Pour empêcher le « navire 67 » de rouiller.
(Baonghean) – Force est de constater que le décret gouvernemental n° 67, visant à soutenir les pêcheurs dans la construction de navires à coque en acier pour la pêche hauturière, constitue une politique judicieuse compte tenu de la complexité de la situation en mer de Chine méridionale. Le problème réside dans le fait que, malgré l’abondance d’experts maritimes qualifiés, aucun n’a, depuis la promulgation de ce décret, mis en garde contre les conséquences du passage des navires de pêche traditionnels aux navires à coque en acier.
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| Un bateau de pêche à coque en acier de Quynh Luu accoste au port de pêche de Lach Quen. Photo : Xuan Hoang |
Prenons un exemple : les agriculteurs sont passés du labour avec des bœufs et des charrues traditionnelles à l'utilisation de tracteurs. Ce fut une véritable révolution, impliquant des changements de mentalité, de pratiques et de méthodes, du travail manuel à l'industrie. Sans connaissance du fonctionnement des machines, impossible de les utiliser. Et une fois qu'on sait s'en servir, il faut aussi savoir les réparer, les entretenir et les préserver. L'histoire des pêcheurs passant de petites embarcations en bambou ou en bois à des bateaux à coque en acier est également complexe.
Tout d'abord, les navires de haute mer constituent une catégorie particulière d'embarcations. Ils servent à la fois de moyen de transport et de pêche, mais aussi de « territoire » et de lieu de résidence permanent pour ceux qui y sont rattachés, notamment l'équipage. Par conséquent, les matériaux, les équipements et les aménagements doivent être extrêmement résistants et adaptés au milieu marin (bien plus que pour un environnement terrestre). Les technologies de fabrication doivent être les plus avancées au moment de la construction navale. La question de la « durée de vie » des navires ne se pose pas. On s'attend, par définition, à ce que ce type de navire dure plusieurs centaines d'années.
Je me souviens qu'au milieu des années 1980, l'ancienne province de Quang Nam-Da Nang a fait l'acquisition d'un navire de pêche japonais spécialisé de plus de 1 000 tonnes, le « Tien Sa ». Ce navire, relativement récent (une quinzaine d'années seulement), était arrivé en parfait état. Il brillait de mille feux, digne d'un hôtel cinq étoiles. Heureusement, à cette époque, on comptait de nombreux ingénieurs maritimes formés en Union soviétique, en Pologne, en Corée du Nord, etc., ce qui permit à l'équipage d'opérer avec efficacité et professionnalisme (seuls quelques membres d'équipage non qualifiés effectuaient diverses tâches à bord de manière assez désordonnée, ce qui entraîna une certaine détérioration de l'intérieur du navire… mais les rotations entre le pont et la salle des machines étaient gérées avec un grand professionnalisme, conformément aux normes internationales). À chaque escale, le navire était immédiatement traité contre la rouille et repeint. Le pont était toujours recouvert d'une épaisse couche de peinture spéciale. Le navire Tien Sa fonctionne de manière relativement efficace depuis plusieurs années… Ce qui précède n’est qu’un bref aperçu de la formation du personnel, tant en termes de compétences professionnelles que de sensibilisation à l’entretien du navire à coque d’acier, qui fait partie intégrante de la vie de chaque marin et membre d’équipage à bord…
Concernant l'incident survenu à Binh Dinh, où des bateaux de pêche à coque en acier construits pour nos pêcheurs ont rouillé peu après leur mise en service, causant du désarroi aux pêcheurs... cela soulève la question suivante : quels conseils le Département général des pêches a-t-il donnés à l'État et quelles directives a-t-il fournies à la population ?
Les navires de transport maritime et de pêche exigent des procédures d'entretien et de préservation extrêmement rigoureuses. Or, selon la presse, nos chantiers navals font preuve de négligence et d'irresponsabilité. Parallèlement, les pêcheurs, naïfs, pensent qu'un navire acheté durera des décennies, sans se soucier de l'entretien, de la peinture, ni du fait que ces tâches constituent un travail quotidien pour l'équipage. En moyenne, le coût journalier de la main-d'œuvre pour ces opérations s'élève à plusieurs dizaines de millions de dongs. Nos pêcheurs peuvent-ils se le permettre ?
Par ailleurs, il convient de noter que les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud remplacent depuis un demi-siècle leurs navires de pêche à coque en acier par des modèles en matériaux composites. Nos experts en pêche ont-ils donné leur avis sur ce sujet ?
L'avocat Tran Thuc Hoang



