Qui viendra nous rendre visite pendant les fêtes du Têt ?

January 25, 2013 09:58

(Baonghean) Aujourd'hui, j'ai retrouvé quelques amis proches pour fêter la fin de l'année. Après quelques échanges, la conversation a porté sur le Têt (Nouvel An vietnamien). Dans un esprit badin, je me suis joint à la discussion :

« C’est la première visite de l’année que je redoute le plus. L’année dernière, le 30 du Têt, j’étais tranquillement en train de manger des graines de tournesol et de regarder la télévision quand j’ai vu ma voisine accourir, l’air très agitée. »


- Oncle Trieu, sous quel signe animal êtes-vous né ?


Perplexe et ne comprenant pas ce qui se passait, j'ai répondu :


— Je suis né l'année du Serpent, mais pourquoi, monsieur ?


Oh là là, quelle chance ! Je suis née l'année du Coq, et le Coq et le Serpent forment une combinaison harmonieuse, monsieur. Vous devez absolument être le premier à venir chez moi cette année ! L'année dernière, ça a été long, car l'année de naissance et le signe astrologique de mon beau-père ne coïncidaient pas avec les miens, et c'est à contrecœur que je suis venue. Cette année, je dois tout préparer. Alors, monsieur, n'oubliez pas d'arriver tôt, je vous attends !


Il a continué à parler à toute vitesse sans me laisser le temps de donner mon avis, puis il est parti en courant. J'ai soupiré, pensant : « Bon, ça n'arrive qu'une fois par an, pendant le Têt, je ne peux pas refuser une telle demande. » J'ai fini de manger mes graines de tournesol quand un autre voisin est entré, bavardant comme un oiseau.


Oncle Trieu, venez donc être le premier à entrer chez nous cette année ! Si vous venez, mon mari sera assurément nommé chef de département. Vous devez absolument venir, oncle Trieu !


Après cette femme, deux autres personnes du quartier m'ont demandé d'être le premier à leur rendre visite le jour de l'An. C'est dangereux ! Si tout le voisinage vient me demander de l'aide dans la nuit du 30 au 1er janvier, je ne serai qu'un crieur public parcourant le village de long en large ! Ma femme est entrée, m'a vu assis là, désespéré, à m'arracher les cheveux, et m'a demandé :


- Le Nouvel An lunaire approche à grands pas, pourquoi as-tu l'air si triste ? Ton oncle Thu, le voisin d'en face, est là pour te voir !


J'ai écarquillé les yeux et murmuré :


« Baisse la voix, sinon je leur dirai que je suis absent, compris ? Dis-leur que mon âge ne convient pas, qu'ils ne seront pas les premiers à entrer chez toi le jour de l'An ou quoi que ce soit de ce genre. »


Mes amis ont éclaté de rire. L'un d'eux, un supérieur ou un subalterne, a pris une gorgée de bière, a regardé la bouteille, et soudain son visage s'est crispé en une grimace. Nous nous sommes tous précipités autour de lui pour lui demander ce qui n'allait pas, et il nous a expliqué :


Chaque année, on nous apporte des cadeaux : bonbons, sodas, alcools importés et d'innombrables caisses de bière qui remplissent notre maison à ras bord. Ma femme et moi, nous sentant coupables du gaspillage, les apportons à un distributeur pour les revendre, prétextant lutter contre le gaspillage conformément à la politique gouvernementale. Cette solution semblait idéale, mais un jour, alors que je vendais joyeusement plusieurs caisses de bière offertes par nos invités, ma femme est rentrée et m'a demandé :


— Donc, ils n'y mettent pas d'enveloppes d'argent ? C'est étrange !


J'ai été surpris ; j'étais tellement occupé à écouler ces caisses de bière que je les avais complètement oubliées. Ma femme n'arrêtait pas de me reprocher l'argent gaspillé, alors à contrecœur, je suis allé au magasin racheter les caisses que je venais de vendre. Ça m'a fait mal au cœur, mais j'ai dû me résoudre à payer plusieurs centaines de milliers de dongs de plus. De retour à la maison, ma femme et moi avons cherché partout, mais impossible de trouver les enveloppes ou l'argent. Pendant que nous nous disputions, ma belle-mère est entrée, une pile d'enveloppes à la main, rayonnante :


Maman avait peur que tu ne le remarques pas, alors elle l'a cachée pour toi. Oh là là, qui a apporté cette bière en cadeau ? Maintenant, je dois la vendre pour ne pas la gaspiller !


Ma femme et moi n'arrêtions pas de nous regarder, puis de regarder ces caisses de bière que nous devions, le visage déformé par la frustration !


Ils éclatèrent tous de rire. Un rire teinté d'ironie, comme une moquerie envers les autres et envers eux-mêmes, un rire (ou des larmes ?) face à la culture traditionnelle du Têt, quelque peu dénaturée par une superstition excessive ou un intérêt personnel dissimulé. Ce ne sont là que quelques anecdotes amusantes ; il existe d'innombrables autres histoires, drôles ou tristes, sur le Têt, trop nombreuses pour être racontées ici.


Une nouvelle année approche, synonyme d'agitation pour tous. Je ne souhaite ni être richement doté ni être le premier invité chez quelqu'un cette année ; je veux simplement passer un Têt paisible, loin des soucis d'argent, de richesse, de célébrité et de fortune. Je me demande si mes voisins me laisseront tranquillement grignoter des graines de tournesol et regarder la télévision cette année, ou s'ils se demanderont qui viendra me rendre visite pour le Têt ?


Salut Trieu (Courriel de Paris)

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Article paru dans le journal Nghe An

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