Les relations entre la Russie et l'UE sont à nouveau au point mort.
(Baonghean) - Le ministère russe des Affaires étrangères vient de publier un communiqué indiquant que la Russie est prête à élargir sa liste noire de ressortissants de l'Union européenne (UE) si les pays occidentaux augmentent le nombre de responsables russes figurant sur leur liste noire. Auparavant, la Russie et l'UE s'étaient livrées à une joute verbale après que la Russie a approuvé une liste noire de 89 hommes et femmes politiques européens interdits d'entrée sur son territoire.
Œil pour œil, œil pour œil.
L'Union européenne a été la première à établir une « liste noire » visant des responsables russes ; il est donc clair que la dernière « liste noire » publiée par la Russie constitue une riposte contre l'UE. Cette liste comprend des personnalités telles que le secrétaire général du Conseil européen, Uwe Corpsepius, l'ancien vice-Premier ministre britannique Nick Clegg, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, le ministre polonais de la Justice Robert Kupiecki et l'ancien ministre britannique de la Défense Malcolm Rifkind.
Après l'approbation par la Russie d'une « liste noire » de 89 personnalités politiques de l'UE interdites d'entrée sur son territoire, l'Union européenne a protesté, qualifiant cette mesure d'« arbitraire et déraisonnable ». En réponse à cette réaction, la Russie a défendu sa décision. S'adressant à la presse hier, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que la déclaration de l'UE était totalement « déraisonnable ». Selon lui, la Russie s'était trop longtemps abstenue et cette liste constituait une réponse à la mesure unilatérale et hostile de l'UE, et non une provocation de Moscou. L'ambassadeur de Russie auprès de l'UE, Vladimir Tchizhov, a également affirmé que la liste n'avait pas été établie au hasard.
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| Les dirigeants de l'UE réunis à Bruxelles le 19 mars 2015. Photo : AP |
Outre les sanctions diplomatiques, l'UE et la Russie ont toutes deux subi des pertes considérables du fait des sanctions économiques qu'elles se sont imposées mutuellement. Selon les derniers chiffres publiés par le ministère espagnol des Affaires étrangères, l'UE a perdu au moins 21 milliards d'euros dans la guerre commerciale avec la Russie. Des experts économiques japonais estiment les pertes de l'UE à environ 30 milliards d'euros. De leur côté, les sanctions occidentales ont coûté à la Russie 160 milliards de dollars.
Pas encoreRetour à la normale
Depuis le début de l'année, les relations entre la Russie et l'UE se sont nettement améliorées. La Russie et l'UE espèrent toutes deux rétablir prochainement leurs relations et maintenir un dialogue constructif sur les domaines de coopération, afin d'apaiser les tensions actuelles. Dans les faits, aucune des deux parties n'a pris de mesures concrètes pour améliorer les relations bilatérales. Par ailleurs, alors que l'UE est toujours aux prises avec des désaccords internes quant à l'ajustement de ses relations avec la Russie, cette dernière est embourbée dans un différend diplomatique avec l'Ukraine dans la région du Donbass, ce qui semble inquiéter l'UE quant à la situation russe.
Dans ce contexte, la mesure de rétorsion russe contre l'UE peut être interprétée comme un message adressé à l'UE : sanctionner la Russie revient à se nuire à elle-même. Les relations entre l'UE et la Russie ne s'étant pas sensiblement améliorées, le nouveau ministre finlandais des Affaires étrangères, Timo Soini, a qualifié cette action russe de « peu surprenante » et de « réponse attendue » à une interdiction similaire imposée précédemment par l'UE aux citoyens russes.
Alors que la situation dans l'est de l'Ukraine demeure chaotique, ces nouvelles tensions entre la Russie et l'UE ne feront qu'aggraver le problème. Tant que la question ukrainienne restera irrésolue, les relations russo-européennes ne pourront pas se normaliser. La fermeté de la réaction russe face à l'UE laisse craindre que la confrontation entre les deux pays ne s'éternise. Si l'UE ne parvient pas à un consensus ni à instaurer un dialogue constructif avec la Russie, et si cette dernière ne modifie pas son attitude à son égard, les mesures de rétorsion ne feront qu'aboutir à une impasse dans les relations bilatérales.
Nguyen Cao Bien



