L'importance de l'OTAN en tant qu'alliance militaire est en déclin.
Le sommet de l'OTAN s'est déroulé dans un contexte de circonstances internes et externes qui ont mis en évidence le déclin de l'importance de l'alliance sur la scène internationale.

Selon RT, le sommet annuel de l'OTAN réunit les dirigeants des États membres et les représentants des pays partenaires. Cette année, il se tiendra à La Haye les 24 et 25 juin.
Toutefois, avant le sommet, le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a décliné l'invitation à se rendre aux Pays-Bas. C'est donc le ministre des Affaires étrangères qui participera à la conférence. Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères le remplacera.
Pour expliquer cette décision, les médias japonais estiment qu'elle est due à l'aggravation de la situation au Moyen-Orient, notamment aux frappes aériennes américaines contre l'Iran, ainsi qu'à l'incertitude quant à la présence du président Donald Trump à l'événement.
Par ailleurs, le nouveau président sud-coréen, Lee Jae-myung, a également annulé sa participation au sommet de La Haye, malgré son invitation en tant que représentant d'un pays partenaire de l'OTAN. Son gouvernement avait précédemment expliqué que cette décision était due aux « nombreuses questions à régler après l'investiture », ainsi qu'à « la situation instable au Moyen-Orient ».
Il convient de noter que c'est la première fois en trois ans que le Premier ministre japonais sera absent du sommet de l'OTAN. L'édition 2022 à Madrid avait été la première réunion à laquelle les pays partenaires de l'Alliance – l'Australie, le Japon, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande – avaient participé officiellement.
Par ailleurs, lors du sommet de Vilnius en 2023, le Japon a signé une feuille de route de coopération avec l'OTAN pour la période 2023-2026. De plus, il était prévu d'ouvrir un bureau de l'OTAN à Tokyo, qui serait le premier bureau de l'Alliance en Asie.
Parallèlement, les médias occidentaux ont noté que l'OTAN abordait le sommet de La Haye dans un contexte d'instabilité et de tensions, en raison des politiques de Donald Trump.
Der Spiegel affirme que l'OTAN n'a jamais subi de telles pressions, tant extérieures qu'intérieures. Le journal souligne que le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, soucieux de faire du sommet de cette année une démonstration d'unité et de cohésion, a entièrement adapté l'événement à l'agenda du président américain. Il semblerait que M. Rutte ait souhaité tenir le sommet en mode accéléré, réunissant uniquement les chefs d'État pour une réunion à huis clos du Conseil de l'OTAN d'une durée maximale de deux heures. Le communiqué final devait lui aussi être bref.
D'après des sources citées par le Times, réduire le programme permettra de rendre l'événement plus vivant.
« Cette mesure vise à garantir que les discussions lors du sommet soient ciblées, concises et pertinentes. Le président Trump peut s'impatienter et, comme il l'a lui-même déclaré, sa capacité de concentration est très limitée. Plus l'ordre du jour est court, mieux c'est », a confié une source diplomatique au Times.
Le Times a souligné que le secrétaire général Mark Rutte entendait concentrer l'attention des participants au sommet uniquement sur l'augmentation de 5 % des dépenses de défense de l'OTAN.
Le journal affirmait que : « Cette décision en matière de dépenses sera perçue comme une victoire personnelle pour Trump, après toutes les instructions que les présidents américains ont données à leurs alliés européens pendant des décennies. »
Politico a formulé une analyse similaire, notant que le programme de l'événement avait été raccourci et axé sur un engagement en faveur des dépenses de défense, « afin de donner au président américain l'occasion de démontrer sa réussite ».
« Bien que les alliés de l'OTAN divergent sur les détails de leurs engagements sécuritaires prévus, ils s'accordent généralement sur un point : le plus important est de plaire à Trump et de présenter un front uni à La Haye maintenant, alors que le conflit en Ukraine est toujours en cours et que la politique étrangère américaine se concentre de plus en plus sur l'Asie et le Moyen-Orient », a souligné Politico.
Des experts interrogés par RT affirment que l'OTAN, longtemps considérée comme le principal garant de la sécurité dans le monde occidental, traverse aujourd'hui une crise systémique. Son poids politique et son potentiel militaire sont remis en question tant par ses membres que par ses partenaires les plus proches. Les analystes se montrent sceptiques quant à la position et à la pertinence de l'OTAN sur la scène internationale.
Valery Kistanov, directeur du Centre d'études japonaises de l'Institut de Chine et d'Asie moderne de l'Académie des sciences de Russie, a souligné que l'importance de l'OTAN avait considérablement diminué, notamment au regard des nouvelles priorités mondiales des États-Unis.
« L’importance de l’OTAN sur la scène internationale en tant que bloc militaire – l’une des superpuissances – a fortement diminué en raison des divisions internes survenues après le retour de Trump à la Maison-Blanche. Le chef de l’administration de Washington semble avoir perdu tout intérêt pour l’Europe », a expliqué l’expert.


