Fermeture du gouvernement américain : implications économiques et politiques
Le gouvernement américain a officiellement cessé ses activités aux premières heures du 1er octobre après l'échec des négociations, ce qui a entraîné de nombreuses répercussions sur l'économie, la vie quotidienne et la politique du pays.
Aux premières heures du 1er octobre, le gouvernement américain a entamé une fermeture des services fédéraux après l'échec des négociations entre le Congrès et le président Donald Trump concernant le budget.
Les votes du Sénat, le soir du 30 septembre, n'ont pas abouti : aucun des projets de loi des deux partis n'a recueilli suffisamment de voix pour être adopté. Une impasse s'est donc installée, alors que le nouvel exercice budgétaire débutait.
C’est la première fois depuis la crise de 2018-2019 que les États-Unis connaissent une paralysie de l’administration gouvernementale. Cette paralysie avait duré 35 jours, un record national.

Des centaines de milliers d'employés fédéraux ont été touchés.
Dès que le budget a cessé d'être appliqué, les agences fédérales ont simultanément mis en œuvre des plans d'intervention d'urgence. Plus de 400 000 employés ont été contraints de prendre un congé sans solde, tandis que d'autres, notamment les forces de sécurité et les militaires, ont continué à travailler sans compensation temporaire.
À l'aéroport, le personnel de sécurité et de contrôle aérien doit poursuivre ses fonctions, mais le risque d'absences spontanées, comme en 2019, pourrait perturber le trafic aérien. En revanche, des services tels que les services postaux et le versement des prestations de sécurité sociale continuent de fonctionner grâce à leurs propres mécanismes de financement.
Les données économiques sont au point mort.
L'une des conséquences directes de la paralysie du gouvernement américain est la perturbation des données économiques. Le Bureau des statistiques du travail (BLS), chargé de publier le rapport mensuel sur l'emploi, cessera toutes ses activités, réduisant ses effectifs de 2 000 à un seul employé. De même, le ministère du Commerce suspendra également les travaux du Bureau du recensement et du Bureau d'analyse économique.
Cela prive les marchés financiers, les investisseurs et même la Réserve fédérale (Fed) de données cruciales pour la prise de décision, notamment en raison de la réunion sur les taux d'intérêt prévue pour la fin du mois d'octobre.
Le risque politique s'accroît.
Face à l'impasse budgétaire, la Maison-Blanche a également évoqué la possibilité de réductions d'effectifs massives, alimentant ainsi les inquiétudes quant à l'instabilité du gouvernement. Le président Trump a mentionné à plusieurs reprises cette éventualité, même si les modalités précises restent floues.
Les élus des deux partis se rejettent mutuellement la responsabilité de la paralysie, transformant la crise budgétaire en une véritable partie d'échecs politique. Les observateurs prévoient que les votes pourraient se poursuivre tout au long du week-end, mais la possibilité de parvenir à un accord à court terme demeure.
Nouveaux droits de douane : un double choc pour l’économie.
Outre la crise budgétaire, l'économie américaine est également confrontée à une série de nouvelles mesures tarifaires mises en place par le président Trump. Aujourd'hui même, l'administration a annoncé une taxe de 100 % sur les médicaments brevetés, assortie de quelques exceptions controversées. Pfizer a bénéficié d'un délai de grâce de trois ans dans le cadre d'un accord visant à faire baisser le prix des médicaments.
Dans le même temps, les États-Unis imposeront un droit de douane de 25 % sur les poids lourds afin de « protéger la production nationale », une mesure particulièrement préoccupante pour le Mexique en raison de ses liens avec l’ACEUM. Par la suite, le 14 octobre, de nouveaux droits de douane seront appliqués au bois et à certains meubles, avec la possibilité d’une augmentation significative début 2021.
Des promesses d'imposer des droits de douane de 100 % sur les films étrangers ou les meubles importés ont également été faites, mais aucun calendrier précis n'a été communiqué. Cela pourrait constituer un double choc pour l'économie américaine : le risque de stagnation dû à la paralysie du gouvernement et le risque supplémentaire d'une guerre commerciale.


