Les réserves pétrolières russes, qui s'élèvent à plusieurs milliards de dollars, sont « bloquées ».
Les avoirs pétroliers russes, d'une valeur de plusieurs milliards de dollars, sont « bloqués » dans plusieurs pays suite aux nouvelles sanctions imposées par les États-Unis.
Lukoil, l'une des plus grandes compagnies pétrolières et gazières de Russie, est actuellement incapable d'honorer ses contrats, de recevoir des paiements, de payer ses employés ou de transférer des actifs à l'étranger.
L'Irak suspend sa coopération, des millions de barils de pétrole sont retenus.
Le gouvernement irakien a confirmé qu'il ne pouvait plus collaborer avec Lukoil, la société russe étant soumise à des sanctions américaines. Lukoil détient une participation de 75 % dans le champ de West Qurna-2, l'un des plus importants d'Irak, avec une production de plus de 400 000 barils par jour.
Le porte-parole du ministère irakien du Pétrole, Abdul Sahib Bazoun al-Hasnawi, a déclaré que Lukoil avait invoqué la force majeure, se trouvant dans l'incapacité de remplir ses obligations contractuelles. Tous les paiements relatifs au pétrole brut et aux produits dérivés de ce gisement doivent transiter par le système SWIFT, auquel sont exclues les entreprises sous sanctions.
En conséquence, l'Irak a temporairement suspendu en novembre les paiements d'environ 4 millions de barils de pétrole à Lukoil, dans l'attente de la mise en place d'un nouveau mécanisme de paiement conforme au droit international.

Lukoil a tenté de répondre mais s'est retrouvé dans une impasse.
Auparavant, Lukoil avait tenté de vendre certains de ses actifs à l'étranger à la société suisse de négoce pétrolier Gunvor, mais avait dû interrompre ce projet après le refus d'autorisation du département du Trésor américain. L'entreprise rencontrait également d'importantes difficultés pour verser les salaires de centaines d'employés en Irak, faute de sources de financement légales.
Au-delà de l'Irak, de nombreux autres actifs internationaux de Lukoil risquent également d'être gelés. Au Kazakhstan, sa participation dans le projet Tengiz, exploité par Chevron, pourrait être affectée. Parallèlement, la Roumanie et la Bulgarie, où Lukoil exploite des raffineries, étudient des recours juridiques pour éviter les conséquences des sanctions.
La Bulgarie a renforcé la sécurité autour de la raffinerie de pétrole de Bourgas et prépare une législation qui permettrait à l'État de prendre le contrôle ou de vendre l'installation si nécessaire.
Les chaînes d'approvisionnement énergétiques européennes sont touchées.
Les sanctions américaines ont également perturbé les activités des filiales de Lukoil en Europe. En Finlande, la chaîne de stations-service Teboil connaît des pénuries de carburant, car plusieurs fournisseurs, dont Neste, ont suspendu leurs livraisons par crainte de ne pas pouvoir se conformer aux sanctions.
Les experts préviennent que le gel des avoirs et les restrictions sur les transactions pourraient avoir des répercussions importantes sur la chaîne d'approvisionnement mondiale en pétrole. Si la situation perdure, les marchés de l'énergie en Europe et au Moyen-Orient pourraient connaître une forte volatilité dans un avenir proche.


