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Pourquoi certains pays interdisent-ils ou restreignent-ils TikTok, Facebook et de nombreuses autres applications ?

Phan Van Hoa February 13, 2025 08:30

Récemment, de nombreux pays ont mis en place des interdictions ou des restrictions concernant des plateformes de médias sociaux populaires comme TikTok, Facebook et bien d'autres. Pourquoi ces interdictions sont-elles imposées ?

L'année 2025 s'annonce difficile pour les plateformes de médias sociaux comme X, Facebook et TikTok. De nombreux pays à travers le monde ont mis en place des interdictions ou des restrictions concernant ces plateformes pour des raisons de sécurité nationale.

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Image illustrative.

Par ailleurs, les problèmes de sécurité des données et la propagation d'informations malveillantes sont également des raisons majeures de la fermeture de ces réseaux sociaux dans de nombreux pays du monde.

1. États-Unis

En avril 2024, le président américain Joe Biden a promulgué la loi Protect Americans from Foreign Adversary Apps Act, exigeant que TikTok rompe ses liens avec sa société mère chinoise ByteDance avant le 19 janvier 2025, sous peine d'une interdiction totale d'opérer aux États-Unis.

TikTok s'est opposé à cette demande, arguant que le désinvestissement n'était ni techniquement, ni commercialement, ni juridiquement réalisable, et a saisi la Cour suprême des États-Unis pour bloquer l'interdiction. Cependant, le 17 janvier 2025, la Cour suprême a rejeté la requête de TikTok, confirmant ainsi la validité de la loi.

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Le président américain Donald Trump a prolongé le délai de 75 jours pour donner à TikTok le temps de se préparer à la vente de son application. (Image : Internet)

Face à cette situation, TikTok a annoncé son intention de cesser ses activités aux États-Unis à compter du 19 janvier 2025, tout en offrant aux utilisateurs la possibilité de télécharger leurs données personnelles avant la fermeture officielle de l'application.

Cependant, peu après son investiture le 20 janvier, le président Donald Trump a signé un décret prolongeant de 75 jours le délai imparti pour décider du sort de TikTok. Ce décret visait, semble-t-il, à donner à ByteDance davantage de temps pour vendre les activités américaines de TikTok.

2. Inde

En 2020, le gouvernement indien a officiellement interdit TikTok ainsi que plus de 50 autres applications originaires de Chine, dont WeChat, UC Browser et CamScanner.

Cette décision a été prise dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, notamment suite à l'affrontement frontalier dans la vallée de Galwan entre les troupes indiennes et chinoises en juin 2020.

Le gouvernement indien a évoqué des préoccupations relatives à la protection de la vie privée, à la cybersécurité et au risque que ces applications collectent des données d'utilisateurs et les envoient à des serveurs en Chine, ce qui pourrait potentiellement porter atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du pays.

Le ministère indien de l'Électronique et des Technologies de l'information a déclaré que les applications interdites étaient impliquées dans des activités « préjudiciables à la souveraineté nationale, à la sécurité et à l'ordre public ».

Initialement, l'interdiction était considérée comme temporaire, le temps que le gouvernement mène une enquête. Cependant, en janvier 2021, elle a été déclarée permanente, les entreprises concernées n'ayant pas répondu aux préoccupations relatives à la sécurité des données soulevées par le gouvernement indien.

Cette décision a fait perdre à TikTok l'un de ses plus grands marchés mondiaux, avec plus de 200 millions d'utilisateurs en Inde à l'époque.

3. Australie

Le gouvernement australien a promulgué une nouvelle loi visant à interdire aux enfants de moins de 16 ans l'accès aux réseaux sociaux, notamment TikTok, Snapchat, Instagram, Facebook et X (anciennement Twitter). Cette interdiction, annoncée en 2024, devrait entrer pleinement en vigueur fin 2025.

Cette décision a été prise afin de protéger les enfants des risques potentiels liés à l'environnement en ligne, notamment la cyberintimidation, les contenus préjudiciables, le harcèlement et les problèmes de santé mentale résultant d'une utilisation excessive des médias sociaux.

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Le gouvernement australien a promulgué une nouvelle loi visant à restreindre l'accès des enfants de moins de 16 ans aux plateformes de médias sociaux. (Image : Internet)

Le gouvernement australien a souligné que ces plateformes n'ont pas su garantir un environnement sûr pour les mineurs et qu'elles ne disposent pas de contrôles efficaces pour empêcher la diffusion de contenus inappropriés.

En vertu de la nouvelle réglementation, les entreprises de médias sociaux devront mettre en place des systèmes stricts de vérification de l'âge, pouvant notamment recourir à la reconnaissance faciale ou à la vérification d'identité au moyen de documents officiels. Les plateformes qui ne s'y conformeront pas s'exposeront à de lourdes amendes et à la restriction de leurs activités en Australie.

De plus, le gouvernement travaille également avec des experts en éducation et en psychologie pour mettre en œuvre des programmes de conseils destinés aux parents et aux écoles sur l'impact des médias sociaux sur les enfants, ainsi que pour proposer des alternatives plus saines aux interactions en ligne.

4. Brésil

En août 2024, la Cour suprême brésilienne a officiellement confirmé l'interdiction de la plateforme de médias sociaux X (anciennement Twitter), après des mois de débats sur les questions juridiques et la réglementation du contenu.

Cette décision a été prise après que X n'ait pas respecté l'exigence du gouvernement brésilien de nommer un représentant légal officiel dans le pays, une condition obligatoire pour les entreprises technologiques opérant au Brésil.

Outre les questions juridiques, cette interdiction découle également de sérieuses inquiétudes quant au contrôle inefficace de la plateforme sur la diffusion de fausses informations, de discours haineux et d'incitations à la violence.

Les autorités brésiliennes ont mis en garde à plusieurs reprises X contre la montée en puissance des campagnes de manipulation de l'opinion, des fausses informations et des contenus susceptibles de déstabiliser la société, notamment dans le contexte d'élections importantes et de bouleversements politiques internes.

Avant que l'interdiction n'entre officiellement en vigueur, les autorités brésiliennes ont exigé de X qu'elle mette en œuvre une série d'améliorations, notamment une censure plus stricte du contenu, une coopération avec le gouvernement dans la lutte contre les fausses informations et la nomination de représentants légaux pour traiter les plaintes.

Toutefois, comme X n'a ​​pas respecté ces exigences dans les délais impartis, la Cour suprême a confirmé l'interdiction, empêchant ainsi la plateforme de poursuivre ses activités au Brésil.

Cette interdiction est perçue comme une mesure forte prise par le gouvernement brésilien pour contrôler les plateformes de médias sociaux et protéger l'espace informationnel des menaces potentielles. Parallèlement, elle a suscité des débats sur la liberté d'expression et le rôle de l'État dans la régulation des contenus en ligne.

5. Iran

Depuis 2009, le gouvernement iranien impose des contrôles stricts sur l'accès aux plateformes de médias sociaux telles que X et Facebook.

Les plateformes de médias sociaux, notamment X et Facebook, ont joué un rôle crucial dans l'organisation, la coordination et la diffusion d'informations sur les manifestations, aidant ainsi les populations, tant au niveau national qu'international, à suivre l'évolution du « Mouvement vert ».

Face à cette situation, le gouvernement iranien a rapidement ordonné le blocage de l'accès à ces deux plateformes, invoquant des raisons de sécurité nationale, la nécessité de prévenir les troubles et la limitation de l'influence des médias occidentaux sur l'opinion publique nationale.

Au-delà de l'objectif de contrôle de l'information, la restriction de X et de Facebook s'inscrit dans la stratégie plus large de l'Iran visant à contrôler le cyberespace et à minimiser la diffusion des idéologies d'opposition.

Le gouvernement a mis en place un système strict de censure d'Internet, connu sous le nom de « pare-feu iranien », visant à bloquer l'accès à de nombreux sites web étrangers et plateformes de médias sociaux considérés comme une menace pour le régime.

Malgré l'interdiction, de nombreux Iraniens parviennent encore à accéder à X et Facebook via des réseaux privés virtuels (VPN) et d'autres outils de contournement des pare-feu. Ces dernières années, plusieurs responsables du gouvernement iranien, dont le Guide suprême Ali Khamenei et l'ancien président Hassan Rouhani, ont entretenu des comptes sur ces plateformes pour diffuser la politique iranienne et s'adresser à l'opinion publique internationale, suscitant la controverse quant à la cohérence de la politique de censure en Iran.

6. Chine

En 2009, le gouvernement chinois a officiellement interdit les plateformes de médias sociaux X et Facebook. Cette décision faisait suite à la constatation par les autorités que ces deux plateformes jouaient un rôle important dans l'organisation, la coordination et la diffusion d'informations relatives aux violentes manifestations dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

Le gouvernement chinois affirme que des groupes séparatistes et des organisations étrangères ont exploité X et Facebook pour diffuser de la désinformation, inciter à la violence et organiser des manifestations antigouvernementales.

Au-delà des raisons de sécurité, cette interdiction s'inscrit également dans la stratégie plus large de la Chine visant à contrôler l'information. Auparavant, le pays avait imposé des restrictions à de nombreux sites web et plateformes étrangers afin de limiter l'influence des médias occidentaux.

Après avoir interdit X et Facebook, la Chine a encouragé le développement de plateformes de médias sociaux nationales telles que Weibo (similaire à X), WeChat et Renren (similaire à Facebook).

Ces plateformes fonctionnent sous un contrôle gouvernemental étroit, contribuant à contrôler la circulation de l'information et à restreindre les contenus jugés sensibles ou menaçants pour la stabilité sociale.

Malgré l'interdiction, certains utilisateurs en Chine parviennent encore à accéder à X et Facebook grâce à des VPN ou d'autres outils de contournement des pare-feu. Cependant, le gouvernement chinois renforce constamment son contrôle sur ces outils et promulgue des lois strictes pour sanctionner les individus et les organisations qui enfreignent les réglementations en matière de cybersécurité.

Pour quelles raisons les pays interdisent-ils ou restreignent-ils les plateformes de médias sociaux comme TikTok, Facebook et X ?

Voici quelques raisons clés qui expliquent les décisions des pays d'interdire ou de restreindre les activités des plateformes de médias sociaux.

1. Le risque de diffusion de fausses informations.

Les plateformes de médias sociaux comme X et Facebook peuvent menacer la sécurité nationale et la stabilité sociale. La diffusion de fausses informations ou de contenus nuisibles provoque non seulement la panique au sein de la population, mais engendre également des tensions et des conflits internes. En particulier, les contenus politiquement et culturellement inexacts peuvent nuire à la solidarité communautaire.

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La diffusion de fausses informations est l'une des principales raisons pour lesquelles certains pays interdisent ou restreignent l'accès aux réseaux sociaux. Photo : Internet.

De plus, certains individus ou organisations réactionnaires peuvent exploiter ces plateformes pour manipuler l'opinion publique et avoir un impact négatif sur la société.

2. Risques liés à l'accès aux données gouvernementales.

Certains pays ont décidé d'interdire les réseaux sociaux, craignant que les employés du gouvernement qui les utilisent ne partagent par inadvertance des informations confidentielles ou des données internes, créant ainsi des opportunités d'exploitation par des personnes malveillantes et augmentant le risque de fuites de données.

Les cybercriminels peuvent utiliser les réseaux sociaux pour diffuser de faux liens, incitant ainsi des employés du gouvernement à saisir leurs identifiants et à accéder à des systèmes de données critiques. Ceci nuit non seulement aux intérêts nationaux, mais constitue également une menace potentielle pour la sécurité et l'ordre public.

Si des données confidentielles tombaient entre les mains d'adversaires, elles pourraient être exploitées pour manipuler le pays, provoquer de l'instabilité et porter gravement atteinte à la paix nationale.

3. Porter atteinte à la sécurité nationale

De nombreux pays craignent que l'utilisation des réseaux sociaux n'entraîne la fuite d'informations sensibles. Par conséquent, des responsables gouvernementaux, des militaires ou des organisations clés pourraient diffuser involontairement des informations confidentielles sur les réseaux sociaux.

En particulier, les pirates informatiques ou les espions peuvent surveiller les publications, les photos et les géolocalisations afin de collecter des données sensibles. De plus, les groupes de cybercriminels ou les États rivaux peuvent exploiter les données des réseaux sociaux pour identifier les failles de sécurité.

Les réseaux sociaux sont un outil puissant, mais ils présentent également de nombreux risques pour la sécurité nationale. C'est pourquoi de nombreux gouvernements ont renforcé leur contrôle, mis en place une surveillance stricte et instauré des politiques de sécurité afin d'atténuer ces risques.

4. Augmentation de la cybercriminalité

Facebook et TikTok ont ​​contribué à l'augmentation de la cybercriminalité à l'ère numérique. Des personnes non autorisées peuvent facilement accéder aux comptes personnels, ce qui représente un risque important pour la sécurité.

L'infrastructure de ces plateformes présente de nombreuses vulnérabilités, ce qui les rend vulnérables aux cyberattaques. De plus, les réseaux sociaux ne garantissent pas toujours la confidentialité des données comme promis initialement, ce qui favorise la cybercriminalité et accroît le risque de vol de comptes personnels.

5. Facteurs de risque chez les enfants

En 2025, de nombreux pays continueront d'imposer des restrictions à TikTok, X et Facebook. Les gouvernements s'inquiètent particulièrement des jeunes utilisateurs, plus vulnérables à la désinformation et aux contenus non modérés.

Ces plateformes de médias sociaux peuvent avoir un impact négatif sur le développement cérébral des enfants et des adolescents, entraînant des effets durables sur leur cognition et leur comportement.

Selon Analyticsinsight
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Article paru dans le journal Nghe An

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