Les « zones de feu » de Nghe An – de la fumée des bombes à l’aspiration à la paix.
Il existe des terres qui ne figurent pas seulement sur les cartes géographiques, mais qui sont aussi gravées dans la mémoire collective. Ce sont des « zones de guerre », des lieux ravagés par les bombes et les balles, où le sang et les os se sont mêlés, et où une volonté indomptable a germé. Mon voyage dans les zones de guerre de Nghệ An est, pour moi, un dialogue silencieux avec les âmes tombées pour l'indépendance et la liberté de la patrie, me permettant de mieux comprendre la valeur de la vie aujourd'hui.

Diep Thanh - Date de publication : 4 mai 2025
Il existe des terres qui ne figurent pas seulement sur les cartes géographiques, mais qui sont aussi gravées dans la mémoire collective. Ce sont des « zones de guerre », des lieux ravagés par les bombes et les balles, où le sang et les os se sont mêlés, et où une volonté indomptable a germé. Mon voyage dans les zones de guerre de Nghệ An est, pour moi, un dialogue silencieux avec les âmes tombées pour l'indépendance et la liberté de la patrie, me permettant de mieux comprendre la valeur de la vie aujourd'hui.
Un symbole de la lutte pour la paix.
La situation géographique unique de Nghệ An lui a conféré un rôle crucial et stratégique de point de passage obligé dans la guerre de résistance contre les États-Unis. De ce fait, de nombreux sites historiques situés le long de cet axe vital Nord-Sud sont entrés dans l'histoire comme des lieux historiques importants.coordonnées de l'incendie« Des héros… Au fil du temps, ces lieux sont devenus des symboles de l’aspiration à la paix. »

Voici Truong Bon – un lieu où les traces de la guerre ont disparu, mais où chaque marche de pierre, chaque rangée d'arbres raconte encore silencieusement une histoire tragique et héroïque : l'histoire des 19 000 bombes larguées entre 1964 et 1968, de plus de 1 240 héros et martyrs tombés pour maintenir cet axe de transport vital, et de 13 jeunes soldats volontaires morts à l'âge de vingt ans, quelques heures seulement avant l'ordre de cesser les bombardements sur le Nord-Vietnam.

L'histoire demeure la même, le récit inchangé au fil des ans, et pourtant, chaque fois que je l'entends, mon cœur se serre. Debout aujourd'hui à Truong Bon, dans le bruissement du vent dans les arbres, je me demande : cette paix peut-elle se mesurer à leurs sacrifices ?
Bienvenue au pays de Hoang Mai, où la gare de Hoang Mai fut jadis un point de passage crucial sur la ligne ferroviaire Nord-Sud. Le sifflement des trains d'antan transportait non seulement des marchandises, mais aussi les espoirs et les angoisses de toute une nation. Non loin de là, la grotte de la Fusée commémore le sacrifice de 33 jeunes volontaires, un épisode tragique et héroïque gravé à jamais dans la terre.

Je suis arrivé au carrefour de Dien Chau, point névralgique de deux axes de transport stratégiques, l'un nord-sud et l'autre est-ouest. Pendant la guerre, ce lieu était un point chaud, soumis à des bombardements visant à couper les approvisionnements par l'arrière. Mais c'est précisément dans ces épreuves que l'indomptable esprit combatif de nos soldats et de notre peuple a brillé avec encore plus d'éclat. Ils ont tenu bon, réparé les routes et maintenu les lignes ouvertes, faisant de ce lieu un symbole de volonté inébranlable, un carrefour de sacrifice et de courage.
Le pont de Cam – un pont enjambant la rivière Cam, autrefois soumis à des milliers de tonnes de bombes et de balles de la part de l'ennemi, mais qui est resté intact grâce au courage des soldats et des civils qui ont travaillé sans relâche jour et nuit pour le réparer et maintenir la fluidité ininterrompue du trafic.

Et Ben Thuy – un passage inébranlable sous le déluge de bombes et de balles. Ici, des convois de véhicules traversaient silencieusement le fleuve et des navires accostaient courageusement. Les habitants de Ben Thuy, ouvriers, fonctionnaires et miliciens, tous ont contribué, creusant des tunnels, construisant des digues et bravant le danger pour décharger des marchandises et réparer ponts et bacs. Le sang et les larmes se sont mêlés à la rivière Lam, mais la volonté du peuple de Nghệ An est restée aussi forte que le sommet du mont Hong Linh.
La flamme de l'héroïsme brillera à jamais.
La vie confortable dont nous jouissons aujourd'hui n'est pas le fruit du hasard. Nghe An, durant les années de combats, a subi d'innombrables bombes et balles ; chaque parcelle de terre est imprégnée du sang et des ossements de tant de personnes. Aujourd'hui, àbleu de la paixCes anciennes coordonnées allument une flamme différente…


Aujourd'hui, le district de Do Luong, qui abrite le site historique de Truong Bon, n'est plus une région pauvre et exclusivement agricole. D'importants investissements ont été réalisés dans les infrastructures, des zones industrielles ont vu le jour et les conditions de vie des habitants se sont améliorées. Truong Bon est devenu un lieu incontournable pour la transmission des traditions aux jeunes générations. Et à chaque grande fête, des milliers de personnes s'y rendent pour écouter les échos de l'histoire.
Hoang Mai, jadis paisible village côtier ayant vaillamment combattu durant la guerre, se métamorphose aujourd'hui en un nouveau pôle de croissance de la province de Nghệ An. Les wagons de train, autrefois silencieux, vibrent désormais au rythme de ce développement économique. Diện Chau connaît également une transformation spectaculaire : traversée par l'autoroute Nord-Sud, elle voit se créer de nombreuses zones urbaines, stations balnéaires, zones touristiques, parcs industriels et zones agricoles de pointe… insufflant une nouvelle vie à cette terre héroïque.
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Le pont de Cam, à Nghi Loc, est devenu un quartier animé et en plein développement, soulignant ainsi l'importance stratégique de cette voie d'accès vers l'arrière pendant la guerre contre les États-Unis. Autre porte d'entrée majeure au sud, Ben Thuy, avec ses deux ponts où circulent d'incessants convois de véhicules facilitant le commerce transvietnamien ; la ville de Vinh est désormais un centre économique, politique et culturel important du centre-nord du Vietnam. Rues arborées, nouveaux quartiers urbains et zones industrielles modernes… esquissent les contours d'un avenir de plus en plus prometteur.
Étant jeune et née dans un pays paisible, je n'ai aucun souvenir des bombardements, mais je crois qu'un autre souvenir coule dans mes veines : celui de la gratitude et de la fierté. À l'avenir, quelles que soient les évolutions de la société, quelles que soient les conséquences de l'histoire, ces lieux emblématiques resteront à jamais gravés dans le cours du développement.

Se souvenir de ces « champs de bataille » permet aussi de raviver la flamme de la gratitude – une flamme qui ne doit jamais s’éteindre dans le cœur de chaque jeune Vietnamien. Gratitude envers ceux qui sont tombés, envers ceux qui ont consacré leur vie à l’indépendance et à la liberté de la Patrie. Gratitude envers…ma ville natale Nghe AnRésiliente, ayant surmonté la douleur et la perte, elle se relève avec force.


