Ces enfants portent les rêves des adultes.
(Baonghean.vn) - Nous souhaitons que les petites épaules de nos enfants ne soient pas accablées par les grands rêves de leurs parents, mais qu'ils puissent se tenir debout et avancer sur le chemin de la connaissance avec leurs propres aspirations, en s'appuyant sur le soutien et les conseils aimants de leurs parents.
La semaine dernière, une vidéo devenue virale sur Facebook était un débat sur l'éducation des enfants. Ce débat mettait en scène trois duos mère-fille, toutes deux âgées de 11 ans et scolarisées en CM2. Le sujet abordé n'est pas nouveau, mais il reste un sujet brûlant chaque année : la pression des études et des examens qui pèse lourdement sur les enfants. Le débat se présentait sous la forme d'une séance de questions-réponses en direct entre mères et filles. Plusieurs de ces échanges étaient particulièrement troublants.
- Que dois-je faire pour devenir une bonne personne ?
Oui, je dois étudier sérieusement.
- Que dois-je faire pour exceller dans mes études ?
Oui, j'étudie beaucoup.
Dans un autre duo mère-fils, la mère a expliqué à son fils, passionné de football, que le sport était très chronophage et a proposé un marché : s’il obtenait 9 ou 10 à tous ses examens, elle l’autoriserait à jouer au football en guise de récompense. Ces mères ont des conceptions plutôt grandioses de l’éducation : plus un enfant est discipliné, plus il a de liberté ; les parents ne font que ce qui est le mieux pour leurs enfants ; pour réussir, les enfants doivent savoir gérer la pression…
Franchement, même les adultes qui regardent cette émission et écoutent les mères tenter de discipliner leurs enfants se sentent étouffés. Les trois enfants participant au programme n'ont jamais eu de note inférieure à 9 sur leurs bulletins scolaires ; leur enfance a été rythmée par des examens et des contrôles interminables. Étudier était devenu un fardeau, le savoir une obsession, et ils portaient ce lourd fardeau, flou et pesant, vers l'avenir radieux et lointain que leurs parents leur avaient décrit : ils seraient les meilleurs élèves, représenteraient leur école lors de compétitions, obtiendraient des bourses pour étudier à l'étranger et connaîtraient le succès…

L'animateur a demandé aux mères : « Avez-vous déjà demandé à vos enfants ce qu'ils veulent vraiment ? » Après un moment de silence, une mère a répondu, en substance : « En fait, ils disent ça comme ça ; à leur jeune âge, ils réfléchissent superficiellement et ne savent pas ce qui est bon pour eux ! » – « Donc, même si votre enfant dit ce qu'il veut, vous ne l'écoutez pas vraiment, c'est ça ? » a poursuivi l'animateur. Et cette fois, il y a eu un long silence…
Un jour, sur Facebook, face à la réalité de certains adolescents souffrant de dépression due à la pression scolaire et les poussant à des comportements à risque, certains se sont exclamés : « Nulle part ailleurs l’enfance n’est aussi difficile qu’au Vietnam ! » Je ne partage pas cet avis. Au Vietnam, comme ailleurs, les difficultés sont similaires. Quoi qu’il en soit, la réussite scolaire, mesurée par les diplômes, demeure un critère à l’aune duquel la société observe, scrute, encense et compare les individus.
Quiconque est étudiant à l'étranger ou travaille pour des entreprises étrangères connaît la question : « De quelle école êtes-vous diplômé ? » ; et se sent admiré si la réponse est une université prestigieuse de l'Ivy League (un groupe d'universités américaines de premier plan telles que Harvard, Yale, Princeton, Pennsylvanie, Brown, Columbia...).
Pour revenir au point évoqué plus haut, qu'on le veuille ou non, l'éducation et les diplômes sont très valorisés par la société en général, offrant de nombreuses perspectives d'avenir. Par conséquent, la pression des études et des examens pèse inconsciemment sur chaque famille, chaque parent et chaque enfant. Chaque enfant représente l'espoir de ses parents, de sa famille et de sa lignée. Afin de préserver cet espoir, chacun s'attache à l'élever, à veiller sur lui et à le guider dans son avenir, en s'assurant qu'il reçoive une éducation de qualité et acquière les qualifications nécessaires pour affronter les défis de la vie. L'éducation devient ainsi une course effrénée, où l'enfant – tel un athlète sur la piste – court à toute allure sans même savoir où se trouve la ligne d'arrivée ni quel est l'objectif. Les enfants courent sans relâche car leurs parents affirment que c'est le seul moyen de leur garantir un avenir heureux, mais qu'en est-il du présent ? Des millions de moments enfouis dans les livres, oubliant les joies de l'enfance ? Sont-ils vraiment heureux alors ?
« Non, je ne suis pas heureuse, pas du tout ! » répondit l'enfant de 11 ans à l'animateur. « Je ne veux pas aller dans une école prestigieuse ; c'est ce que veut ma mère. » La mère fut surprise par la réponse de son enfant. « Alors, que veux-tu ? » – « Je veux apprendre et jouer en même temps. Je sais qu'apprendre est important, mais jouer l'est tout autant, maman. Beaucoup de jeux nous apprennent des choses, maman. Et je veux que tu m'écoutes davantage. »

L'écoute semble être la clé pour résoudre tous les problèmes complexes de la vie. Écouter les enfants n'est pas aussi difficile qu'on le croit, si l'on écoute vraiment avec respect pour les différences, afin de trouver des solutions harmonieuses à tous les problèmes. L'écoute est source de légèreté, permettant à l'apprentissage de devenir une expérience joyeuse d'acquisition de nouvelles connaissances, et non une source de pression et de peur. L'écoute est aussi le premier pas vers un échange égalitaire, afin de ne pas rejeter hâtivement les désirs de nos enfants et de permettre aux parents d'exprimer les leurs. Puisse cette écoute et cette compréhension exister dans chaque famille, afin que les frêles épaules des enfants ne plient pas sous le poids des grands rêves de leurs parents, mais qu'au contraire, ils puissent se tenir debout et avancer sur le chemin de la connaissance, guidés par leurs propres aspirations, forts du soutien et des conseils bienveillants de leurs parents.


