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Relations sino-coréennes : un voyage pour dissiper les nuages.

Thanh Huyen November 3, 2025 15:12

Après plus d'une décennie, la visite du président chinois Xi Jinping en Corée du Sud a marqué un tournant significatif dans le paysage diplomatique de l'Asie du Nord-Est.

La diplomatie est essentielle.

Il est évident qu'après des années de stagnation dues à des désaccords stratégiques et à l'influence de la rivalité sino-américaine, les relations entre Pékin et Séoul montrent des signes de réchauffement. Depuis 2024, une série d'échanges diplomatiques, économiques et humains ont contribué à briser la glace qui pesait sur les deux pays depuis la crise du système de défense antimissile THAAD en 2017 (déployé par les États-Unis en Corée du Sud). La visite officielle du président chinois Xi Jinping en Corée du Sud à l'occasion du sommet de l'APEC, la première en onze ans, constitue une avancée significative et témoigne clairement de la volonté des deux parties de rétablir la confiance politique et de développer leur coopération stratégique.

La visite de Xi Jinping revêt un caractère hautement significatif. Après une longue période marquée par la pandémie, les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales et les tensions sino-américaines, Pékin et Séoul sont confrontés à un besoin urgent de redéfinir leur politique étrangère. Pour la Corée du Sud, maintenir un équilibre entre son allié en matière de sécurité, les États-Unis, et son principal partenaire économique, la Chine, a toujours constitué un défi de taille. Pour Pékin, consolider des relations stables avec Séoul est perçu comme une démarche stratégique visant à réduire les pressions géopolitiques en Asie du Nord-Est, notamment dans le contexte du renforcement de la stratégie indo-pacifique de Washington.

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Le président chinois Xi Jinping serre la main du président sud-coréen Lee Jae-myung lors de la passation de la présidence de l'APEC 2026 au 32e sommet économique de l'APEC en Corée du Sud. (Photo : Xinhua)

La rencontre entre le président Xi Jinping et le président Lee Jae-myung à Gyeongju a démontré que les efforts déployés pour maintenir la stabilité bilatérale ont porté leurs fruits. Les deux parties ont signé plusieurs mémorandums d'entente sur la coopération dans des domaines tels que la lutte contre la cybercriminalité, les échanges de devises et, surtout, la promotion de la deuxième phase de l'accord de libre-échange bilatéral. La Chine et la Corée du Sud se sont également engagées à renforcer leur coopération dans des secteurs émergents comme l'intelligence artificielle, les biotechnologies, les énergies vertes et l'économie du vieillissement. Un point fort notable a été l'engagement à intensifier les échanges culturels et les relations entre les peuples, jetant ainsi les bases d'un rapprochement entre les deux nations. La mesure d'exemption temporaire de visa mise en place par Séoul pour les groupes de touristes chinois, annoncée quelques semaines seulement avant la visite, témoigne de la volonté de la Corée du Sud de promouvoir la compréhension mutuelle.

Selon le professeur Hwang Jae-ho, directeur de l'Institut de stratégie et de coopération mondiales (Université Hankuk d'études étrangères), la visite du président Xi « est un voyage qui dissipe les nuages ​​et laisse place à l'espoir ». Le professeur Hwang estime que, malgré les fluctuations des relations sino-coréennes ces dernières années, cette visite a contribué à restaurer la confiance politique entre les deux pays, et que c'est là le principal accomplissement de ce déplacement.

Les observateurs estiment également que l'évolution positive des relations sino-coréennes s'explique par des intérêts économiques et de sécurité régionale communs. La Chine est actuellement le premier partenaire commercial de la Corée du Sud, représentant plus de 20 % de ses importations et exportations, tandis que Séoul constitue un maillon essentiel de la chaîne d'approvisionnement de haute technologie de Pékin. De plus, les deux pays partagent un intérêt commun pour le maintien de la stabilité dans la péninsule coréenne, condition nécessaire à la croissance et à la coopération régionales.

La concurrence et la coopération.

Malgré l'atmosphère positive qui a suivi la visite du président Xi Jinping, les relations sino-coréennes s'inscrivent dans un cadre de coopération et de concurrence, reflétant le délicat « équilibre stratégique » que recherchent les deux pays. Avant tout, la Corée du Sud et la Chine reconnaissent leur interdépendance économique. La Chine est le premier partenaire commercial de la Corée du Sud depuis plus de vingt ans, représentant près d'un quart des exportations totales de Séoul. Réciproquement, la Corée du Sud joue un rôle crucial dans la chaîne d'approvisionnement technologique mondiale – notamment dans les semi-conducteurs, les composants électroniques et les batteries – des secteurs où la Chine s'efforce de localiser sa production afin de réduire sa dépendance à l'égard de l'Occident. Ces intérêts communs incitent les deux pays à maintenir le dialogue, même si la confiance politique a été mise à rude épreuve à plusieurs reprises.

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Le président sud-coréen Lee Jae Myung a offert un dîner aux dirigeants participant à la semaine du sommet de l'APEC 2025. Photo : NYT

Cependant, derrière ces poignées de main se cache une rivalité stratégique difficile à résoudre. La Corée du Sud se trouve dans une position délicate, tiraillée entre deux superpuissances. Le président Lee Jae-myung l'a d'ailleurs admis sans détour dans une interview accordée à un journal.DateSéoul a déclaré qu'elle « se tiendrait aux côtés des États-Unis dans le nouvel ordre mondial et les chaînes d'approvisionnement pilotées par Washington, mais qu'elle devait veiller à ne pas nuire à ses relations avec la Chine ». Cette déclaration reflète clairement la réalité : Séoul ne peut choisir un camp sans réserve, car ses intérêts vitaux sont liés aux deux. Les États-Unis sont un allié clé en matière de sécurité, tandis que la Chine demeure son principal partenaire commercial.

Cependant, cette « diplomatie équilibrée » est de plus en plus difficile à maintenir, Washington promouvant sa stratégie indo-pacifique et renforçant des alliances telles que l'AUKUS, le QUAD et l'alliance de sécurité trilatérale entre les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud. Le feu vert donné par Washington à Séoul pour développer des sous-marins nucléaires après le récent sommet Lee-Trump témoigne du renforcement de l'alliance américano-sud-coréenne, mais alimente également le scepticisme de Pékin. La Chine perçoit cette initiative comme un élargissement de son « encerclement » stratégique, même si Séoul insiste sur le fait que ses capacités de défense visent uniquement à « dissuader Pyongyang ». La Chine s'oppose depuis longtemps fermement à une implication plus poussée de la Corée du Sud dans les structures militaires dirigées par les États-Unis, tandis que Séoul est de plus en plus préoccupée par la relation militaire entre Pékin et Pyongyang.

Néanmoins, un point positif est que les deux parties semblent disposées à gérer leurs différends et à rechercher des intérêts communs, plutôt que de laisser les conflits s'envenimer comme ce fut le cas après le déploiement du THAAD. Les déclarations des dirigeants des deux pays, telles que « le respect mutuel des voies de développement » et « la promotion de la confiance et des échanges entre les peuples », montrent que les deux gouvernements s'efforcent de redéfinir les relations bilatérales en faveur d'une « concurrence maîtrisée » dans un contexte de profonds bouleversements.

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