Couleurs printanières du village de Cang
(Baonghean)Après avoir parcouru 20 km à travers la forêt, nous sommes arrivés au village de Cang, haut lieu culturel de la commune frontalière de Mon Son (district de Con Cuong, province de Nghe An), à l'approche du Têt (Nouvel An lunaire). En chemin, les abricotiers en fleurs se paraient de blanc à la lisière de la forêt. Au pied de la montagne, les villageois s'affairaient à planter le riz pour la récolte de printemps. Dans les champs, de lourds épis de maïs étaient portés à dos d'homme… Ce printemps, la vie des habitants de Cang était prospère et confortable.
Le village de Cang compte 139 foyers et 581 habitants, dont 96 % sont d'ethnie thaï. Auparavant, la vie des habitants de Cang reposait principalement sur l'agriculture sur brûlis, une méthode de production obsolète qui engendrait une faible productivité et une faible rentabilité, les plongeant ainsi dans la pauvreté. Aujourd'hui, grâce à l'attention portée par le comité local du Parti et le gouvernement, et surtout grâce à la capacité d'adaptation rapide de chaque villageois qui a modifié ses pratiques agricoles et d'élevage et appliqué les sciences et les technologies à la production, les conditions de vie des Thaï de Cang s'améliorent considérablement.
Dans les zones bénéficiant de sources d'irrigation stables, les populations ont étendu les surfaces cultivées en riz irrigué et introduit des variétés hybrides, ce qui a permis d'accroître considérablement les récoltes. Dans les zones montagneuses arides, elles ont opté pour trois récoltes par an et les coteaux sont désormais pleinement exploités pour la culture du maïs, du soja, des haricots mungo, etc., avec des rendements passant de 30 quintaux/hectare (2005) à 57 quintaux/hectare (2010). Par ailleurs, les Thaï du village de Cang ont également développé l'élevage à une échelle commerciale.
![]() |
Le printemps au village de Cang |
Les habitants du village de Cang ont appris à construire des étables, à élever des bovins et des buffles dans des enclos et à les vacciner contre les maladies. À ce jour, le village compte 327 buffles, 150 vaches et plus de 500 porcs. Au lieu de brûler les forêts pour pratiquer l'agriculture sur brûlis, les villageois de Cang se consacrent désormais à la protection et à la mise en valeur de la forêt ; ils plantent des acacias pour couvrir les coteaux arides, améliorant ainsi les terres forestières, protégeant les ressources forestières et augmentant leurs revenus. De ce fait, les conditions de vie des habitants de Cang s'améliorent progressivement. Le taux de pauvreté du village a diminué pour atteindre 58,8 % (selon les nouvelles normes), et le revenu moyen par habitant a augmenté pour atteindre 5 millions de VND par personne et par an.
Grâce à une économie stable, les habitants contribuent volontairement au développement des infrastructures. Le centre culturel du village est solidement construit et équipé d'un système de sonorisation complet ; les routes internes sont pavées de gravier et dotées d'un système de drainage performant. L'éducation des enfants est une priorité : 100 % des enfants en âge scolaire sont scolarisés ; nombre d'entre eux poursuivent des études supérieures, en école supérieure ou en école professionnelle. La section du Parti du village de Cang a été classée comme exemplaire et performante pendant cinq années consécutives ; des organisations de masse telles que l'Association des femmes, l'Union de la jeunesse et l'Association des anciens combattants ont reçu de nombreuses félicitations des autorités supérieures.
Le mouvement « Tous unis pour construire une vie culturelle dans les zones résidentielles » a été activement adopté par la communauté thaï du village de Cang. À ce jour, 110 familles sur 141 ont obtenu le label « Famille cultivée » (78 %) ; 100 % des foyers sont raccordés au réseau électrique national et 80 % utilisent des puits d’eau potable ; 90 % des foyers sont équipés de matériel audiovisuel…
Afin de préserver les chants et la musique folkloriques de leur ethnie, le village a créé le « Club de chants folkloriques et d'instruments de musique traditionnels thaïlandais du village de Cang », qui compte 14 membres. Le club enseigne aux enfants du village les chants folkloriques thaïlandais anciens, comment jouer de la cithare et d'autres instruments de percussion, comment jouer des gongs et des tambours, et comment souffler dans la flûte… Lors de la fête des récoltes, des pendaisons de crémaillère et surtout pendant le Têt (Nouvel An lunaire), le village de Cang résonne des sons joyeux des gongs et des tambours, du martèlement rythmé des sillons et des mélodies émouvantes des chants folkloriques thaïlandais…
Nous quittons le village de Cang dans l'atmosphère animée des célébrations du Nouvel An. Ici et là, timidement éclosent les fleurs de pêcher, leurs délicates teintes roses se mêlant au cliquetis rythmé des métiers à tisser le brocart. L'excitation et le bonheur se lisent sur les visages de chaque villageois. L'esprit du printemps est palpable dans ce village frontalier isolé…
Thanh Phuc



