Les sanctions occidentales se durcissent : le point de vue russe sur une nouvelle phase de confrontation.
D'après Ivan Timofeev, expert du Club Valdaï, le 19e train de sanctions de l'UE et les nouvelles mesures américaines, malgré leur annonce en grande pompe, ne devraient pas porter un coup dur à l'économie russe. Il estime qu'il ne s'agit pas d'une démarche visant à trouver une solution, mais plutôt du signe que le conflit entre dans une nouvelle phase de confrontation, plus longue et plus intense.

L’Union européenne (UE) et les États-Unis ont annoncé une nouvelle fois, quasiment simultanément, de nouvelles sanctions contre la Russie. Bruxelles a finalement approuvé le 19e train de sanctions, longuement débattu, malgré l’opposition initiale de la Slovaquie et de la Hongrie. À Washington, l’administration du président Donald Trump a également instauré ses premières sanctions majeures depuis son retour à la Maison-Blanche.
Cependant, selon Ivan Timofeev, directeur des programmes du Club Valdaï, ces mesures ne devraient pas porter un coup dur à l'économie russe, qui s'y était déjà préparée.
Le train de sanctions est avant tout « symbolique ».
Comme à son habitude, l'UE a élargi sa liste de personnes et d'entreprises sanctionnées. Dans son analyse publiée par RT, Ivan Timofeev affirme que l'inclusion d'entreprises industrielles sur cette liste est devenue une habitude et que leur impact est de plus en plus symbolique.
Plus remarquables encore sont les sanctions secondaires visant les entreprises chinoises impliquées dans l'achat et le traitement du pétrole russe. Bruxelles espère dissuader les entreprises chinoises de commercer avec la Russie. Toutefois, l'efficacité de cette mesure est très discutable. L'importation de pétrole russe est profitable à la Chine, et toute ingérence extérieure risque de susciter du ressentiment et de provoquer des représailles de la part de Pékin.
L'UE a également renforcé les restrictions imposées aux banques russes. Mais selon Timofeev, ce secteur étant déjà soumis à de lourdes sanctions américaines, les mesures européennes supplémentaires n'auraient que peu d'impact. La liste des pétroliers sanctionnés s'est également allongée, mais cette mesure est « plus symbolique que déterminante », car la « flotte parallèle » russe continue d'opérer efficacement, échappant à tout contrôle occidental.
Une autre tactique bien connue consiste pour l'UE à cibler les institutions financières de pays tiers qui entretiennent des liens avec la Russie, en particulier celles qui utilisent des systèmes de paiement russes équivalents (tels que SPFS, Mir et FPS).
D'autres mesures semblent plus symboliques que stratégiques. Bruxelles a interdit les services destinés à l'industrie touristique russe et imposé de nouvelles restrictions aux déplacements des diplomates russes – des mesures qui rappellent les scénarios de la Guerre froide. L'interdiction des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe paraît importante, mais elle ne fait que formaliser un processus déjà en cours, les acheteurs européens ayant discrètement réduit leurs achats plusieurs mois auparavant.

Les voix bellicistes font-elles leur retour ?
Outre-Atlantique, les nouvelles sanctions de Washington semblent plus ciblées, mais pas nécessairement plus efficaces. L'administration Trump a imposé des sanctions punitives à deux grandes entreprises énergétiques russes. Selon un article de RT, compte tenu des restrictions à l'exportation déjà imposées au secteur énergétique, cette mesure « ne change pas grand-chose sur le fond ». Cependant, cette décision est politiquement symbolique. Elle marque la première mesure punitive majeure prise par Washington depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, signe que les faucons de la politique intérieure américaine ont regagné de l'influence.
Selon Ivan Timofeev, le rétablissement des sanctions est un indicateur négatif, signe que les perspectives de résolution de la crise ukrainienne s'amenuisent. Officiellement, Washington affirme que ces mesures visent à « encourager un cessez-le-feu ». Mais en réalité, elles témoignent d'une impasse de plus en plus profonde. L'auteur souligne la position de Moscou : la Russie a clairement indiqué qu'un simple cessez-le-feu ne résoudrait rien ; il ne ferait que « geler » le conflit sans s'attaquer à ses causes profondes. Toute solution durable doit être globale et tenir compte des impératifs de sécurité que Moscou a toujours affirmés.
Ces nouvelles sanctions indiquent plutôt que le conflit entre dans une nouvelle phase, marquée par une escalade des tensions et une confrontation prolongée. Les deux camps manœuvrent désormais pour prendre l'avantage en vue de futures négociations, qui pourraient avoir lieu prochainement.
Des experts russes constatent que les faucons au sein du camp occidental semblent être parvenus à réorienter la politique américaine vers une escalade. Toutefois, ce résultat pourrait s'avérer stratégiquement préjudiciable à l'Occident et, au contraire, aggraver la situation en Ukraine, qui continue de payer le prix des ambitions d'autres acteurs.


