Inspecteur général : Les revenus des fonctionnaires seront contrôlés.
Les conclusions de la récente inspection suscitent un vif intérêt public et ont surpris les citoyens.
Le traitement des plaintes et des dénonciations, ainsi que la lutte contre la corruption – domaines considérés comme les plus sensibles et controversés – constituent les missions régulières de l'Inspection générale du gouvernement. Les conclusions de cet organisme suscitent souvent l'indignation. Les conclusions récentes de l'Inspection générale du gouvernement, qui ont surpris le public, sont des sujets d'intérêt public particulier.
Dans le segment « Le peuple demande, les ministres répondent » d'aujourd'hui (26 janvier), l'inspecteur général du gouvernement, Huynh Phong Tranh, répondra aux questions des citoyens concernant les dernières annonces de son agence.
EVN a investi plus de 45 000 milliards de VND en violation de la réglementation et a inclus plus de 60 milliards de VND d'un projet d'intérêt public dans les prix de l'électricité.
PV : Merci, Monsieur l’Inspecteur général du gouvernement, d’avoir accepté notre invitation à participer à cette rubrique. Monsieur l’Inspecteur général, les récentes annonces de l’Inspection générale du gouvernement concernant l’inspection du Groupe électrique vietnamien (EVN) ont suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique, plusieurs lettres de citoyens adressées à cette rubrique exprimant leur vive inquiétude quant à cette inspection.
Ils ont demandé : « Monsieur l'Inspecteur général, nous sommes très préoccupés par le montant des capitaux investis par Vietnam Electricity Group (EVN) en dehors de sa société mère, qui s'élève à 121 billions de VND. C'est une somme colossale, alors qu'EVN se plaint constamment d'un manque de capitaux d'investissement. »
La plainte d'EVN est-elle donc infondée ? Pourquoi, alors qu'elle dispose de fonds excédentaires à investir hors de sa maison mère, prétend-elle manquer de capitaux pour la construction de centrales électriques ? Ou bien est-ce parce que le taux de rendement des investissements dans le secteur de l'électricité est trop faible, tandis que celui des investissements hors de la maison mère est trop élevé, contraignant ainsi EVN à agir de la sorte ? Ces incohérences ont-elles été mises en lumière lors de l'inspection ? L'inspecteur en chef pourrait-il nous fournir ces informations ?
Inspection générale du gouvernement : Lors de son inspection du Groupe électrique vietnamien (EVN), l’Inspection générale du gouvernement a clarifié plusieurs points, notamment les investissements hors du groupe, s’élevant à 121 000 milliards de VND. Il apparaît que le Groupe électrique vietnamien a obtenu des résultats très probants ces dernières années, contribuant au développement socio-économique du pays et à l’augmentation de l’approvisionnement en électricité. Il a notamment contribué à la stabilité macroéconomique.
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| Inspecteur général du gouvernement Huynh Phong Tranh (Photo : KT) |
Cependant, nos inspections ont révélé de nombreuses infractions. Parmi celles-ci, 121 billions de VND ont été investis hors du groupe. Pour EVN, cet investissement de 121 billions de VND excédait son capital social de 45 billions de VND. D'un point de vue réglementaire, investir hors du cœur de métier n'est pas illégal, la loi autorisant les entreprises publiques à investir dans de multiples secteurs. On peut donc affirmer qu'investir hors du groupe entraîne des conséquences telles que la dispersion des capitaux et la non-concentration des investissements dans le cœur de métier.
Deuxièmement, le rendement des investissements dans les activités non essentielles était faible. Suite à l'inspection, le Premier ministre a chargé le ministère de l'Industrie et du Commerce de remédier à cette situation, en concentrant les investissements sur les activités essentielles afin de garantir des capitaux pour le secteur de l'électricité et d'assurer une production et des opérations commerciales efficaces.
À ce jour, pendant et après le processus d'inspection, et conformément aux directives du Premier ministre, Vietnam Electricity Group (EVN) a mis en œuvre le plan de désinvestissement défini par le gouvernement. Je suis convaincu qu'EVN a pris conscience du problème et procède désormais à un désinvestissement tout en investissant dans son cœur de métier.
PV : Par ailleurs, une question relative au secteur de l’électricité : Monsieur l’Inspecteur général, les informations publiées par l’Inspection générale concernant le Groupe électrique vietnamien (EVN), notamment l’affectation de 600 milliards de VND à la construction de villas, de courts de tennis et de piscines dans le cadre des coûts de six projets énergétiques, ont suscité une vive indignation publique. EVN a également accordé un prêt à taux d’intérêt avantageux à la centrale thermique de Pha Lai, avant d’emprunter une somme importante auprès de cette même centrale à un taux huit fois supérieur.
Monsieur l'Inspecteur général du gouvernement, y a-t-il quelque chose de louche à accorder des prêts à taux d'intérêt bas, puis à emprunter à nouveau auprès du même organisme à un taux huit fois supérieur ? Ces coûts sont-ils répercutés sur le prix de l'électricité et, au final, pèsent-ils sur la population ?
Inspection générale du gouvernement : L’Inspection générale du gouvernement a conclu et précisé que des investissements ont été réalisés dans six projets, notamment des logements pour les travailleurs, des logements pour les experts et des infrastructures de bien-être telles que des courts de tennis, des piscines et d’autres installations sportives. Notre analyse indique que le montant exact de ces six projets s’élève à 595 milliards de VND. À l’issue de l’inspection, un projet d’un coût supérieur à 60 milliards de VND a été inclus dans le calcul des coûts et pris en compte pour la tarification de l’électricité. Les cinq autres projets sont en construction et leur achèvement est imminent.
Suite aux conclusions de l'inspection, le gouvernement a chargé le ministère des Finances et le ministère de l'Industrie et du Commerce d'examiner les investissements et les composantes à prendre en compte dans le calcul du coût de l'électricité. Tout investissement non retenu sera affecté au fonds de prévoyance destiné à des projets similaires. En d'autres termes, la totalité des 595 milliards de VND investis ne sera pas intégrée au calcul du coût de l'électricité ; cinq projets sont encore en cours de finalisation. Au cours de cette finalisation, tout élément non pertinent sera exclu du calcul.
Concernant le prêt de 2 350 milliards de VND à la centrale thermique de Pha Lai, il s'agit de capitaux temporairement inactifs de la société de la centrale. Par conséquent, cette opération confirme qu'il ne s'agit pas d'un crédit, mais plutôt d'une mobilisation de ressources internes au sein du groupe Vietnam Electricity.
Pour Vietnam Electricity Group, cette pratique est parfaitement normale et contribue à l'investissement dans le secteur de l'électricité. Après examen, nous avons constaté qu'elle n'enfreint aucune loi. Nous avons informé le Premier ministre que cette activité ne contrevient pas à la réglementation en matière de crédit ; elle n'a donc pas été prise en compte dans les conclusions relatives aux infractions commises par Vietnam Electricity Group.
Les conclusions de l'inspection chez Agribank seront annoncées prochainement.
PV : La Banque agricole et de développement rural est l’une des plus grandes banques, mais elle a été impliquée dans de nombreuses irrégularités récemment. L’Inspection générale du gouvernement mène une inspection de cette banque depuis longtemps ; pourquoi tarde-t-elle autant à publier les résultats ?
Dans cette rubrique « Questions du public, réponses des ministres », l’inspecteur général pourrait-il fournir des informations sur le processus d’inspection de la Banque de développement agricole et rural et ses résultats ?
Inspection générale du gouvernement : L’inspection de la Banque agricole du Vietnam a été particulièrement longue, s’étendant sur plus d’un an. Ceci s’explique par plusieurs raisons. Premièrement, la Banque agricole du Vietnam est la plus grande banque commerciale publique du pays. Elle dispose d’un capital mobilisé et d’un encours de prêts totalisant 431 000 milliards de VND, et d’un capital social dépassant 21 000 milliards de VND.
Deuxièmement, la Banque Agricole possède de nombreuses succursales et opère sur une zone géographique très étendue. Par conséquent, il faut du temps pour tirer des conclusions après une inspection. Récemment, nous avons mené une inspection, tiré des conclusions, qui ont été approuvées par le Premier ministre. Des infractions ont été constatées : premièrement, les activités de crédit ne sont pas conformes à la réglementation de l’État et enfreignent la loi sur le crédit, notamment en ce qui concerne les procédures, les décaissements et les garanties. Deuxièmement, la gestion et le fonctionnement sont laxistes, ce qui entraîne des conséquences négatives.
Troisièmement, des signes d'infractions légales ont été constatés. Par conséquent, la Banque agricole du Vietnam a fait l'objet d'enquêtes de la part des autorités compétentes ces derniers temps, qui ont recommandé le traitement de plusieurs dossiers. En particulier, lors de l'inspection menée en 2012 par l'Inspection générale du gouvernement, bien que celle-ci ne soit pas encore terminée, un cas d'infraction a été mis au jour : la société Lifepro, une entreprise à capitaux étrangers basée à Ninh Binh, a enfreint la loi sur les établissements de crédit en contractant un prêt de 3 500 milliards de VND, assorti d'intérêts s'élevant à 300 milliards de VND à la fin de l'année 2012. Au final, l'encours du crédit atteignait 3 800 milliards de VND.
Les infractions concernent des activités frauduleuses ayant entraîné le détournement de fonds publics. Nous avons saisi l'agence d'enquête, qui a engagé des poursuites judiciaires et arrêté une trentaine de personnes, dont des employés de banque, des douaniers et des clients. Parmi elles figurent un directeur d'agence et deux responsables de la Banque de développement agricole et rural. L'enquête se poursuit afin d'établir les faits et d'engager des poursuites conformément à la loi.
PV : Comment seront traitées les violations annoncées par l’Inspection générale ? L’Inspection générale continuera-t-elle à surveiller le traitement des problèmes après l’inspection, et ces informations seront-elles rendues publiques ?
Inspection générale du gouvernement : Concernant l’annonce de l’inspection, le Premier ministre a contresigné le rapport d’inspection de l’Inspection générale du gouvernement. Le 23 janvier, nous l’avons annoncé au sein de l’unité concernée, à savoir la Banque de développement agricole et rural. Nous poursuivrons sa diffusion par le biais des médias. Après la diffusion de ce reportage, d’autres médias le relaieront. Au cours de l’inspection, nous avons sollicité l’avis du Premier ministre concernant le transfert de 15 dossiers à l’agence d’enquête pour complément d’enquête sur les infractions constatées et de 59 dossiers à la Banque d’État du Vietnam afin qu’elle procède aux inspections et à la supervision prévues par la loi sur les établissements de crédit. Si des infractions sont constatées, elles seront sanctionnées conformément à la réglementation.
Un décret sera promulgué concernant le contrôle des revenus des fonctionnaires.
PV : Une question sur la lutte contre la corruption. Monsieur l’Inspecteur général, nous constatons que la loi anticorruption est surtout formelle et manque de substance et d’efficacité. Par exemple, la déclaration de patrimoine des fonctionnaires et des hauts responsables… À votre avis, cette obligation a-t-elle été mise en œuvre efficacement ? Dans le cas contraire, quelles mesures l’Inspection générale compte-t-elle prendre pour la rendre plus concrète et efficace à l’avenir ?
L’inspecteur général du gouvernement a déclaré que la déclaration de patrimoine est une mesure préventive importante. C’est pourquoi, suite à la modification de la loi anticorruption qui a introduit de nombreux points nouveaux, notamment la déclaration et la publication du patrimoine, le Politburo a récemment publié la directive n° 33, attribuant aux comités du Parti et aux chefs d’agences et d’unités l’obligation de déclarer et de publier leur patrimoine.
Pour cette déclaration publique de patrimoine, toutes les déclarations de patrimoine antérieures doivent être intégralement reconsultées, en additionnant tous les biens acquis par le passé et ceux acquis aujourd'hui. En cas d'augmentation du patrimoine, une justification doit être fournie. Après la déclaration, celle-ci doit être affichée publiquement sur le lieu de travail ou le lieu de travail habituel du déclarant.
Troisièmement, la responsabilité de procéder à la vérification en cas de signes de malhonnêteté ou de déclaration tardive incombe au supérieur hiérarchique direct de l'agent.
Quatrièmement, le règlement stipule le traitement des fonctionnaires qui font de fausses déclarations, qui déclarent en retard ou qui violent le règlement lors du processus de déclaration.
En résumé, la déclaration de patrimoine est une mesure importante et nécessaire pour prévenir, dissuader et rendre publics les revenus des fonctionnaires et agents publics soumis à déclaration en vertu de la loi anticorruption modifiée. Prochainement, outre la déclaration de patrimoine, l'Inspection générale du gouvernement préparera un décret que le gouvernement devra publier concernant le contrôle des revenus des personnes occupant des postes à responsabilité en vertu de la loi anticorruption modifiée.
PV : Merci, Inspecteur général du gouvernement !
Selon VOV



