discipline administrative et éthique du service public
(Baonghean) - Suite à une inspection surprise, le Comité populaire de la province de Nghe An a ordonné aux départements et localités concernés de continuer à inspecter la mise en œuvre de la Directive 17 du Comité provincial du Parti sur le renforcement de la discipline et de l'ordre administratifs dans les agences et unités de la province.
Les inspections ont montré que la directive 17 a entraîné des changements positifs dans le fonctionnement des administrations publiques. Les fonctionnaires et employés respectent davantage la discipline administrative ; les retards, les départs anticipés, les absences injustifiées pendant les heures de travail et les activités personnelles au bureau sont progressivement en voie de disparition ; en particulier, l’interdiction de consommer de l’alcool pendant les heures de travail et la pause déjeuner est bien appliquée par de nombreuses administrations et unités.
Toutefois, lors de l'examen de la mise en œuvre de la Directive 17, un point mérite d'être clarifié : la relation entre discipline administrative et déontologie du service public. Le renforcement de la discipline et de l'ordre administratifs contribue à améliorer la déontologie du service public, et seule une amélioration de cette dernière permet de garantir la discipline et l'ordre administratifs. Or, dans les faits, le respect scrupuleux de la discipline administrative ne reflète pas toujours une véritable déontologie du service public. Nombre de fonctionnaires arrivent à l'heure, passent huit heures par jour au bureau et ne semblent pas enfreindre la discipline du travail. Pourtant, en réalité, la qualité et l'efficacité de leur travail sont faibles pour diverses raisons : capacités limitées, manque de créativité, indifférence au travail d'équipe, etc. Ce sont ces fonctionnaires qui « emportent leur parapluie au travail le matin et le ramènent chez eux le soir », donnant l'impression de respecter scrupuleusement la discipline administrative, mais se révélant en réalité incapables d'accomplir leurs tâches.
Le vice-Premier ministre Nguyen Xuan Phuc a qualifié ces fonctionnaires de « genre facultatif, qu'on les ait ou non ».
Il existe un groupe particulièrement difficile à repérer : les fonctionnaires qui, dans l’exercice de leurs fonctions, abusent de leur position et de leur rôle pour s’enrichir personnellement. Dotés d’un sens aigu des responsabilités, ces agents donnent toujours l’impression de respecter scrupuleusement la discipline administrative et de ne jamais enfreindre le règlement intérieur. Derrière cette façade d’intégrité se cachent souvent des opportunistes, qui se livrent à des actions nuisant à la réputation de l’administration et semant la discorde en son sein. Pour ce type d’agent, les contrôles disciplinaires ne suffisent pas à eux seuls à les détecter et à les poursuivre ; des mesures plus strictes sont nécessaires, telles que l’inspection et la supervision des membres du Parti et la promotion de la critique et de l’autocritique.
Nul ne conteste le rôle de la discipline et de l'ordre administratifs dans l'amélioration de l'éthique du service public. Leur application rigoureuse crée un environnement optimal permettant à chaque fonctionnaire et employé de travailler efficacement et de remplir ses responsabilités envers le public. À l'inverse, un relâchement de la discipline et de l'ordre administratifs favorise la recherche d'un enrichissement personnel, entraînant un déclin de l'éthique du service public. Il est essentiel de reconnaître que le facteur fondamental de l'éthique du service public réside dans la conscience et la responsabilité de chaque fonctionnaire et employé envers le public, et qu'il convient d'éviter une simple adhésion formelle à la discipline et à l'ordre administratifs.
La relation entre discipline administrative et déontologie du service public doit être envisagée de manière dialectique, et de nombreux cas pratiques doivent être résolus avec raison et compassion. Les fonctionnaires qui se conforment formellement à la discipline administrative uniquement pour éviter les critiques, alors même que leur travail est inefficace, doivent faire l'objet d'un examen de leurs compétences et de leur sens des responsabilités. Il est inacceptable que les administrations publiques se contentent de « prendre leur parapluie pour aller travailler et rentrer chez eux le soir » pour percevoir leur salaire et autres avantages. Pour les fonctionnaires compétents qui, malgré leurs lacunes, peinent à respecter scrupuleusement la discipline administrative, des mesures de formation appropriées doivent être mises en place afin d'éviter que celle-ci n'étouffe leur créativité au travail. Enfin, les fonctionnaires corrompus qui instrumentalisent la discipline administrative pour dissimuler des intérêts personnels doivent être dénoncés et sanctionnés avec fermeté.
Ainsi, la directive 17 du Comité permanent du Parti provincial sert d'outil pour instaurer la discipline et l'ordre administratifs au sein des organismes d'État. Toutefois, pour une mise en œuvre pleine et entière de cette directive, il est indispensable de développer chez chaque fonctionnaire et employé une éthique du service public.
Tran Hong Co


