Chérissez le mot « compatriotes ».

April 16, 2015 09:09

(Baonghean) - La langue, les vêtements, les rituels et les coutumes créent les identités diverses des groupes ethniques, tandis que l'amour et la solidarité créent la force de nous tous !

1. Un jour d'avril, le vent soufflait encore une légère fraîcheur, mais le soleil brillait de mille feux. Sa lumière, douce et transparente, semblait faite d'éclats de verre scintillants… Tout cela incitait à rechercher un ami proche, un coin familier, à chanter une vieille chanson, ou simplement à se taire. Silencieux, et pourtant à respirer dans cet espace qui semblait tout droit sorti d'un souvenir, un rêve d'enfance vacillant. À quoi rêves-tu ? Oh, il me semble que je rêve de meules de foin et de fumée paisible, des oiseaux chantant sur les branches des abricotiers en fleurs aux délicats bourgeons roses. Et toi ? Ah, je me souviens du bourdonnement des abeilles dans la forêt, du doux murmure de la roue à eau tournant paisiblement au bord du ruisseau, à la lisière du village. Je me souviens des montagnes, du métier à tisser sous les mains de ma mère, affichant soudain des motifs de soleil, puis des images de plantes, d'animaux et d'autres animaux sur le tissu…

Vui chung ngày hội. Ảnh: Trần Hải
Participer aux festivités. Photo : Tran Hai

Je te tenais la main. Nous étions tous deux des enfants des plaines, l'un des montagnes lointaines ; j'étais Kinh, mon ami Thai. Lors de joyeuses réunions, quand je chantais des chansons folkloriques, mon ami chantait des chansons traditionnelles. Qu'est-ce qui nous a unis, qui nous a rendus inséparables ? Nous nous sommes posé cette question maintes fois, sur le ton de la plaisanterie, mais aucun de nous n'a jamais répondu.

2. Nous n'avons pas répondu, mais nous savions tous deux profondément une chose : nous partagions une origine commune, une terre commune. Tu te souviens peut-être des champs, je me souviens peut-être des rizières, mais c'était une bande de terre que nos ancêtres avaient défendue au péril de leur vie pendant des millénaires. Ce n'était pas seulement mon cas ; nous partagions d'innombrables liens d'affection profonds entre les peuples Khmu et Odu, Tho et Muong, et entre les peuples Hmong et Dan Lai… Je t'ai raconté l'histoire du « Dragon et de l'Immortel », celle des cent enfants de Lac Long Quan et Au Co qui migrèrent vers les montagnes et la mer pour former et multiplier les différentes régions et ethnies du peuple Bach Viet. Tu m'as raconté l'histoire de la « Courge Mère », selon laquelle nous étions tous nés d'une même courge, enfants d'un même couple. Les Xa, les Thaï, les Lu, les Lao… et finalement les Kinh en sont issus. Et comme il y avait tant d'enfants, ils ne pouvaient tous les élever, alors les parents les ont dispersés pour qu'ils aillent chercher de la nourriture dans différentes directions. De là se sont formés des groupes ethniques sur divers territoires, chacun avec son propre mode de vie et son identité culturelle, mais quant à leurs origines, ils sont tous issus d'une même calebasse, nés d'une même mère.

3. Bien que leurs intrigues diffèrent, ces récits témoignent tous de notre appartenance à une même origine. Notre pays a traversé d'innombrables épreuves et les aléas de la vie, mais ses habitants sont toujours restés unis, s'appréciant et vivant en harmonie, malgré la diversité des identités et des langues de chaque groupe ethnique. L'histoire des cent œufs, ou celle de la calebasse, est-elle réalité ou légende, histoire ou mythe ? Cette question n'a plus d'importance, car la vie d'un individu ou d'une nation ne dépend pas des faits, mais de ses croyances, de ses valeurs et de ses aspirations. Une nation forte est celle qui sait s'unir, qui chérit le mot « compatriotes » et qui partage les mêmes convictions et aspirations.

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