Mécanismes complémentaires pour attirer les investissements dans l'agriculture.
Le Vietnam met en œuvre son plan de restructuration agricole depuis trois ans, mais le secteur agricole est toujours confronté à de nombreuses difficultés, et a même enregistré une croissance négative au cours des six premiers mois de 2016.
L'attraction des investissements des entreprises dans ce secteur demeure très limitée. Il est donc difficile d'orienter le secteur agricole vietnamien vers un système de production de matières premières compétitif. Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Nguyen Xuan Cuong, a abordé cette question lors d'une interview de presse.
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| Ministre Nguyen Xuan Cuong |
Monsieur, pour la première fois cette année, le secteur agricole vietnamien a enregistré une croissance négative au cours du premier semestre. Pourriez-vous nous en expliquer les raisons ?
Au premier semestre 2016, pour la première fois depuis de nombreuses années, le secteur agricole a enregistré une croissance négative du PIB de 0,18 %. L'agriculture a toujours joué un rôle crucial dans le développement économique, 70 % de la population vivant encore en zone agricole et 46 % de la population active travaillant dans ce secteur. Par conséquent, cette récession est une préoccupation majeure pour l'ensemble de la filière, impactant fortement les conditions de vie des agriculteurs, notamment dans les régions défavorisées.
La raison en est que le changement climatique perturbe tous les secteurs de production, et son rythme est plus rapide que prévu. De plus, la forte intégration du Vietnam à l'économie mondiale offre aux produits agricoles davantage d'opportunités d'accéder au marché international, mais les expose également à une concurrence féroce de la part des biens mondiaux. Par conséquent, le secteur agricole doit se concentrer sur une restructuration axée sur la production de matières premières et sur des chaînes de valeur durables et concentrées.
Monsieur, après trois ans de mise en œuvre du plan de restructuration, quels changements le secteur agricole a-t-il connus ?
Après trois ans de mise en œuvre, nous avons obtenu des résultats initiaux et fondamentaux, notamment une prise de conscience accrue des entreprises, de la société et de la population concernant la restructuration. En témoignent les projets et programmes d'action spécifiques mis en place dans chacune des 63 provinces et villes.
Par exemple, la province de Lam Dong a appliqué l'agriculture de pointe à 25 % de ses terres agricoles, générant un revenu moyen de 243 millions de VND par hectare. La province de Dong Thap a sélectionné cinq produits phares : les fleurs, le riz, les canards, les fruits et les produits de la mer, et a orienté ses politiques et son aménagement du territoire en conséquence. De même, la province de Ha Giang, montagneuse et défavorisée, s'est concentrée sur la valorisation de ses atouts, tels que les légumes, les plantes médicinales et la restructuration de son élevage.
Par ailleurs, plusieurs secteurs ont connu une restructuration aux résultats probants. L'industrie laitière a enregistré la plus forte croissance mondiale ces cinq dernières années. En élevage, et notamment porcin, la production annuelle de viande de porc s'élève à 4 à 4,5 millions de tonnes. Actuellement, les élevages de moyenne et grande taille représentent jusqu'à 40 % de la production.
Cependant, la restructuration agricole est un processus de restructuration de la production et, par conséquent, elle nécessite du temps. Après trois ans, le constat général est que la restructuration n'a progressé que dans quelques modèles performants et certaines provinces productrices de matières premières, tandis que le reste du pays a besoin d'une restructuration plus radicale.
Certains estiment que, pour restructurer l'agriculture, il est nécessaire d'inciter les entreprises à investir dans ce secteur. Quel est l'avis du ministre à ce sujet ?
Pour réorganiser la production agricole en vue de sa modernisation, les entreprises constituent le noyau essentiel, formant la base de tous les maillons de la chaîne de production. À ce jour, environ 3 600 entreprises sur près d'un demi-million que compte l'économie ont investi dans l'agriculture. Cela représente moins de 1 % du total, 90 % de ces entreprises agricoles étant de petite taille, voire des micro-entreprises, et peu de grandes entreprises leaders.
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| La production agricole doit être davantage encouragée par le biais de diverses politiques efficaces. |
Au cours de la période récente, les politiques et les mécanismes ont été continuellement améliorés, l'accent étant mis sur l'incitation des entreprises à investir dans l'agriculture. C'est notamment le cas du décret gouvernemental n° 210. Toutefois, certains obstacles persistent et entravent la mise en œuvre effective de cette politique. Par exemple, bien que le décret n° 210 s'applique à toutes les régions, les conditions de développement varient d'une région à l'autre, et la politique ne tient pas encore suffisamment compte de ces disparités. De plus, le montant maximal du soutien post-investissement est limité à 2,5 milliards de VND. Or, l'investissement agricole comporte des risques importants, certains secteurs nécessitent des capitaux substantiels et de nombreuses collectivités locales bénéficient déjà du soutien budgétaire de l'État, ce qui les empêche d'allouer des fonds suffisants au soutien agricole. Par ailleurs, l'État privilégie son soutien aux projets d'investissement de grande envergure.
Par ailleurs, certaines formes de crédit ou d'accès à la terre demeurent insuffisantes. C'est pourquoi le Premier ministre a chargé le ministère de l'Agriculture et du Développement rural et les ministères concernés d'étudier, d'évaluer et de proposer des amendements au décret 210 afin de le rendre plus pratique et d'encourager les entreprises à investir dans l'agriculture. Il convient notamment de s'attacher à lever les obstacles au remembrement foncier pour permettre aux entreprises de se lancer dans une production à grande échelle, et de développer des solutions pour promouvoir l'économie collective, les coopératives jouant un rôle prépondérant.
Selon Baotintuc




