Accord de cessez-le-feu en Ukraine : une pause indéfinie.
(Baonghean) – Un accord de cessez-le-feu a été signé mardi 9 décembre entre le gouvernement de Kiev et les rebelles séparatistes pro-russes. À ce jour, les deux parties respectent l'accord ; cependant, cela ne semble pas marquer la fin du conflit qui dure depuis huit mois dans l'est de l'Allemagne.
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| L'est de l'Ukraine, un jour sans coups de feu. |
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Au vu des négociations politiques entre les deux camps directement impliqués dans les combats, entamées par un accord signé le 5 septembre à Minsk, force est de constater que la situation est restée bloquée, sans progrès significatifs. La faction rebelle contrôle un territoire dans l'est du pays, s'étendant de Donetsk à la frontière russo-ukrainienne, dans la province de Lougansk. L'appareil administratif y est organisé comme une « République démocratique » autoproclamée de Donetsk et Lougansk. Le 2 novembre, les dirigeants séparatistes ont été élus par la population locale comme leurs représentants politiques. Ces personnalités locales ont remplacé les représentants politiques russes qui dirigeaient ces régions au début du conflit (du printemps à août 2014).
Cette phase s'est conclue par la défaite de l'armée ukrainienne, après que les forces rebelles ont reçu l'aide russe. Le gouvernement de Moscou a acheminé des armes et du matériel militaire vers l'est de l'Ukraine via une bande de terre continue contrôlée par les rebelles. Cette ligne de front comprend notamment deux points de contrôle où sont présents 142 observateurs de l'OSCE, chargés de surveiller et de veiller au respect du cessez-le-feu. Cependant, les combats se poursuivent entre l'armée ukrainienne et les forces d'opposition. Les principaux foyers du conflit sont l'aéroport de Donetsk et ses environs, sous contrôle de Kiev. Debaltsevo, à l'est de l'aéroport, et Chastye, au sud de Lougansk, sont également touchés. Depuis le 5 septembre, environ 1 000 civils et soldats ont été tués. Selon les statistiques globales de l'ONU, le nombre total de victimes s'élève à 4 300 depuis le début de la guerre civile.
L'accord de cessez-le-feu de Minsk, conclu en septembre, a servi de base aux négociations entre toutes les parties concernées. Parmi ses douze dispositions figuraient des accords sur les échanges de prisonniers, le retrait des troupes et du matériel militaire russes du territoire ukrainien, ainsi que le transfert du contrôle des frontières au gouvernement de Kiev. Cependant, dans les faits, ces accords n'ont été que partiellement respectés. Le cessez-le-feu a été rompu presque immédiatement, suivi de nombreux autres, suscitant à la fois la déception et l'espoir de la communauté internationale. Des périodes de calme relatif semblaient n'intervenir qu'à l'approche de pourparlers diplomatiques cruciaux pour la Russie (le sommet Asie-Europe en octobre et le sommet du G20 en novembre).
De nombreuses réunions entre les parties se sont poursuivies à Minsk, mais sans résultat significatif. En particulier, les élections organisées par les rebelles ont semblé anéantir tout espoir de négociations politiques, ces derniers maintenant obstinément leur autonomie sur les territoires occupés. En réponse, Kiev a coupé tout ravitaillement de la région – une mesure de représailles suite aux résultats des élections, que Kiev n'a jamais reconnus. Le seul moyen de revenir à l'accord de Minsk est que l'opposition pro-russe annule les résultats des élections, reconnaisse le contrôle de Kiev et négocie une certaine autonomie au sein de l'Ukraine. De plus, aucune des deux parties n'a pleinement respecté l'accord d'échange de prisonniers ni l'établissement d'une zone tampon de 30 kilomètres séparant les forces belligérantes.
Après ce processus de négociation plutôt infructueux, qu'espère-t-on à la nouvelle table des négociations à Minsk ? Un accord mutuel sur le retrait et le redéploiement des troupes afin de faciliter un cessez-le-feu respecté. Par ailleurs, les séparatistes exigent des négociations sur la levée des sanctions économiques imposées aux zones qu'ils contrôlent. Cependant, face à l'impasse actuelle des négociations, il convient de ne pas espérer de percée. Il faudrait plutôt se concentrer sur un facteur susceptible d'inciter les parties à s'asseoir à la table des négociations et à régler définitivement le différend. La Russie est le premier nom qui vient à l'esprit, car elle est largement considérée comme la principale responsable de la crise en Ukraine. L'Union européenne et les États-Unis ont imposé une série de sanctions à la Russie. Récemment, la chute des prix du pétrole aura sans aucun doute un impact négatif sur l'économie ukrainienne, déjà fragilisée.
Le 7 décembre, le président français François Hollande a déclaré : « Le président russe Poutine s'est engagé à œuvrer pour le respect intégral et complet de cet accord de cessez-le-feu. » En retour, la France a réaffirmé son opposition à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, un souhait exprimé par le gouvernement de Kiev. Cependant, la communauté internationale semble sceptique face à cette déclaration, consciente du caractère imprévisible du président russe Vladimir Poutine. Avant d'accueillir le président français, l'« homme de fer » du Kremlin a publié une déclaration hostile à l'Occident, accusant l'Union européenne et les États-Unis d'instrumentaliser la révolution ukrainienne contre la Russie. Ainsi, la crise dans ce petit pays n'est pas simplement une guerre civile, mais une confrontation entre deux pôles du monde. Dès lors, il ne serait pas surprenant que Kiev et les séparatistes refusent de s'asseoir à la table des négociations tant que l'Occident et la Russie ne seront pas parvenus à une réconciliation.
Thuc Anh
Selon Le Monde



