Gestion des travailleurs immigrés illégaux : des politiques appropriées sont nécessaires.
(Baonghean) – La province de Nghệ An compte actuellement un nombre important de travailleurs dont les contrats ont expiré et qui résident illégalement en Corée du Sud. Il est donc nécessaire de mettre en place des mécanismes et des politiques adaptés pour répondre à leurs besoins en matière de renouvellement de contrat, dans le respect de la législation du pays d'accueil. À ce sujet, un journaliste du quotidien Nghệ An a interviewé M. Dang Cao Thang, directeur adjoint du Département du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales.
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PV :Pourriez-vous nous informer de la situation actuelle concernant les travailleurs Nghệ An dont les contrats ont expiré et qui résident illégalement en Corée du Sud ?
Camarade Dang Cao Thang :De 2007 à 2012, entre 500 et 700 travailleurs vietnamiens de la province de Nghệ An étaient envoyés chaque année en Corée du Sud dans le cadre du Programme de permis de travail (EPS). Au 31 octobre 2014, sur plus de 75 000 travailleurs vietnamiens employés en Corée du Sud grâce à ce programme, environ 4 500 étaient résidents permanents de la province de Nghệ An. Parmi eux, 555 ont émigré en 2014 lors de la reprise du programme EPS, tandis que les autres avaient émigré avant septembre 2012 et bénéficiaient encore de contrats de travail valides. Fin octobre 2014, 173 travailleurs originaires de Nghệ An et employés en Corée du Sud avaient vu leur contrat de travail expirer, mais 84 d'entre eux résidaient illégalement dans le pays, soit près de 48,5 %, contre une moyenne nationale de 39,41 %.
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| Des travailleurs vietnamiens partent travailler en Corée du Sud. Photo : Phung Trong |
PV :Comment la situation des travailleurs vietnamiens en général, et de ceux originaires de Nghệ An en particulier, dont les contrats de travail ont expiré et qui résident illégalement en Corée du Sud, affecte-t-elle les efforts d'exportation de main-d'œuvre ?
Camarade Dang Cao Thang :Il convient tout d'abord de préciser que la Corée du Sud est un marché du travail à revenus élevés, avec des salaires mensuels oscillant entre 1 000 et 1 500 dollars par personne. Cependant, en raison du problème des travailleurs en situation irrégulière après l'expiration de leurs contrats, la Corée du Sud a suspendu l'accord d'envoi de travailleurs vietnamiens d'août 2012 à décembre 2013. De ce fait, 2 075 travailleurs ayant réussi le test de langue coréenne, dont plus de 200 issus de districts défavorisés relevant de la résolution gouvernementale 30a, ont dû attendre de pouvoir quitter le pays. Fin 2013, le ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales a signé un protocole d'accord spécifique avec le ministère coréen du Travail afin de poursuivre l'envoi de travailleurs vietnamiens dans le cadre du programme EPS pendant un an, à condition que le nombre de travailleurs en situation irrégulière diminue à moins de 30 % (du 31 décembre 2013 au 31 décembre 2014). Cependant, actuellement, le taux de travailleurs vietnamiens en situation irrégulière en Corée est de près de 40 %.
PV :Selon vous, quelles sont les raisons qui expliquent la situation des travailleurs vietnamiens résidant illégalement en Corée du Sud ?
Camarade Dang Cao Thang :Tout d'abord, il existe un écart important de revenus entre la Corée du Sud et le Vietnam. La plupart des travailleurs vietnamiens qui se rendent en Corée du Sud dans le cadre du programme EPS sont des ouvriers non qualifiés. Or, en Corée du Sud, ils perçoivent un salaire minimum de 1 000 dollars américains par mois, bien supérieur à leurs revenus au Vietnam. De plus, beaucoup estiment que la Corée du Sud ne sanctionne pas suffisamment les entreprises qui emploient des travailleurs sans papiers, ce qui conduit nombre d'entre elles à tolérer des travailleurs dont le permis de séjour a expiré et qui travaillent illégalement, en les sous-payant pour échapper à l'impôt. Par ailleurs, selon des témoignages provenant de plusieurs localités, il arrive encore que les travailleurs se rendant en Corée du Sud doivent payer des frais d'agence d'intérim et de recrutement de main-d'œuvre bien supérieurs au montant autorisé, les incitant ainsi à effectuer des heures supplémentaires pour compenser ces dépenses.
PV :Quelles solutions Nghe An a-t-elle mises en œuvre pour remédier à cette situation ? En tant que responsable, pensez-vous que des mécanismes et des politiques plus adaptés sont nécessaires pour répondre aux besoins des travailleurs tout en respectant la législation du pays hôte ?
Camarade Dang Cao Thang :En 2014, notre province a déployé des efforts considérables pour inciter les travailleurs dont les contrats de travail en Corée du Sud étaient arrivés à échéance à rentrer chez eux dans les meilleurs délais (nous avons organisé quatre conférences de sensibilisation et de mobilisation, dont une au niveau provincial et trois dans les districts de Quynh Luu et Nghi Loc, ainsi que dans la ville de Vinh). Par ailleurs, les districts, les villes et les communes ont pris l'initiative de diffuser de nombreuses directives et de mettre en œuvre des mesures telles que : l'affichage, dans les mairies des comités populaires communaux, de quartier et municipaux, ainsi que dans les hameaux, de la liste des travailleurs dont les contrats étaient arrivés à échéance mais qui résidaient et travaillaient illégalement, et de la liste des travailleurs dont les contrats étaient sur le point d'expirer ; l'incitation des familles à encourager leurs proches à rentrer chez eux dans les meilleurs délais ; et la diffusion, par le biais des radios locales, d'informations sur les mesures incitatives et les sanctions prévues par l'État. Enfin, il est indispensable de lutter fermement contre les agences de recrutement et de placement de main-d'œuvre qui se livrent à des pratiques frauduleuses ou qui facturent des frais supérieurs aux plafonds autorisés pour l'exportation de main-d'œuvre vers la Corée du Sud, afin d'alléger le fardeau financier des travailleurs.
Par ailleurs, le Département du Travail, des Invalides et des Affaires sociales proposera également au Ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales de continuer à conseiller le Gouvernement vietnamien afin qu'il discute avec les autorités coréennes de la modification de la durée des contrats de travail des Vietnamiens en Corée. Il s'agira aussi de créer les conditions permettant aux travailleurs souhaitant rester et travailler légalement et durablement, avec un emploi et un revenu stables, et de mettre en place des politiques raisonnables offrant aux travailleurs dont les contrats de travail ont expiré la possibilité de rentrer et de continuer à participer aux programmes d'exportation de main-d'œuvre. Ceci permettra de rassurer les travailleurs qui craignent de ne plus pouvoir participer à ces programmes à leur retour. Actuellement, de nombreuses entreprises coréennes se développent et opèrent au Vietnam dans des secteurs aussi variés que l'industrie et l'agriculture. Ces entreprises pourraient avoir besoin de travailleurs ayant une expérience professionnelle en Corée, ce qui pourrait constituer une opportunité pour les travailleurs vietnamiens de retour de Corée. Cependant, en l'absence de nouvelles réglementations, il est impératif de respecter la loi et les accords en vigueur signés avec la Corée. Il n'y a pas d'autre solution : les familles, les autorités et la société dans son ensemble doivent œuvrer de concert pour encourager les travailleurs à rentrer chez eux dans les meilleurs délais.
PV :Merci, camarade !
Minh Quan(Effectuer)



