Lors de sa visite au Vietnam, la France entend renforcer son pivot vers l'Asie.
La visite du président français au Vietnam témoigne de la volonté de cette puissance européenne de premier plan de renforcer ses liens avec l'Asie du Sud-Est et d'accélérer son recentrage vers l'Asie.
![]() |
Le président français François Hollande. Photo : AFP. |
Le président français François Hollande est en visite au Vietnam.5-7 septembreSuite à sa participation au sommet du G20, cette visite marquait la première fois en 12 ans qu'un président français se rendait au Vietnam.
D'après les experts du magazine français « Foreign Policy », après la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction de l'Europe et le développement des relations avec les pays voisins et l'Afrique constituaient les priorités de la politique étrangère française. De ce fait, Paris accorda moins d'attention à l'Asie, la considérant comme une région lointaine où les intérêts étaient moins convergents avec les intérêts nationaux.
Toutefois, à partir des années 1990, les dirigeants français ont reconnu l'Asie comme un défi stratégique majeur à relever, et une série de discours et de documents officiels ont mis en lumière le potentiel économique de la région.
Le Livre blanc de 2008 sur la défense nationale et la sécurité accordait la priorité à la région asiatique et appelait la France à renforcer son engagement sur le continent.
Dès sa prise de fonctions, le président français François Hollande a exprimé le souhait de diversifier la présence de la France dans la région Asie-Pacifique, malgré la nécessité de concurrencer directement les États-Unis, qui mènent une stratégie agressive dans la région pour limiter l'influence de la Chine.
« Le pivot vers l’Asie n’est pas un effet de mode, mais la volonté de la France d’être présente dans une région où se construit le monde de demain. Il est donc clair que l’Asie-Pacifique sera au cœur du XXIe siècle », a déclaré l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, au siège de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) en août 2013.
Odon Vallet, expert de l'université de la Sorbonne, affirme que la présence de la France dans le Pacifique fait d'elle une puissance majeure de la région Asie-Pacifique et qu'elle a des intérêts dans cette zone.
L’Asie du Sud-Est (partie importante de la région Asie-Pacifique) est une zone dynamique à forte croissance économique, contribuant largement à la croissance mondiale. C’est pourquoi, ces dernières années, la position de la France a considérablement évolué, la rapprochant de ce bloc.
Toutefois, cette tendance a d'abord été considérablement freinée par les principaux décideurs politiques parisiens qui avaient une évaluation inexacte des différends territoriaux en mer de Chine méridionale et qui ont adopté une position indécise à l'égard de la Chine sur cette question.
Selon Vallet, bien que le Vietnam et la France aient élevé leurs relations au rang de partenariat stratégique lors de la visite du Premier ministre Nguyen Tan Dung à Paris en 2013, les relations réelles entre les deux pays restent limitées par rapport à leur potentiel et à l'histoire de relations diplomatiques « chaleureuses », d'autant plus que le Vietnam est un pays de la communauté francophone.
L’absence du président Hollande au Vietnam début 2015 a également ralenti ce rapprochement, certains pays d’Asie du Sud-Est estimant que la France ne soutenait pas pleinement leur position sur les différends de souveraineté en mer de Chine méridionale.
Suite à cet événement, la perspective de la France a considérablement évolué. Ses dirigeants ont compris que, pour poursuivre son recentrage sur l'Asie, il leur fallait tisser des liens plus étroits avec les pays d'Asie du Sud-Est, notamment le Vietnam et les Philippines.
Paris a critiqué Pékin de manière indirecte et plus ferme. Par voie officielle, la France a appelé toutes les parties au conflit à engager des négociations, car il s'agit de la seule solution. Mais par des voies non officielles, elle a affiché une position inflexible envers la Chine et a offert un soutien accru aux autres pays impliqués dans le conflit.
Lors du Dialogue de Shangri-La 2016, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a proposé que les pays européens mènent des patrouilles maritimes conjointes en mer de Chine méridionale.
Par conséquent, la visite du président Hollande au Vietnam cette fois-ci peut tirer profit d'une opportunité manquée en 2015, renforçant ainsi le prestige de la France au Vietnam.
Selon L'Express, le président Hollande souhaite profiter de cette visite pour renforcer davantage les relations avec le Vietnam, pays ayant des liens historiques étroits avec la France et qui joue un rôle de plus en plus important en Asie du Sud-Est en particulier et en Asie en général, renforçant ainsi sa politique d'accroissement de sa présence sur le continent.
« Le président Hollande est accompagné cette fois-ci d'une importante délégation comprenant plus de 50 dirigeants et cadres de grandes entreprises françaises. Par le biais du Vietnam, la France témoigne de son intérêt croissant pour l'Asie du Sud-Est en particulier et pour l'Asie en général », a souligné L'Express.
Selon VNE



