En mémoire du premier journaliste de Quy Hop

June 19, 2014 17:46

(Baonghean) - Dans les années 1960, notre pays traversait la période la plus difficile de la guerre destructrice menée par les impérialistes américains. Animé d'un profond patriotisme, à Chau Quang (district de Quy Hop), un homme parcourait inlassablement jour et nuit chaque village de la commune pour distribuer lettres et journaux. De plus, il fut le premier à Quy Hop à oser écrire des articles relatant la vie sociale de la région à cette époque. Il s'agissait de M. Sam Phach...

(Baonghean) - Dans les années 1960, notre pays traversait la période la plus difficile de la guerre destructrice menée par les impérialistes américains. Animé d'un profond patriotisme, à Chau Quang (district de Quy Hop), un homme parcourait inlassablement jour et nuit chaque village de la commune pour distribuer lettres et journaux. De plus, il fut le premier à Quy Hop à oser écrire des articles relatant la vie sociale de la région à cette époque. Il s'agissait de M. Sam Phach...

Le 19 avril 1963, conformément à la décision 52/CP, l'ancien district de Quy Chau fut divisé en trois districts : Quy Chau, Que Phong et Quy Hop. Les débuts du district de Quy Hop furent marqués par d'innombrables difficultés, notamment la lutte contre l'invasion américaine. À cette époque, M. Sam Phach fut nommé responsable de la culture et des transports de la commune de Chau Quang, base importante et siège du Comité du Parti du district. Sa mission consistait à distribuer les documents officiels dans chaque village et hameau. Au cours de son travail, il constata que de nombreux problèmes nécessitaient d'être signalés et traités par écrit. Or, à cette époque, personne à Quy Hop ne s'en chargeait. Il constata que Quy Hop manquait de tout ; même la nourriture était rare, alors qui aurait pu songer à entreprendre une telle tâche ? Face à cette situation, il commença à écrire et à collaborer au journal Nghe An. Il s'agissait d'articles et d'informations sur des sujets pratiques : la participation à la production, l'irrigation, le respect des obligations alimentaires, le mouvement des « trois responsabilités » pour les femmes, le mouvement des « trois préparations » pour les jeunes, des exemples de personnes et d'actions exemplaires, des exemples de producteurs prospères… Lorsque Quy Hop n'en était qu'à ses débuts, peu connu et peu médiatisé, M. Sam Phach a été le pionnier de la diffusion de l'information.

Ông Sầm Phách
Monsieur Sam Phach

Ces journées furent toutes éprouvantes ; il dut parcourir à pied chaque recoin de l'immense commune de Chau Quang. Mais la particularité était qu'il devait marcher pieds nus (car à l'époque, posséder de bonnes sandales était un luxe), sur des chemins jonchés de sable, de gravier et d'épines. Cependant, les difficultés de son reportage ne démoralisèrent pas ce jeune Thaïlandais. Recueillir des informations était déjà ardu, mais rédiger l'article l'était encore plus ; il ne disposait d'aucun autre matériel de référence qu'un stylo et du papier. Nuit après nuit, il peinait, penché sur sa feuille, jusqu'à une heure avancée de la nuit, à la lueur vacillante d'une lampe à pétrole dissimulée dans un tube de bambou.

Puis, un à un, les articles manuscrits étaient envoyés par la poste à la rédaction, écrits au crayon sur une seule face de feuilles de papier à lettres. À cette époque, ces articles étaient d'une valeur inestimable. Après les avoir écrits, M. Sam Phach devait parcourir trois kilomètres à pied jusqu'au bureau de poste du district pour les poster. Faire paraître son nom dans le journal Western Nghe An (aujourd'hui la section « Minorités ethniques et régions montagneuses » du journal Nghe An) lui avait demandé de surmonter d'innombrables difficultés. Sans parler des lettres perdues ou des imprévus… Les maigres droits d'auteur, seulement un ou deux dongs, parfois quelques centimes, étaient pour lui une immense source de fierté. Bien que dérisoires au regard des efforts fournis, ils contribuaient à ce que les minorités ethniques de Quy Hop le comprennent et le connaissent mieux.

En 1967, les envahisseurs américains ont mis au point une tactique visant à empoisonner notre population par la manipulation psychologique. Ils ont largué du matériel de guerre psychologique sur le Vietnam, notamment des radios… Rien qu'à Quy Hop, les habitants ont rassemblé 15 radios. La commune et le district ont organisé leur destruction. Cet événement a été relaté par Sam Phach sur la page Facebook de Western Nghe An. Lors d'un entretien avec nous, M. Sam Ngoc Du, secrétaire du comité du Parti de la commune de Chau Quang, a ajouté : « M. Sam Phach a apporté une contribution significative à la culture de la commune. Membre du comité culturel communal et artiste aux multiples talents, il composait des chants folkloriques et participait à des spectacles… »

Durant la période où le journal Nghe An fut évacué vers le district de Tan Ky, entre 1968 et 1970, M. Sam Phach y apporta une contribution précieuse. L'État reconnut son engagement et lui décerna la Médaille de la Résistance de troisième classe pour sa contribution à la lutte contre les États-Unis.

En 1985, sa santé déclinant, il écrivit de moins en moins. En 2014, à 86 ans, son état s'aggrava. Victime d'un AVC, il s'éteignit le 10 mai 2014. Les brèves et les courts articles parus il y a près de cinquante ans dans le supplément de la région de l'Ouest du journal Nghe An resteront à jamais un précieux témoignage de la vie journalistique d'un homme simple et sincère, profondément attaché à sa patrie.

Ngoc Son - Le Hanh

(Club des arts et de la culture du district de Quỳ Hợp)

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