Oncle Ho et sa patrie Nghe An

Forgé par le feu dans la patrie de l'oncle Hô.

Diep Thanh May 19, 2024 07:23

Dans le hameau de Lien Son, commune de Kim Lien, district de Nam Dan – où la forge était jadis florissante – seules quelques familles perpétuent cet art. Ce lien unit les valeurs d'hier et d'aujourd'hui, et la flamme de la forge, à l'image de l'amour du travail bien fait, brûle avec éclat depuis de nombreuses années.

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Dans le hameau de Lien Son, commune de Kim Lien, district de Nam Dan – où la forge était jadis florissante – seules quelques familles perpétuent cet art. Ce lien unit les valeurs d'hier et d'aujourd'hui, et la flamme de la forge, à l'image de l'amour du travail bien fait, brûle avec éclat depuis de nombreuses années.

LA PASSION POUR LE MÉTIER

Par une après-midi caniculaire de mai, j'ai visité l'atelier du forgeron M. Vo Van Hieu (né en 1979). Malgré la chaleur estivale qui me trempait de sueur, j'ai trouvé la température à l'intérieur étonnamment fraîche comparée à celle de l'atelier.forgeronC'est l'atelier de M. Hieu. Presque chaque recoin irradie de chaleur, qu'elle provienne du charbon, de l'électricité, des machines à souder ou des meuleuses. Pour supporter la chaleur constante de la forge, la passion de M. Hieu pour son métier doit être sans égale.

M. Vo Van Hieu dans son atelier de forgeron. Extrait : Diep Thanh

L'atelier de forgeron de M. Hieu fabrique principalement des outils agricoles tels que des faucilles, des couteaux, des houes, des charrues et des couteaux pour les légumes et le bétail. C'est la saison des récoltes et les agriculteurs ont grand besoin de faucilles ; l'atelier en est donc bien pourvu. Il lui faut en moyenne entre une heure et demie et deux heures pour fabriquer une faucille, un processus qui comprend de nombreuses étapes.

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Tout d'abord, il faut choisir le matériau, le découper en morceaux selon la forme voulue. Ensuite, on le chauffe à blanc pour ramollir la faucille, puis on utilise un marteau pour lui donner la forme voulue, l'angle et le biseau. On affûte ensuite la faucille jusqu'au tranchant désiré et on taille les dents. Enfin, on la trempe en la chauffant suffisamment dans un four à charbon, en la plongeant dans l'eau, puis en l'affûtant une dernière fois. Une faucille complète se vend 25 000 dongs.

Monsieur Vo Van Hieu

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En été, les ateliers des forgerons deviennent encore plus étouffants. Photo : Diep Thanh

De toutes les étapes énumérées par M. Hieu, tailler les dents de la faux et tremper la faucille étaient sans doute les plus exigeantes. Quelques minutes à peine après avoir allumé le fourneau à charbon pour chauffer la faucille jusqu'à ce qu'elle devienne rougeoyante, la sueur ruisselait sur le visage de M. Hieu, assombrissant son teint déjà hâlé. Non seulement la chaleur était intense, mais la poussière de charbon soulevée par le fourneau était suffocante.

À Kim Lien, les ateliers de forgerons n'utilisent plus les anciens soufflets et fours rotatifs ; ils sont désormais équipés de hauts fourneaux et d'une multitude de machines modernes. Les forgerons traditionnels transmettent leur savoir-faire aux générations futures. Cependant, certains, plus âgés, restent fidèles et dévoués à cet art.

À environ 400 mètres de la maison de M. Hieu se trouve l'atelier de forgeron de M. Tran Dinh Thuc (né en 1941). Malgré son âge avancé, la forge de M. Thuc fonctionne encore quotidiennement et jouit d'une excellente réputation auprès des habitants du quartier.CompétenceEt le dévouement de M. Thuc à son métier était tel que des clients de près comme de loin le recherchaient spontanément pour passer commande directement à son domicile, sans avoir besoin d'aller au marché ni de fournir des magasins.

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Pour être forgeron, outre la force physique et l'habileté, il faut aussi un mental d'acier. Pour moi, chaque étape prend du temps : il faut du temps pour obtenir la bonne température, pour affûter correctement le couteau, pour le tremper au degré approprié… Si un client reste constamment à côté de moi à me presser, je n'accepterai pas le travail.

M. Tran Dinh Thuc

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M. Tran Dinh Thuc a appris le métier de forgeron à l'âge de 12 ans seulement. Photo : Diep Thanh

Il est aisé de constater sa force mentale. Son visage restait impassible malgré le vacarme assourdissant de l'enclume de 30 kg, la chaleur suffocante et les flammes menaçant de jaillir du four. La réputation de M. Thuc se confirmait par sa méticulosité dans le choix des matériaux et son talent exceptionnel pour le revenu de l'acier, comme en témoigne sa capacité à discerner la couleur de l'acier chauffé. Ses produits durent généralement de 10 à 20 ans, voire plus. De ce fait, chaque pièce qu'il vend se vend à un prix bien supérieur à celui du marché.

Dans l'environnement de travail si particulier d'un atelier de forgeron, aussi habiles et prudents soient les ouvriers, le risque d'accidents du travail est toujours présent. Coupures, saignements et brûlures sont monnaie courante. Au fil des années, leurs mains se couvrent de callosités et de crevasses, et l'épaississement de la peau de leurs paumes devient un signe distinctif.

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Le métier de forgeron exige une bonne santé, de la persévérance et de la diligence. Photo : Diep Thanh

Grâce à leur force, leur expérience, leur habileté, leur sens de l'observation et leur persévérance, l'atelier de forge de MM. Thuc et Hieu fournit depuis de nombreuses années des outils agricoles en fer et en acier aux habitants de la région. Malgré la pénibilité du travail et la saleté, ils restent passionnés par leur métier et souhaitent le perpétuer.

CONTINUER À PORTÉE DE MAIN

Autrefois, la commune de Kim Lien comptait tant de forgerons qu'ils avaient même formé une coopérative. La plupart étaient des apprentis des défunts Dien et Tieng, figures étroitement liées à l'enfance du président Hô Chi Minh. Avec le développement de la société, le nombre de forgerons a diminué. La flamme de la forge brûlera-t-elle éternellement ?

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L'atelier de forgeron de M. Thuc se trouve dans une ruelle étroite, loin du centre-ville, mais les habitants des environs continuent de venir le consulter car ils font confiance à son savoir-faire et à son dévouement. Photo : Diep Thanh

Ayant suivi les traces de son père, forgeron depuis l'âge de 12 ans, M. Thuc s'engagea dans la résistance lorsqu'il eut l'âge requis pour le service militaire. En 1977, de retour dans sa ville natale, il reprit le travail à la forge de son grand-père et de son père.

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Mon grand-père était apprenti forgeron et a appris le métier auprès de feu M. Dien. Il l'a transmis à mon père, qui me l'a ensuite transmis à son tour. J'aime mon métier et je continuerai à l'exercer tant que je le pourrai. Quel dommage qu'aucun de mes fils n'ait suivi mes traces !

M. Tran Dinh Thuc

Comme aucun de ses enfants n'a suivi ses traces en devenant forgeron, M. Thuc a décidé de transmettre son savoir-faire à ceux qui souhaitaient apprendre. Pendant de nombreuses années, il a formé de nombreux apprentis, chacun bénéficiant de trois mois pour maîtriser toutes les techniques. Avant de les quitter, il leur offre toujours un jeu d'outils en guise de porte-bonheur. Son apprenti le plus brillant est aujourd'hui propriétaire d'une forge réputée au carrefour de Tho Son (Tan Ky).

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Les moules à légumes de M. Hieu destinés à l'alimentation animale sont très demandés. Photo : Diep Thanh

Partageant ses sentiments quant à la préservation du métier de forgeron, M. Hieu a confié : « Je ne me souviens pas exactement quand j’ai commencé à travailler comme forgeron. Je sais seulement que j’ai passé mon enfance entouré par la forge. Ensuite, j’aidais mon père à forger et je suis devenu forgeron comme lui. Pour moi, la forge est à la fois un moyen de gagner ma vie et une façon de perpétuer et de préserver ce métier. »

La valeur ajoutée évoquée par M. Hieu réside dans la création de nouveaux produits répondant aux besoins des clients, en complément des produits traditionnels. Il s'agit notamment de râteaux à riz, de râteaux à paille et de coupe-légumes pour l'alimentation animale. Ces produits, de haute qualité et à prix raisonnables, sont vendus en gros à de nombreux magasins du marché.

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À 83 ans, M. Thuc allume encore chaque jour avec diligence le feu pour forger le métal. Photo : Diep Thanh

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Article paru dans le journal Nghe An

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