Une journaliste quitte la vie citadine pour retourner dans sa ville natale et y élever des cochons et des poulets afin de s'enrichir.
Après avoir obtenu une licence en journalisme et travaillé comme reporter pour la Voix du Vietnam (VOV) avec un salaire de près de dix millions de VND par mois, un revenu dont rêveraient de nombreux jeunes diplômés, la jeune reporter a quitté son emploi et est retournée dans sa ville natale pour élever des porcs et des poulets.
Mme Pham Thi Huong Lan (28 ans), originaire de la commune de Khanh Thien, district de Yen Khanh (province de Ninh Binh), est issue d'une famille d'agriculteurs et a toujours rêvé de s'enrichir grâce à ses propres terres. C'est pourquoi elle a quitté un emploi stable à Hanoï pour rentrer chez elle et élever des porcs et des poulets.
Sa décision se heurta à l'opposition de sa famille, de ses parents, de ses frères et sœurs et de ses voisins, qui estimaient qu'aller à l'école était un moyen d'échapper aux difficultés du travail manuel, de trouver un emploi stable et de faire la fierté de ses parents… « Quand je suis partie, mes parents s'y sont fortement opposés. Au début, ils ont essayé de me dissuader, mais ensuite, voyant ma détermination, ils ont cessé de parler. Ils étaient cependant extrêmement déçus », se souvient Lan.
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Mme Pham Thi Huong Lan a décidé de quitter son emploi en ville et de retourner dans sa ville natale pour créer son entreprise.
Mme Lan a expliqué qu'en 2012, après avoir obtenu une licence de journalisme à l'Université des sciences de Hué, elle avait postulé à la VOV (Radio Vietnam). Durant cette période, elle a découvert de nombreux modèles agricoles performants et, parallèlement, elle a fondé une famille.
Bien qu'ils disposaient de revenus stables, mari et femme partageaient l'aspiration commune de s'enrichir grâce à l'agriculture dans leur région natale, ce qui la motivait. Elle décida donc de quitter son emploi et de rentrer chez elle, mettant à profit les connaissances acquises pour la production familiale.
« À nos débuts, mon mari et moi avons rencontré d’innombrables difficultés. Le plus grand défi pour moi était le capital limité, seulement 30 millions de VND. Heureusement, mon mari avait longtemps travaillé dans un institut de recherche sur l’élevage et maîtrisait donc parfaitement les aspects techniques », a confié Mme Lan.
Avec le soutien de sa famille, en 2014, Mme Lan a courageusement emprunté de l'argent à la banque, combiné avec le capital familial et l'aide de proches, pour investir dans la construction d'un système d'élevage et l'achat de reproducteurs.
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La famille de Lan élève actuellement des milliers de poulets de chair égyptiens.
Elle a continué à apprendre et à perfectionner ses techniques tout en travaillant. En seulement quatre ans, la ferme de Lan élève désormais régulièrement des centaines de porcs de toutes tailles et vend en moyenne trois lots de porcelets prêts pour le marché par an, chaque lot comptant en moyenne une centaine de porcelets selon les prix du marché.
Afin de protéger l'environnement et d'utiliser efficacement les déchets végétaux, sa famille a investi dans la construction d'un digesteur de biogaz utilisant la technologie du biogaz pour la cuisson, l'éclairage et le chauffage du bétail, réduisant ainsi la dépendance à l'égard de l'électricité du réseau et assurant un approvisionnement énergétique fiable pour la production.
De plus, le couple élève également des milliers de poulets égyptiens, dont des centaines de poules pondeuses et des milliers de poulettes. L'ensemble de leur élevage, composé de volailles et de porcs, fonctionne en circuit fermé, avec un système de litière biologique à plusieurs compartiments et des distributeurs automatiques d'aliments et d'abreuvoirs. Ils récoltent en moyenne des centaines d'œufs par jour, vendus à un prix moyen d'environ 2 500 VND l'unité.
Mme Lan a expliqué que l'élevage porcin et avicole de sa famille reste modeste et qu'après déduction de toutes les charges, leur bénéfice annuel s'élève à environ 200 millions de dongs. Par ailleurs, son mari et elle envisagent d'agrandir leur exploitation afin d'améliorer leur rentabilité.
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« Même si mon salaire actuel n'est pas beaucoup plus élevé que celui de mon précédent emploi, il me permet de vivre assez confortablement dans ma ville natale. De plus, la vie à la campagne est très paisible ; il n'y a pas de pression professionnelle, pas de concurrence comme en ville, on peut faire ce qu'on veut… » confia Lan.
Après des décisions que beaucoup jugeaient « insensées », et grâce à une persévérance et un travail acharné, Mme Lan a prouvé à tous que son choix de revenir à l'agriculture était le bon. Mais ce qui la rend peut-être le plus heureuse, c'est de pouvoir exercer le métier qu'elle aime et de prospérer sur la terre qui l'a vue naître.


