Trump a pris une décision défavorable à Elon Musk.
La politique offrant jusqu'à 7 500 $ de crédits d'impôt aux Américains achetant des véhicules électriques prendra fin le 30 septembre, selon une nouvelle loi adoptée par le Congrès.
Le Congrès américain a officiellement adopté le Bureau des dépenses publiques et des réductions d'impôts (OBBBA), surnommé le « grand et beau projet de loi » proposé par le président Donald Trump.
L'un des aspects les plus controversés de cette législation est la suppression totale des incitations à l'achat de véhicules électriques mises en place par l'administration précédente du président Joe Biden, ce qui entraîne des changements majeurs dans l'industrie automobile américaine.

Selon la politique actuelle, les consommateurs qui optent pour un véhicule électrique peuvent bénéficier de crédits d'impôt allant jusqu'à 7 500 $ pour les voitures neuves et 4 000 $ pour les voitures d'occasion. Il s'agit là d'un des principaux facteurs expliquant le passage des consommateurs américains des véhicules à essence aux véhicules électriques ces dernières années.
La politique de crédit d'impôt de 7 500 $ pour les véhicules électriques a une longue histoire qui remonte à 2008. Initialement, le programme était conçu avec une limite de 200 000 véhicules par constructeur, dans le but d'encourager les constructeurs automobiles à investir dans la technologie des véhicules électriques sans créer une charge budgétaire excessive.
Cependant, selon une nouvelle réglementation, ce programme d'incitation à l'achat de véhicules électriques prendra fin officiellement le 30 septembre. Le crédit de 4 000 $ pour les véhicules électriques d'occasion, une mesure qui a largement contribué à stimuler les ventes de véhicules écologiques ces dernières années, sera également supprimé.

Auparavant, la Chambre des représentants américaine, alors à majorité républicaine, avait également adopté une proposition controversée visant à imposer une taxe annuelle de 250 dollars aux propriétaires de véhicules électriques afin de compenser les coûts d'entretien des infrastructures de transport. L'argument avancé était que les véhicules électriques ne consomment pas d'essence et ne contribuent donc pas aux taxes sur l'essence servant à l'entretien des routes.
Toutefois, cette taxe a été retirée de la loi officielle adoptée par le Congrès, probablement en raison des pressions exercées par les groupes de pression et des craintes de réactions négatives de la part des utilisateurs de véhicules électriques.
Impact sur l'industrie des véhicules électriques
L'annulation de cette politique d'incitation devrait avoir un impact considérable sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement des véhicules électriques aux États-Unis. Les constructeurs de véhicules électriques tels que Tesla, GM, Ford et bien d'autres pourraient devoir adapter leurs stratégies commerciales et leurs prix pour rester compétitifs.

Dans le même temps, les fournisseurs de batteries, de composants et de services de recharge pour véhicules électriques pourraient également être affectés négativement par la baisse de la demande du marché. Cela pourrait ralentir le développement de l'infrastructure de recharge pour véhicules électriques à l'échelle nationale.
L'Electrification Alliance, un groupe de défense des véhicules électriques, a exprimé sa vive inquiétude quant à l'abrogation de cette mesure incitative. L'organisation soutient que cette décision de l'administration Trump nuira gravement à la compétitivité de l'industrie américaine des véhicules électriques, notamment face à la forte progression de la Chine sur le marché mondial.
Alors que les véhicules électriques gagnent une part de plus en plus importante du marché automobile mondial, l'avenir des transports appartient clairement à l'électrification. Ce projet de loi signifie que les États-Unis cèdent leur rôle de leader à la Chine, a averti le groupe dans une déclaration publique.
Une étude de l'Université Harvard, publiée en mars, a présenté des prévisions inquiétantes quant à l'impact de l'abrogation de cette mesure. Selon cette étude, si le crédit d'impôt pour véhicules électriques est supprimé, le taux d'adoption des véhicules électriques aux États-Unis pourrait chuter de 6 % d'ici 2030.
Toutefois, cette mesure présente également des avantages financiers pour le gouvernement fédéral, permettant d'économiser environ 169 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années.
D'après Dan Levy, analyste du marché automobile chez Barclays, la fin du crédit d'impôt pour les véhicules électriques dans moins de trois mois pourrait engendrer un phénomène intéressant sur le marché. Il prévoit une vague d'achats anticipés de la part des consommateurs afin de profiter de cet avantage fiscal avant son expiration.
Levy estime qu'assouplir à la fois les mesures incitatives et la contrainte ralentira le rythme de la transition vers les véhicules électriques aux États-Unis. Après une période de forte hausse des achats, le marché pourrait connaître une baisse significative des ventes dans les prochains mois.
Avantages pour les constructeurs de voitures à essence
Outre la suppression des incitations à l'achat de véhicules électriques, la nouvelle loi avantage également considérablement les constructeurs automobiles traditionnels en abolissant les sanctions pour ceux qui ne respectent pas les normes d'efficacité énergétique fixées par la CAFE (Corporate Average Fuel Economy).

Cette modification permettra aux constructeurs de produire plus facilement des véhicules à essence sans craindre de sanctions.
Au fil des ans, de nombreux grands constructeurs automobiles ont été condamnés à de lourdes amendes pour non-respect des normes d'efficacité énergétique. L'an dernier, Stellantis, la société mère de Chrysler, a écopé d'une amende de 190,7 millions de dollars pour non-respect des normes durant la période 2019-2020.
Stellantis Corporation a également écopé d'amendes s'élevant à près de 400 millions de dollars entre 2016 et 2019 pour des raisons similaires. General Motors (GM) n'a pas non plus échappé aux sanctions, devant s'acquitter de 128,2 millions de dollars d'amendes pour l'exercice 2016-2017 pour non-respect des normes d'efficacité énergétique en vigueur.
La suppression de ces pénalités est perçue comme un atout majeur pour l'industrie automobile traditionnelle, lui permettant de se concentrer sur la production de véhicules plus rentables sans se soucier des contraintes liées à la consommation de carburant.


