Cette femme célibataire souhaite posséder une maison spacieuse en hommage aux soldats tombés au combat.
Le rêve d'une maison solide, à l'abri du soleil, de la pluie, du vent et des tempêtes, où l'on pourrait brûler de l'encens et vénérer ses ancêtres et martyrs, demeure inaccessible en raison de la pauvreté et des difficultés persistantes. C'est la situation de Mme Hoang Thi Be (née en 1965) dans le hameau de Loc Dien, commune de Hung Thanh, district de Hung Nguyen.
Nous avons rencontré Mme Hoang Thi Be au début de l'automne. Dans sa maison délabrée de plain-pied, au toit de tuiles qui fuyait, les seuls biens de valeur étaient un vieil autel et une table au milieu de la pièce pour recevoir les invités.

Essuyant les larmes qui venaient de couler sur ses joues burinées, Mme Bé raconta que ses parents avaient eu trois enfants (deux garçons et une fille) et qu'elle était la cadette. Son frère aîné avait participé à la résistance contre les Américains, avait été attaqué par l'ennemi et grièvement blessé. Après sa démobilisation, il était rentré chez lui. Affaibli par l'âge et la faiblesse, ses blessures s'étaient rouvertes et il était décédé. Son frère cadet, M. Hoàng Kìm Em, était mort le 10 juillet 1971 sur un champ de bataille du Sud-Vietnam.
La famille fut profondément attristée d'apprendre le décès de leur plus jeune fils. Le père de Mme Bé, M. Hoàng Kim Nhỏ, accablé de chagrin, tomba malade et s'éteignit il y a quarante ans. Sa mère décéda également en 2009. Mme Bé ne se remaria jamais et demeura veuve, entretenant depuis lors l'autel ancestral et honorant la mémoire de ses parents et du soldat tombé au champ d'honneur.

« La vie est dure ; travailler dur toute l'année n'y change rien. Ma santé fragile ne me permet de cultiver que quelques hectares de rizières, quelques légumes et d'élever des poules, mais c'est insuffisant. Pendant mon temps libre, je fais toutes sortes de petits boulots, dans l'espoir de gagner assez d'argent pour subvenir à mes besoins et réparer la maison afin de pouvoir honorer dignement mes ancêtres et mes soldats tombés au combat », a confié Mme Hoang Thi Be.

M. Le Van Phu, secrétaire de la section du Parti du hameau de Loc Dien, commune de Hung Thanh (district de Hung Nguyen), a déclaré : « La maison où vit actuellement Mme Be a été construite il y a plusieurs décennies et est aujourd’hui en ruine. Les murs sont fissurés et s’écaillent, de nombreuses poutres sont cassées et pourries, et le toit fuit… Sa famille et ses proches lui ont apporté leur aide, mais ce sont tous des agriculteurs des environs, et leurs revenus sont modestes ; il leur est donc très difficile de l’aider à réparer la maison. Le Comité du Parti et la municipalité sont préoccupés par sa situation, mais ils ne peuvent pas faire grand-chose pour sa famille. Mme Be est l’héritière d’un soldat tombé au combat et elle lui voue un culte. »
Le plus grand souhait de Mme Bé est de gagner de l'argent pour rénover sa maison. Cependant, en raison de sa situation difficile, elle ne peut qu'assister, impuissante, à la dégradation progressive de sa maison et de l'autel dédié aux soldats tombés au combat. Les maigres revenus qu'elle tire de la culture de légumes et de l'élevage de poules suffisent à peine à couvrir ses frais médicaux et les traitements de son goitre, et ce depuis des années.
La situation de Mme Hoang Thi Be est extrêmement difficile. Pendant les fêtes et les festivals, les autorités locales organisent souvent des délégations pour rendre visite à la famille et lui apporter leur soutien ; elles sollicitent également une aide financière auprès des instances supérieures afin d’aider la famille à construire une nouvelle maison solide pour y vivre et honorer la mémoire du soldat tombé au combat.
M. Hoang Duc Thong - Président du Comité populaire de la commune de Hung Thanh (district de Hung Nguyen)


