Le Premier ministre britannique risque d'être destitué à la suite d'un vote de défiance.
La Première ministre britannique Theresa May risque d'être destituée après que 40 députés ont signé à l'unanimité une lettre commune exprimant leur défiance à son égard.
Les désaccords au sein du parti conservateur au pouvoir et du Parlement britannique se déroulent dans un contexte de négociations lentes sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, avec peu de progrès réalisés.
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| La Première ministre britannique Theresa May. Photo : Evening Standard. |
Selon le Sunday Times, des dizaines de députés du Parti conservateur de Theresa May se joignent à leurs sympathisants pour demander sa destitution. Si huit autres députés signent la lettre, cela entraînerait un vote de défiance, pouvant mener à la destitution de Mme May et à son remplacement par un autre dirigeant conservateur. Cette initiative intervient après une semaine mouvementée pour le gouvernement britannique, marquée par les départs du ministre de la Défense, Michael Fallon, et de la ministre des Affaires humanitaires, Priti Patel.
Suite aux élections anticipées du 8 juin qui ont fait perdre à son parti sa majorité au Parlement, la Première ministre Theresa May peine à maintenir sa crédibilité au sein de son parti, le Parti conservateur. Les députés conservateurs sont également divisés sur la question du projet de loi relatif au Brexit, qui fixe officiellement la date de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne au 29 mars 2019 à 23h00. Les députés pro-européens s'y sont immédiatement opposés, arguant que l'ajout de cette disposition au projet de loi « lierait les mains » du Royaume-Uni et pourrait compromettre la conclusion d'un accord favorable en cas de nouvelles négociations. La Première ministre a averti qu'elle n'accepterait aucune tentative visant à « bloquer ou retarder » le Brexit en empêchant l'adoption du projet de loi par le Parlement.
Malgré ces pressions, le ministre britannique chargé du Brexit, David Dayvis, a écarté l'idée que le gouvernement soit confronté à une crise : « La Première ministre Theresa May continuera de diriger la Grande-Bretagne pendant le Brexit. J'ai pleinement confiance en sa capacité à surmonter les difficultés auxquelles le Royaume-Uni est confronté. »
Compte tenu des divisions internes au Royaume-Uni, les observateurs estiment qu'une avancée significative dans les négociations sur le Brexit constituerait un atout majeur pour aider la Première ministre à gérer la crise actuelle. On attend beaucoup d'elle : elle devrait pouvoir progresser dans les discussions sur le Brexit, présenter des propositions budgétaires et éventuellement poursuivre la réforme de son gouvernement. Cela pourrait lui permettre de se maintenir au pouvoir et de surmonter la crise. Cependant, plusieurs obstacles se dressent sur son chemin.
Le Parti conservateur n'ayant pas la majorité au Parlement, le gouvernement aura du mal à faire adopter la législation sur le Brexit. Par ailleurs, le dernier cycle de négociations sur le Brexit, la semaine dernière, n'a abouti à aucun résultat concret, contraignant les négociateurs européens à lancer un ultimatum exigeant du Royaume-Uni des concessions sur l'accord de « divorce » sous deux semaines, condition sine qua non pour passer à la prochaine étape des négociations en décembre. Face aux difficultés rencontrées par la Première ministre britannique, il n'est pas surprenant que les dirigeants européens annoncent se préparer à une chute du gouvernement britannique dans les mois à venir.
Néanmoins, les observateurs estiment que le moment n'est pas opportun pour les partis de souhaiter le départ de la Première ministre Theresa May. Les partisans d'une sortie rapide de l'UE craignent que l'ensemble du processus du Brexit ne soit compromis si Theresa May était destituée. Parallèlement, les partisans du maintien dans l'UE pensent également qu'un changement de direction au sein du parti se traduirait presque certainement par l'élection d'un candidat favorable à une sortie rapide du Royaume-Uni de l'UE.
Il n'existe actuellement aucun consensus au sein du parti sur la personne qui succédera à la Première ministre Theresa May, et les candidats potentiels ne sont pas pressés de prendre la tête d'un gouvernement instable confronté à un Brexit difficile.
Selon VOV



