Imposer des amendes aux parents qui obligent leurs enfants à étudier : est-ce faisable ?
Le décret 282, qui prévoit une amende de 5 à 10 millions de dongs pour toute personne forçant ses enfants à étudier de manière excessive, n'a pas pour but, s'il est interprété sereinement, de punir. Il invite les adultes à réfléchir à leur propre comportement et à se demander si, par excès d'amour, ils n'ont pas oublié que les enfants ont besoin de vivre comme des enfants.
L'information concernant l'amende de 5 à 10 millions de dongs pour avoir contraint des membres de sa famille à étudier de manière excessive suscite l'attention du public et de nombreuses opinions divergentes. Cette mesure figure parmi les dispositions du décret 282/2025/ND-CP, applicable à compter du 15 décembre 2025, qui réglemente les sanctions administratives pour les infractions en matière de sécurité, d'ordre public, de sûreté sociale, de prévention et de lutte contre les fléaux sociaux, ainsi que de prévention et de lutte contre les violences domestiques. Bien que le décret vise généralement les membres de la famille, le public l'interprète et en débat principalement sous l'angle des parents qui contraignent leurs enfants à étudier, une situation courante et préoccupante dans la société contemporaine.

Nombreux sont ceux qui soutiennent cette réglementation, y voyant un progrès dans la protection des enfants contre la pression scolaire excessive. Cependant, beaucoup s'interrogent sur sa réelle faisabilité, car contraindre les enfants à étudier relève souvent de l'amour et des attentes plutôt que de la violence. D'autres se demandent : comment définir ce qui constitue un « surmenage » ? Et comment détecter et sanctionner les comportements coercitifs qui se produisent au sein de la famille ?
La pression scolaire sur les enfants dans les familles vietnamiennes est devenue monnaie courante. Les réseaux sociaux regorgent d'images choquantes : un enfant affalé sur son bureau en pleine nuit, des cahiers surchargés de devoirs, ou encore le journal intime d'un écolier : « J'ai peur de contrarier maman si j'ai de mauvaises notes… » Les forums de parents sont inondés de témoignages et d'inquiétudes de parents qui, voyant leurs enfants prendre du retard, se tournent vers des centres de soutien scolaire et passent leurs examens à la hâte pour obtenir des certificats et se rassurer. D'innombrables enfants vivent leur vie rythmée par des emplois du temps surchargés, sans temps pour jouer, bien dormir ou explorer le monde à leur guise.
La pression pour obtenir de bonnes notes ne vient pas seulement des parents ; c’est un problème systémique, allant des examens incessants et des montagnes de devoirs aux classements invisibles qui font que de nombreux enfants craignent l’échec, la défaite et les mauvaises notes. L’expression « tu dois faire plus d’efforts » est devenue un slogan courant, mais derrière elle se cache l’épuisement prolongé des parents et des enfants. L’enfance est sacrifiée au profit des notes, tandis que la joie d’apprendre, qui devrait être préservée en priorité, disparaît peu à peu.

Par conséquent, je crois que le décret 282, qui stipule que « forcer les membres de sa famille à étudier de manière excessive sera passible d'une amende de 5 à 10 millions de VND », n'a pas pour but, à première vue, de punir. Il invite chaque adulte à réfléchir à son propre comportement. Parfois, par excès d'amour, nous oublions que les enfants ont besoin de vivre comme des enfants. Apprendre, c'est explorer le monde fascinant et profond du savoir, et non se lancer dans une course aux meilleures notes. Lorsqu'un enfant étudie sous pression, la joie disparaît et sa créativité s'étiole.
Bien sûr, il n'est pas facile de définir ce qu'est le « surmenage scolaire ». Aucun chiffre ne peut mesurer les limites de l'endurance d'une personne en général, ni celles d'un enfant en particulier. Mais ce constat reste précieux car il nous rappelle les limites de l'amour. L'amour, s'il n'est pas accompagné de compréhension, peut parfois devenir une pression étouffante. Une société progressiste ne se mesure pas aux notes moyennes, mais à sa capacité à protéger le bonheur des enfants. Si les parents cessent d'avoir des attentes aussi élevées, si les écoles cessent de faire de la réussite un critère d'évaluation, peut-être les enfants seront-ils plus libres de s'épanouir.

En réalité, rares sont les parents qui sont punis pour avoir forcé leurs enfants à étudier. Mais le plus inquiétant, c'est de constater que nous les y forçons quotidiennement sans même nous en rendre compte, par des comparaisons, des exigences et la question incessante : « Quelle note as-tu eue ? » Si seulement les parents pouvaient parfois remplacer cette question par : « Es-tu heureux aujourd'hui ? », les échanges en famille seraient sans doute bien plus chaleureux.
Par conséquent, ce nouveau décret n'a pas pour seul but d'instaurer des sanctions, mais aussi d'encourager une autre façon de penser. Les enfants ont besoin de grandir dans un climat de confiance et de respect. Un enfant écouté apprendra bien mieux qu'un enfant qui apprend dans la peur. Lorsque les parents sauront ce qui compte vraiment pour leurs enfants, lorsque les écoles comprendront que la réussite n'est pas tout, et lorsque la société apprendra à valoriser l'effort plutôt que les résultats, alors les réglementations punitives ne seront peut-être plus nécessaires.
Le décret 282 ne peut pas tout changer du jour au lendemain. Mais il offre une perspective plus humaine, reconnaissant que les enfants ne sont ni des copies de leurs parents, ni des instruments pour réaliser les rêves inachevés des adultes. Ils ont besoin de vivre, d'être heureux, de faire des erreurs et de tracer leur propre chemin.
Si l'on comprend le véritable esprit de ce décret, il n'est plus une punition, mais un rappel poignant à chaque parent de laisser ses enfants grandir en paix. Car l'enfance est unique, et aucun enfant ne devrait avoir à troquer sa joie contre un certificat de mérite.


