales n'ont pas véritablement adopté cet esprit d'innovation, s'appuyant toujours sur les conseils et les ressources de soutien du gouvernement central.
Après la présentation des rapports des ministères et agences sur la mise en œuvre et la préparation de la conférence de bilan de la résolution 120, le Premier ministre Nguyen Xuan Phuc a souligné que cette résolution avait fait l'objet de recherches et d'une élaboration minutieuses, tant en termes de perspectives et de modèles de développement que de solutions concrètes, et qu'elle avait été saluée par les experts nationaux et internationaux. Face à l'aggravation des changements climatiques, un bilan et une évaluation rapides de la mise en œuvre de cette résolution s'avèrent essentiels.
Le Premier ministre a estimé que les ministères, les secteurs et les collectivités locales avaient réalisé des progrès dans l'organisation de la mise en œuvre de la résolution, notamment en ce qui concerne les projets de restructuration de la production agricole et de certains secteurs dans la région du delta du Mékong.
Le Premier ministre a toutefois souligné qu'il subsiste un manque de détermination dans la mise en œuvre de la résolution, notamment en raison de nombreux points qui nécessitent une réflexion et des actions concrètes ; et un manque de proactivité dans la mobilisation de la population pour la mise en œuvre de la résolution.
« Nous avons besoin d'une évaluation plus approfondie des directives à tous les niveaux et dans tous les secteurs, notamment au niveau local, concernant la mise en œuvre de la résolution. Existe-t-il des secteurs qui ne l'ont pas appliquée depuis sa publication ? Y en a-t-il qui ne l'ont même pas lue pour comprendre leurs responsabilités ? Je constate que oui. On observe une certaine passivité, des oublis, une acceptation des anciennes méthodes et un refus d'innover, alors même que de nombreux ministres sont activement impliqués dans le travail, s'attaquant aux problèmes liés à la vie et au développement du delta du Mékong. Une orientation en matière de développement et des directives de mise en œuvre sont extrêmement importantes pour une région fluviale fragile comme le delta du Mékong, fortement et profondément impactée par le changement climatique », a déclaré le Premier ministre, demandant qu'on évite de « lancer quelque chose sans le faire », c'est-à-dire de voir une résolution publiée mais non appliquée.
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| Photo : VGP/Quang Hieu |
Le Premier ministre a demandé que, dans la période à venir, des orientations appropriées en matière de science et de technologie soient fournies pour faire face à la situation liée aux changements climatiques dans la région du delta du Mékong, permettant ainsi la restructuration du secteur agricole et des domaines connexes en vue d'un développement régional durable, pour le bien de la population et pour améliorer son niveau de vie.
Parallèlement, il est nécessaire de clarifier la question des ressources pour le développement du delta du Mékong. Outre le budget de l'État et l'aide publique au développement (APD), il convient de recourir à des partenariats public-privé (PPP) et de mobiliser divers types d'entreprises. Des ressources complémentaires, allouées en temps opportun au développement de la région du delta du Mékong, devraient être fournies par le fonds de réserve à moyen terme d'ici à 2020. Il est essentiel de privilégier le développement des infrastructures, notamment d'irrigation et de transport.
Le Premier ministre a chargé le ministère des Finances d'étudier la possibilité de créer un fonds d'investissement et de développement pour la région du delta du Mékong, conformément à la réglementation en vigueur, et de mener des recherches et de proposer la création d'un organisme de pilotage et de gestion chargé de mettre en œuvre la résolution.
Lors de la réunion, le Premier ministre a approuvé la proposition du ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement d'organiser le « Forum du delta du Mékong 2019 : De la politique à la mise en œuvre », accélérant ainsi l'application de la résolution 120. Il a demandé un rapport détaillé présentant les réalisations, soulignant les lacunes et les faiblesses, et surtout proposant des solutions pour l'avenir ; il a également demandé la mise en place de tâches spécifiques, assorties de directives et de ressources pour leur mise en œuvre. Par ailleurs, des actions concrètes doivent être planifiées avant la conférence, et notamment les ministères et agences doivent s'engager pleinement dans la mise en œuvre des tâches qui leur sont confiées par la résolution.
Le Premier ministre a suggéré d'envisager la tenue du Forum avant le 20 mai et d'y inviter des experts internationaux et des représentants de pays ayant une expérience en matière de lutte contre le changement climatique et l'élévation du niveau de la mer, comme les Pays-Bas.




