Tien Linh, une campagne tranquille
(Baonghean) - Quittant la ville animée de Vinh, traversant les voies ferrées de Cua Tien, nous visitons le village de Tien Linh dans la commune de Hung My (district de Hung Nguyen) pour explorer et admirer cette zone périurbaine avec ses caractéristiques rurales simples et attachantes, notamment ses vieux banians, ses temples de village et ses sanctuaires…
D'après les anciens, le village comptait autrefois trois hameaux : Thuong, Trinh et Dinh, ce dernier étant le centre. Le champ de Vang abritait les installations culturelles et récréatives du village. La pagode Tien Linh, datant de l'Antiquité, était ornée de deux vieux banians devant son entrée, d'où son nom de pagode des Banians. La salle principale, avec ses deux travées, était nichée à l'ombre d'arbres centenaires et abritait de nombreuses statues de Bouddha ainsi qu'une grande cloche. Les premier et quinzième jours du mois lunaire, lors des fêtes et jours fériés, les villageois venaient souvent à la pagode pour prier et implorer la paix. Avant la révolution, ce lieu servait de point de réunion à la branche du Parti Ngoc Dien, et pendant la résistance contre les Français, il fit office de campement militaire.
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| Le temple Tien Linh est situé dans la commune de Hung My (district de Hung Nguyen). |
Devant la pagode se trouve le Puits de la Cloche, un ancien puits « aussi large qu'un étang » relié par un pont de pierre. Les habitants de toute la région de Tien Linh - Thai Lao (Ke Trieng) viennent y puiser de l'eau potable. À droite de la pagode s'étend l'aire de jeux, une zone surélevée et aride servant de terrain de jeux au village. Lors des fêtes, les villageois y dressent des mâts et des drapeaux et organisent des jeux traditionnels comme la balançoire, l'escalade de mâts et les combats de coqs, créant une ambiance joyeuse. La pagode possède plusieurs hectares de rizières que les villageois cultivent ; la récolte annuelle sert à fabriquer de l'encens, des offrandes et du riz gluant.
À gauche de la pagode se trouve la Maison Sacrée, composée de deux rangées de bâtiments de dix travées en bois de fer, couverts de tuiles et construits en briques, dédiés à Confucius et à d'autres sages. Chaque année, le quinzième jour du huitième mois lunaire, le village organise une cérémonie en l'honneur des saints, en présence de dignitaires, de notables et d'érudits, afin de célébrer le confucianisme et de prier pour la réussite scolaire des villageois. À chaque cérémonie, une grande procession en palanquins est organisée, chaque hameau y participant à tour de rôle. La pagode, la Maison Sacrée, le Puits aux Cloches et le site des festivités forment un ensemble harmonieux, constituant un élément unique du paysage culturel et du mode de vie du village.
Au fil du temps, le village de Vang tomba dans l'oubli, ne laissant subsister que les vestiges du puits et de la cour commune. En 2012, les habitants et des bouddhistes venus de près ou de loin unirent leurs efforts pour restaurer le temple du village. Sur son emplacement d'origine, le hall principal et la statue de Bouddha ont été reconstruits avec magnificence, tandis que d'autres structures, telles que les quartiers des moines, la porte d'entrée, le mur d'enceinte, les aménagements paysagers et les allées, sont actuellement en cours de construction et d'embellissement. Après des années d'oubli, le temple Tien Linh a retrouvé sa splendeur d'antan et demeure un centre culturel et spirituel pour le village, guidant ses habitants vers la compassion et la sainteté. Le village abrite également le sanctuaire Tien Linh, dédié à Cao Son Cao Cac, composé de deux majestueuses salles, l'une supérieure et l'autre inférieure, à l'ombre d'un vieux banian. La salle supérieure compte deux travées et la salle inférieure cinq, toutes deux construites en bois de fer. Chaque année, le temple organise la cérémonie Khai Ha et la cérémonie Ky Phuc… et à chaque cérémonie, les villageois organisent une procession très solennelle des reliques sacrées.
En bordure de la route du village, face au temple, se dresse un banian centenaire qui offre son ombre luxuriante. D'après M. Chuoc, un villageois, lorsqu'il était enfant, l'arbre était déjà aussi imposant qu'aujourd'hui, et les enfants du village venaient souvent y jouer à la bataille. En 1930-1931, la révolution y hissa le drapeau rouge orné de la faucille et du marteau, appelant les villageois à se soulever et à combattre. Résistant à la pluie, au soleil et aux bombardements, le banian du village prospère toujours, témoignant des nombreux bouleversements et transformations de cette région rurale. Cet arbre précieux est choyé par tous. Pour les habitants de Tien Linh, le banian, le puits et le temple sont des symboles familiers de leur terre natale, profondément ancrés dans le cœur de générations entières.
Tien Linh est un village simple et charmant, qui a su préserver sa beauté rurale traditionnelle. Même après avoir quitté la ville, la chanson folklorique résonne encore dans mon cœur : « Notre village s’appelait autrefois Tien Linh / Le banian est toujours là, la maison communale est toujours là. » Cette région périurbaine a connu de nombreux changements, mais l’amour de la terre et de ses habitants demeure intact, préservant ainsi les traditions villageoises.
Huy Jeu



