M. Fillon est devenu le principal candidat à la présidence française.

November 28, 2016 07:57

François Fillon a poursuivi sa série de victoires, devenant officiellement le candidat de droite à la présidence française en 2017.

La seule surprise résidait dans la victoire écrasante de Fillon sur son adversaire, Alain Juppé. Le dépouillement de plus de 10 000 bureaux de vote a révélé que Fillon recueillait plus de 67 % des suffrages, contre 32 % pour Alain Juppé.

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François Fillon s'impose comme l'un des principaux candidats à la présidence française. Photo : AFP

Bien que peu de gens aient douté de la victoire de Fillon après le premier tour de l'élection il y a une semaine, cette large avance a tout de même constitué une légère surprise. Au premier tour, François Fillon a recueilli 44,1 % des suffrages, tandis qu'Alain Juppé en a obtenu un peu plus de 28 %.

Les analystes prévoient cette semaine qu'Alain Juppé a peu de chances de combler l'écart, mais ils n'oseraient pas non plus prédire une victoire écrasante pour Fillon.

Avec ce résultat, François Fillon est officiellement devenu le candidat des partis de droite et du centre à l'élection présidentielle française de 2017.

Et dans le contexte actuel des rapports de force entre les partis politiques sur la scène politique française, François Fillon s'est imposé comme le principal candidat à la présidence.

Pour la droite française, les premières primaires ont été un succès retentissant. En comptant les deux tours de scrutin des 20 et 27 novembre, près de 9 millions d'électeurs français, toutes tendances politiques confondues, ont voté.

La participation au second tour a même été supérieure à celle du premier, atteignant 4,2 à 4,5 millions d'électeurs. Ce chiffre impressionnant est crucial pour la droite car, après l'élection présidentielle française de 2012, de graves conflits internes ont secoué ce parti, le menant un temps au bord de l'effondrement.

La mobilisation de près de 9 millions d'électeurs en deux tours d'élections internes montre que les partis de droite, avec le Parti républicain (LR) comme noyau, ont toujours la capacité d'attirer les Français et auront certainement un poids politique significatif lors de l'élection présidentielle française qui se tiendra dans cinq mois.

Cependant, les primaires étant terminées, la droite française est désormais confrontée à un défi bien plus important : panser ses divisions internes et rassembler tous les électeurs de droite autour de son candidat, François Fillon.

La récente élection primaire a été perçue comme une « guerre civile » au sein de la droite, les candidats s'étant violemment attaqués les uns aux autres lors des débats, et les divisions dans leurs opinions et idéologies politiques étaient très claires.

La tâche de François Fillon est donc de convaincre les électeurs qui ont voté pour Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas chose aisée, compte tenu de son programme, jugé extrêmement conservateur, libéral et « brutal », notamment en ce qui concerne sa politique économique (prévu la suppression de 500 000 fonctionnaires).

Cependant, François Fillon bénéficie également de victoires écrasantes lors des deux primaires, ce qui lui confère une immense légitimité et un grand prestige, et il a une excellente opportunité de reconquérir le pouvoir grâce à la gauche. On s'attend à ce que les électeurs de droite se rallient bientôt à sa cause.

Pour la gauche au pouvoir, le défi immédiat ne réside plus dans François Fillon ni dans aucun autre adversaire, mais dans le choix d'un candidat, ou plus précisément, dans la décision de savoir qui se présentera à la primaire de gauche qui se tiendra en janvier prochain.

Contrairement à la droite, c'est un casse-tête pour la gauche car, en théorie, le président sortant François Hollande devrait être considéré comme un candidat naturel à sa réélection. Cependant, en raison de sa très faible popularité actuelle, la gauche est contrainte d'envisager de présenter d'autres candidats.

Tous les regards sont désormais tournés vers le Premier ministre sortant, Manuel Valls. Dans une interview accordée à un journal français le 27 novembre, M. Valls a évoqué pour la première fois la possibilité de se présenter aux primaires de la gauche, une éventualité qu'il avait jusqu'alors gardée secrète.

En réalité, cela n'a rien de surprenant car les milieux politiques français pensent que Manuel Valls se préparait secrètement depuis des mois à se présenter aux élections, mais qu'il choisissait le bon moment pour éviter d'être accusé de trahison envers le président François Hollande.

Le deuxième grand défi pour la gauche française est d'obtenir la participation d'autres candidats « libéraux » aux primaires, comme Jean-Luc Mélenchon ou, surtout, Emmanuel Macron, qui se considère comme « non partisan » et s'est toujours opposé aux primaires.

Si cet appel échoue, la gauche risque de se diviser en factions, et ses chances déjà minces de remporter l'élection présidentielle deviendront encore plus minces.

Cependant, ce que les électeurs de gauche français attendent avec le plus d'impatience, ce sont des déclarations d'intention claires du président François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls concernant leurs candidatures, qui devraient paraître en début de semaine.

Selon VOV

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