Élargir le champ d'application des efforts de lutte contre la corruption.
Il n'est pas rare que le secteur privé serve de refuge, de « cour arrière », voire de plateforme de « blanchiment d'argent » pour les fonctionnaires corrompus du secteur public.
Le projet de loi révisé sur la prévention et la lutte contre la corruption, préparé par l'Inspection générale du gouvernement et examiné par le ministère de la Justice, a considérablement élargi son champ d'application par rapport à la version précédente, incluant désormais le traitement des personnes qui commettent des actes de corruption ; le traitement des agences, organisations et personnes concernées ; et le traitement des biens et revenus qui ne peuvent être raisonnablement justifiés.
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Outre les personnes visées par la loi en vigueur, la notion de « personnes occupant des fonctions d’autorité » a été élargie pour inclure « les personnes occupant les fonctions de président du conseil d’administration, de membre du conseil d’administration, de directeur général, de directeur, de président du conseil de surveillance, de chef comptable des sociétés cotées, des établissements de crédit et des fonds d’investissement » ainsi que « président, secrétaire général, chef comptable, président du conseil d’inspection des organisations sociales ».
En ce qui concerne les actes de corruption, bien que le projet de loi conserve essentiellement les dispositions relatives aux actes de corruption telles que présentées dans la loi actuelle, il a été révisé et clarifié afin d'être cohérent et conforme aux dispositions du Code pénal relatives aux infractions de corruption.
Cette modification reflète la volonté d'élargir progressivement le champ d'application de la loi aux organisations et entreprises hors du secteur public. Il faut souligner qu'il s'agit d'une politique tout à fait judicieuse. La corruption dans le secteur non étatique est elle aussi de plus en plus grave et complexe, mais elle n'est pas encore encadrée par la loi sur la prévention et la lutte contre la corruption. Sans inclure le secteur privé dans le champ d'application de la réglementation et du contrôle, l'efficacité des efforts de lutte contre la corruption dans le secteur public s'en trouvera considérablement réduite, car, dans les faits, les relations publiques et privées sont étroitement liées dans de nombreux domaines, à l'image de « navires qui communiquent ».
Il n'est pas rare que le secteur privé serve de refuge, de « terrain d'entente », voire de plateforme de blanchiment d'argent pour les fonctionnaires corrompus. Les efforts de lutte contre la corruption seront inefficaces si l'on ignore le secteur privé ; inversement, combattre la corruption dans le secteur privé est également essentiel pour lutter contre la corruption dans le secteur public.
Par ailleurs, le Code pénal actuel a étendu son champ d'application au secteur non étatique (pour quatre infractions : détournement de fonds, corruption, recel et incitation à la corruption) et prévoit également la responsabilité pénale des personnes morales. La directive n° 50-CT/TW du Politburo du 7 décembre 2015, relative au renforcement du rôle du Parti dans la détection et le traitement des cas et incidents de corruption, exige l'harmonisation des dispositions relatives aux actes de corruption entre le Code pénal et la loi anticorruption. La Convention des Nations Unies contre la corruption impose également la prévention et la lutte contre la corruption dans le secteur privé. Dès lors, il est essentiel d'étendre le champ d'application de la loi anticorruption au secteur non étatique.
Cependant, cette extension doit être réalisable, compte tenu de l'état actuel du développement et des exigences de gestion du secteur non étatique, ainsi que de la capacité à contrôler ce secteur. C'est pourquoi l'organisme rédacteur a opté pour la solution immédiate consistant à rendre obligatoire l'application de certaines mesures anticorruption aux entités suivantes : sociétés cotées en bourse, établissements de crédit et fonds d'investissement.
La priorité accordée aux sociétés cotées en bourse, aux établissements de crédit, aux organismes de services non publics et aux fonds d'investissement tient au fait que ces entités présentent une séparation claire entre propriétaires et dirigeants dans leurs mécanismes de gouvernance et de gestion. Cette séparation accroît le risque d'abus de pouvoir et de corruption par les dirigeants. Pour les autres organisations et entreprises non étatiques, la loi énonce des principes généraux de lutte contre la corruption, à mettre en œuvre en fonction de leurs activités spécifiques, et encadre les procédures d'inspection et d'audit selon les compétences propres à chaque secteur et domaine.
Selon VOV



