Lutte contre la pyriculariose du riz : quelques erreurs fréquentes
(Baonghean)Au printemps, la pyriculariose est une maladie qui cause des dégâts importants à de nombreuses variétés de riz dans diverses régions. Or, les agriculteurs commettent souvent des erreurs dans la lutte contre cette maladie.
Première erreur : la surdensité, notamment dans les zones de semis direct. Craignant les dégâts du gel précoce, les agriculteurs ont augmenté la quantité de semences semées de 25 à 30 % par rapport à la quantité recommandée par unité de surface, ou ont planté davantage de talles/touffes, à une densité de 48 à 52 touffes/m², augmentant ainsi la densité de population dans les rizières. De plus, une fertilisation déséquilibrée, avec un excès d’azote et une carence en potassium, a créé des conditions favorables au développement de la pyriculariose. Les agriculteurs n’ont pas pris en compte le double dommage causé par cette maladie : une fois que le riz a déjà souffert de brûlure des feuilles au stade du tallage, il risque de développer une pyriculariose du collet.
Deuxième erreur : retarder la lutte contre la pyriculariose du riz ; souvent, les pesticides ne sont appliqués que lorsque la maladie est déjà bien installée. La meilleure solution consiste à inspecter régulièrement les rizières et, dès l’apparition de taches ressemblant à des nappes de pétrole, à procéder immédiatement à un traitement préventif. Les variétés de riz de haute qualité, en particulier, nécessitent une pulvérisation préventive précoce et proactive.

Les agriculteurs du hameau 2, commune de Bac Thanh (district de Yen Thanh), appliquent de la chaux sur leurs cultures de riz pour lutter contre les ravageurs et les maladies.
Récolte de printemps 2013. Photo : Ho Cac
Troisième erreur : utiliser des pesticides sans respecter les « quatre bons principes », et surtout des pesticides non spécifiques à très faible concentration de matière active (tricyclazole et propiconazole). Les agriculteurs deviennent totalement dépendants du vendeur et achètent ce qui leur est proposé. Certains vendeurs, motivés par le profit, vendent des pesticides de qualité inférieure. Les agriculteurs n’utilisent donc pas de pesticides spécifiques, mais seulement des produits bon marché.
Quatrième erreur : appliquer des engrais stimulant la croissance en même temps que des traitements phytosanitaires, ou ajouter de l’engrais azoté aux rizières jaunies alors que la pyriculariose se développe. Cela fait plus de mal que de bien. La maladie continue de se propager largement.
Cinquième erreur : Constatant qu’un champ voisin est infecté alors que le vôtre est sain et que le riz y pousse bien, vous coupez quelques feuilles. Cette action crée des blessures mécaniques qui permettent aux agents pathogènes de se propager rapidement, réduisant ainsi la surface foliaire et affectant la photosynthèse. La meilleure solution consiste à effectuer une pulvérisation préventive simultanée sur toutes les variétés de riz présentant des signes d’infection dans le même champ.
Pour la culture de printemps 2013, la pyriculariose du riz pourrait se développer et causer des dégâts dès le début du tallage. De plus, d'autres ravageurs et maladies, comme la cicadelle brune et la brûlure bactérienne, pourraient apparaître pendant l'épiaison et la floraison. Les autorités locales doivent inspecter régulièrement les champs et lutter activement contre ces ravageurs et maladies, en accordant une attention particulière aux zones cultivées avec des variétés telles que AC5, HT1, BC15 et Khai Phong 1.
Hoang An (Département de l'agriculture et du développement rural)


