Nous devons dénoncer et nommer les responsables qui assurent protection et soutien.
M. Vu Mao : « Nous devons identifier et nommer ceux qui ont commis des violations et des manquements ; ceux qui dissimulent et font preuve de conservatisme doivent être sanctionnés… »
Lors d'une récente conférence sur le renforcement du contrôle et du traitement des infractions liées à la sécurité routière, à l'ordre urbain, à l'ordre public et à l'entretien des trottoirs à Hanoï, M. Nguyen Duc Chung, président du Comité populaire de Hanoï, a dénoncé sans détour les pratiques néfastes et les conflits d'intérêts qui perdurent depuis longtemps. Plus de 80 % des stands de bière installés sur les trottoirs sont protégés par la police, et de nombreux parkings bénéficient du « soutien » des responsables des arrondissements, des districts et des services municipaux.
Les propos sans détour du président du Comité populaire de Hanoï ont « révélé » les faiblesses des comités du Parti à tous les niveaux dans la gestion des cadres et des membres du Parti, qui continuent de tolérer la protection et le soutien dont ils bénéficient. À ce sujet, un journaliste de VOV a interviewé M. Vu Mao, ancien membre du Comité central et ancien chef du Bureau de l'Assemblée nationale.
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| M. Vu Mao – ancien membre du Comité central du Parti communiste, ancien chef du Bureau de l’Assemblée nationale. |
PV :Quels sont vos commentaires sur la déclaration du président du Comité populaire de Hanoï, Nguyen Duc Chung ?
M. Vu Mao :Je crois que ces déclarations sont très franches, sincères et osent énoncer clairement une réalité établie de longue date. Nous devons oser parler avec autant de franchise et de clarté pour opérer des changements résolus et aller de l'avant.
PVCertains estiment que, compte tenu de la franchise du président du Comité populaire de Hanoï, il devrait nommer précisément les personnes et organisations qui assurent la protection et sanctionner immédiatement certains fonctionnaires et membres du Parti impliqués, à titre d'exemple. Ce problème n'est pas nouveau et perdure depuis longtemps. Quel est votre avis à ce sujet ?
M. Vu Mao :Il est essentiel de nommer précisément ces personnes, et le public l'attend. Il y a quelques années, lors d'un entretien avec l'ancien secrétaire du Parti au sein du Comité municipal, j'ai clairement exposé le problème de la corruption.
Aujourd'hui, le camarade Nguyen Duc Chung a dit la vérité, ce qui est essentiel pour que nous examinions l'équipe de cadres, en considérant chaque individu et chaque personne en particulier, et que nous abordions la question avec résolution et exhaustivité.
PV :Actuellement, de grandes villes comme Da Nang et Hô Chi Minh-Ville lancent également des campagnes pour lutter contre l'empiètement sur les trottoirs et les routes. D'après vos observations, observe-t-on dans ces grandes villes une situation de protection et de soutien similaire à celle de Hanoï ?
Monsieur Vu MaoCes phénomènes sont très courants, mais je suis ravi que Hô Chi Minh-Ville, Da Nang et Hanoï prennent également des mesures résolues, créant ainsi un mouvement. Si ces grandes villes réussissent, elles deviendront des modèles pour tout le pays. Il est donc essentiel de veiller à ne pas commencer en fanfare et finir en queue de poisson.
PV :L'opinion publique approuve la déclaration franche du président du Comité populaire de Hanoï, mais beaucoup s'interrogent également : pourquoi ce problème a-t-il persisté si longtemps, connu à la fois du peuple et des dirigeants, sans pour autant être soulevé lors des réunions des sections du Parti ou lors des séances d'autocritique et de critique des fonctionnaires et des membres du Parti à Hanoï et dans de nombreuses autres localités ?
Monsieur Vu MaoCela témoigne d'une faiblesse. La critique et l'autocritique sont des armes essentielles ; il faut les affûter et les mettre en pratique constamment. Or, récemment, à tous les niveaux hiérarchiques, on a constaté une faiblesse et une déférence réciproques.
Il s'agit d'un risque, et si nous ne le traitons pas rapidement, il sera très dangereux. Par conséquent, puisqu'il s'agit d'un risque, nous devons remédier à la situation et la régler en profondeur.
PVLors de la Conférence nationale 2017 du secteur de l'organisation et de la construction du Parti, les délégués ont également souligné que l'évaluation des cadres souffre encore de favoritisme, d'une réticence à aborder les problèmes de front et d'une priorité accordée aux résultats pour sauver les apparences. Monsieur, pourquoi est-il si difficile, malgré l'identification de ces lacunes, de les surmonter ?
M. Vu Mao :Cela témoigne d'un manque de conduite exemplaire parmi les responsables et les membres du Parti. Nous n'avons pas traité ce problème de manière systématique et approfondie. L'opinion publique salue notre approche, notamment dans le 1er arrondissement d'Hô-Chi-Minh-Ville, mais elle s'inquiète également de sa pérennité. Dans les faits, ces dernières décennies, nous avons mené cette démarche avec vigueur et détermination, pour finalement retomber dans nos travers. C'est une leçon que nous devons tirer.
Les leçons à tirer sont les suivantes : premièrement, nous devons fonder nos actions sur le droit et agir conformément à celui-ci ; deuxièmement, nous devons comprendre les sentiments et la réalité de la population. Nous agissons avec détermination sur ces points précis, mais nous devons également offrir des perspectives à la population.
Longtemps, la réglementation a été souple et les gens ont pu exercer leurs activités librement. Or, un changement radical va impacter leurs droits et leurs moyens de subsistance. Il est essentiel de comprendre et de traiter cette question, car ce problème, en apparence mineur, s'inscrit dans une révolution plus vaste.
Je crois que, suite à la 12e résolution du Parti et à la résolution n° 4 (12e législature) du Comité central qui a lancé les travaux en 2016, la qualité du travail en 2017 doit être supérieure.
PV :Le problème des trottoirs peut sembler mineur, mais il montre bien comment les gens testent les autorités locales, n'est-ce pas, monsieur ?
Monsieur Vu MaoC'est exact. Je pense que, dans ce contexte, nous devons poursuivre nos efforts, aller de l'avant et mener des recherches approfondies. Au niveau local, nous devons également étudier leurs solutions, mais fondamentalement, à l'échelle macroéconomique, nous avons besoin d'une recherche exhaustive pour fournir des orientations efficaces. Dans cette nouvelle conception de l'État de droit, nous devons l'exprimer par des textes juridiques.
PVUn autre facteur important est le renforcement de la discipline au sein du Parti. Suite à cet incident, de nombreux avis estiment que les responsables des comités du Parti et des agences gouvernementales qui dissimulent des malversations au sein de leurs unités devraient être tenus responsables et qu'ils ne devraient pas attendre que la presse et le public révèlent ces malversations avant de s'empresser de rectifier la situation. Partagez-vous ce point de vue ?
Monsieur Vu MaoNombre d'incidents ne sont découverts par les dirigeants que par le biais des médias, et même alors, la mise en œuvre reste souvent incomplète. Il est donc nécessaire de renforcer le contrôle sur l'équipe, de clarifier les comportements acceptables et de faire preuve de rigueur à tous les niveaux, sans favoritisme.
Nous devons identifier et nommer les auteurs de violations et de manquements ; ceux qui dissimulent et persistent dans le conservatisme doivent être sévèrement sanctionnés et exclus. C’est une tâche essentielle pour nous.
PV :Merci, monsieur.
Selon VOV



