La célébration du Nouvel An lunaire traditionnel est une condition essentielle à la préservation de l'essence de la culture nationale.
(Baonghean) - Le journal Baonghean a eu une conversation avec M. Ho Manh Ha - chef adjoint du département de la gestion du patrimoine culturel (département de la culture et des sports) au sujet des coutumes traditionnelles de la fête du Têt du peuple vietnamien.
MaisMonsieur, le Nouvel An lunaire est une fête très importante pour les Asiatiques de l'Est, et s'accompagne de nombreuses et belles traditions. Que pensez-vous du Nouvel An vietnamien ? En quoi diffère-t-il de celui des autres pays du monde ?
Le Nouvel An lunaire est une tradition ancestrale en Asie de l'Est, étroitement liée à l'économie agricole et à la riziculture. Dans certains pays asiatiques, outre ceux qui célèbrent le Nouvel An lunaire comme le Vietnam, tels que la Chine, Singapour, la Corée du Sud et le Japon, d'autres pays ont également leurs propres festivités traditionnelles. Bien que différentes dans la date et les modalités de célébration, les rituels et coutumes partagent tous un même objectif : prier pour une année nouvelle chanceuse, heureuse et prospère.
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| Nouvel An lunaire traditionnel. (Image illustrative : Internet) |
Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire (Têt Ça, Têt Ta, Têt Cô Truyen, Têt Amm Litch) ne se limite pas à la simple notion de transition entre le ciel et la terre, et entre toutes choses ; c’est aussi une communion entre les humains et les divinités. Le Têt est également le seul moment de l’année où toute la famille, les ancêtres et les divinités du foyer se réunissent. Chaque année, enfants, frères et sœurs et proches, quel que soit leur lieu de travail, aspirent à rentrer chez eux pour célébrer avec leurs familles. Le Têt se caractérise par de grandes retrouvailles et un fort sentiment d’appartenance à la communauté. Cet esprit communautaire s’exprime notamment à travers de belles coutumes telles que : offrir de l’argent porte-bonheur aux enfants et aux personnes âgées, rendre visite aux parents et aux voisins, et se rendre au temple pour prier Bouddha…
Pour moi, enfant, le Têt (Nouvel An vietnamien) était une fête sacrée. Comme tous les enfants, j'attendais avec impatience le Têt pour que mes parents m'achètent de nouveaux vêtements, chaussures ou sandales, afin de pouvoir retourner dans mon village natal pour le célébrer, rendre visite à mes grands-parents et recevoir des cadeaux. Aujourd'hui, la vie matérielle a évolué et, si le Têt a peut-être un peu changé pour s'adapter à la vie contemporaine, la nature, les valeurs culturelles, les croyances et les coutumes du Nouvel An vietnamien traditionnel sont restées fondamentalement les mêmes.
Autrefois, les Vietnamiens célébraient le Têt (Nouvel An lunaire) et profitaient des festivités printanières en participant à des jeux traditionnels : lutte, lancer de balle, balançoire, promenades en barque, etc. Aujourd’hui, ces activités risquent de disparaître peu à peu. À votre avis, quelles en sont les raisons ? Comment pouvons-nous restaurer ces espaces culturels traditionnels afin de renforcer les liens communautaires et les échanges culturels ?
Autrefois, le Têt (Nouvel An vietnamien) était souvent associé à des festivités et des célébrations. Pour préparer cette fête traditionnelle, outre la décoration des maisons et des autels ancestraux, les lieux publics tels que les temples, les sanctuaires et les espaces ouverts du village étaient nettoyés et utilisés pour organiser des activités récréatives pour la population pendant les jours du Têt.
Actuellement, ces activités risquent de disparaître. De nombreuses raisons, objectives et subjectives, expliquent ce phénomène : le développement économique, l’essor des loisirs et des divertissements modernes, qui incitent la population, notamment les jeunes, à délaisser progressivement le Têt (Nouvel An lunaire) traditionnel et les jeux folkloriques au profit des divertissements technologiques. Par ailleurs, il faut également reconnaître que les efforts déployés pour promouvoir et préserver les valeurs culturelles nationales, afin de sensibiliser la population et de renouer avec nos racines, sont limités.
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| Organisation de la fabrication de bánh cơng (gâteaux de riz vietnamiens traditionnels) à donner aux ménages pauvres pendant le Têt (Nouvel An lunaire) - image illustrative. |
À mon avis, pour éviter que la population ne se détourne du Nouvel An lunaire traditionnel et de ses activités culturelles et communautaires, ou ne s'y désintéresse, il est indispensable de mener une vaste campagne de sensibilisation et d'éducation au sein de la communauté. Cela permettra de faire prendre conscience à la population que préserver et promouvoir les valeurs du Nouvel An lunaire traditionnel, c'est aussi préserver l'essence culturelle de la nation.
Par ailleurs, les autorités locales doivent accorder une plus grande importance à la création d'aires de jeux et à la promotion des jeux folkloriques traditionnels par le biais de concours et de spectacles de talents, ainsi que par des actions de sensibilisation, afin que la population, et notamment les jeunes générations, puisse découvrir et pratiquer ces jeux plus naturellement et plus facilement. La participation de l'ensemble de la communauté à la préservation du patrimoine culturel national est tout aussi essentielle.
Une enquête menée aujourd'hui auprès des jeunes sur le Têt (Nouvel An lunaire vietnamien) a révélé que de nombreux aspects de cette fête les intéressent encore, comme célébrer le réveillon du Nouvel An, voyager, etc. Devrions-nous encourager ces activités ?
J'ai remarqué que les jeunes d'aujourd'hui s'intéressent aussi au Nouvel An lunaire traditionnel, mais la tendance chez la jeune génération penche davantage pour les loisirs personnels. À l'approche du Têt, au lieu de rentrer dans leur ville natale pour fêter l'événement en famille et rendre visite à leurs proches, ils profitent souvent de ce temps libre pour voyager ou pique-niquer, accordant moins d'importance aux rituels traditionnels du Têt.
À mon avis, il est essentiel de comprendre et de partager les perceptions et les attitudes actuelles de la jeune génération vis-à-vis du Nouvel An lunaire traditionnel, compte tenu des pressions croissantes liées au travail et à la vie quotidienne. De plus, il est nécessaire de mettre en place des politiques, des campagnes de sensibilisation et un accompagnement pour aider les jeunes à s'intégrer à la vie moderne tout en préservant les belles valeurs culturelles traditionnelles du Nouvel An lunaire, perpétuées depuis des millénaires. C'est également un moyen de préserver durablement les valeurs traditionnelles de la nation dans le contexte actuel.
Merci pour cette conversation !
Song Hoang
(Effectuer)




