Modifications apportées aux critères de classification des unités administratives après la fusion.
Suite aux fusions et réorganisations administratives de 2025, la superficie et la population de nombreuses localités ont profondément évolué, dépassant largement les anciens critères de classification. Le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir élaboré et finalisé un projet de décret gouvernemental régissant la classification des unités administratives.

Il s’agit d’une étape nécessaire pour mettre en œuvre la Constitution de 2013 (modifiée), la loi sur l’organisation des collectivités locales n° 72/2025/QH15 et pour remédier aux lacunes de la réglementation actuelle afin de s’adapter à la situation pratique après la réorganisation des unités administratives en 2025.
Des changements majeurs suite à la restructuration.
Selon le ministère de l'Intérieur, suite à la fusion et à la réorganisation des unités administratives, le pays compte 34 unités administratives de niveau provincial (6 villes et 28 provinces) et 3 321 unités administratives de niveau communal (2 621 communes, 687 quartiers et 13 zones spéciales). Le nombre et la taille des unités administratives de niveau provincial et communal ont considérablement évolué par rapport à la situation antérieure à la réorganisation (avant juin 2025).
Au niveau provincial, 29 unités administratives ont été supprimées. La superficie naturelle moyenne de chaque province et ville est de 9 743 km², soit une augmentation de 85,3 % par rapport à la situation antérieure. Parmi celles-ci, la province de Lam Dong possède désormais la plus grande superficie du pays avec 24 243,13 km², dépassant largement Nghe An, qui détenait auparavant le record.
La population provinciale moyenne a également augmenté de 85,3 %, dépassant les 3,3 millions d'habitants. Hô Chi Minh-Ville est la localité la plus peuplée, avec plus de 14,6 millions d'habitants, soit une augmentation de près de 4,7 millions par rapport à la période précédant la réorganisation.
En outre, la formation de « zones spéciales » est un type d’unité administrative entièrement nouveau, qui ne relève pas du champ d’application de la résolution n° 1211/2016/UBTVQH13.
Ces modifications rendent inadaptés les critères, le système de notation et les seuils de classification de la résolution 1211. Leur application continue fausserait l'évaluation de la situation, du rôle et du niveau de développement de chaque localité, ce qui aurait un impact direct sur la planification des politiques, l'allocation des ressources et l'organisation de l'appareil gouvernemental.
Selon le ministère de l'Intérieur, la mise en œuvre pratique des règlements sur la classification des unités administratives dans la résolution n° 1211/2025/UBTVQH15 (modifiée et complétée par la résolution n° 27/2022/UBTVQH15) a révélé certaines lacunes et limitations.
Premièrement, le système de critères de classification est biaisé, privilégiant la superficie, la population et le nombre de collectivités territoriales, qui représentent plus de la moitié du score total. Parallèlement, les indicateurs relatifs à la capacité de gouvernance, au niveau de transformation numérique, à la réforme des procédures administratives ou à l'amélioration de la productivité du travail sont négligés. Il en résulte une situation où les localités densément peuplées et étendues sont souvent bien classées, tandis que les localités plus petites mais dynamiques, ayant mené des réformes importantes, peinent à améliorer leur classement.
Deuxièmement, conformément à la résolution n° 1211/2016/UBTVQH13, le Premier ministre décide de la reconnaissance des classifications provinciales, le ministre de l'Intérieur de celles des districts et le président du Comité populaire provincial de celles des communes. De plus, cette résolution exige que les Comités populaires à tous les niveaux préparent des dossiers à soumettre aux Conseils populaires du même niveau pour approbation avant de les transmettre à l'autorité compétente, puis de les faire évaluer par le Conseil central. Il en résulte un processus à plusieurs niveaux, source de gaspillage de temps et d'argent, et qui ne reflète pas fidèlement l'esprit de décentralisation et de délégation de pouvoirs.
Troisièmement, la résolution n° 1211/2016/UBTVQH13 ne prévoit la classification des unités administratives qu'en cas de création, de fusion, de division ou de modification des limites territoriales, sans instaurer de mécanisme de révision périodique obligatoire. De ce fait, de nombreuses localités sont « classées puis laissées en l'état », conservant leur classification actuelle pendant des décennies malgré des évolutions démographiques, socio-économiques et de capacités de gouvernance significatives. Par conséquent, les résultats de la classification ne reflètent plus fidèlement la réalité, ce qui réduit leur utilité pour la planification des politiques et l'allocation des ressources, et n'incite pas les collectivités locales à se réformer et à innover.
Soulignant son urgence, le ministère de l'Intérieur a insisté sur le fait que le nouveau décret constituera un cadre juridique important permettant aux collectivités locales de classer les unités administratives, et ainsi de formuler des politiques de développement socio-économique, d'attirer les investissements, d'améliorer la qualité et les conditions de vie dans les unités administratives, et de mettre en place des structures organisationnelles, des régimes et des politiques pour les responsables des administrations locales et les fonctionnaires, en fonction de chaque type d'unité administrative.
Hanoï et Hô Chi Minh-Ville sont des unités administratives de catégorie spéciale.
Le ministère de l'Intérieur a indiqué que le projet de décret reprend essentiellement le système de classification des unités administratives en vigueur depuis longtemps. Ainsi, à l'exception de Hanoï et d'Hô-Chi-Minh-Ville, qui constituent des unités administratives spéciales au sens de la loi sur l'organisation des collectivités locales, les autres unités administratives sont classées en trois types (type I, type II et type III), selon un système de points (moins de 60 points pour le type III, entre 60 et 75 points pour le type II et plus de 75 points pour le type I).
Toutefois, le contenu de la classification urbaine pour chaque type d'unité administrative est adapté aux points de vue, aux principes et au contexte pratique.
Plus précisément, pour les villes à administration centrale : Hanoï et Hô Chi Minh-Ville sont des unités administratives de type spécial, tandis que les autres villes à administration centrale sont des unités administratives de type I.
Selon le ministère de l'Intérieur, des villes comme Hué, Hai Phong, Da Nang et Can Tho répondent pleinement aux critères les plus exigeants en matière de population, de superficie, de développement socio-économique, d'infrastructures, de finances et de gouvernance. Leur classement en catégorie I garantit la stabilité et la transparence, réduit la bureaucratie et fournit un cadre juridique pour des politiques spécifiques adaptées à leurs rôles.
Ajouter un élément dynamique.
Pour les provinces, le projet de décret stipule que celles-ci sont classées en 3 types (types I, II et III) en fonction du score total de 5 groupes de critères, à savoir : critère de taille de la population : maximum 20 points, minimum 10 points ; critère de superficie naturelle : maximum 20 points, minimum 10 points ; critère du nombre d'unités administratives subordonnées : maximum 10 points, minimum 6 points ; critère des conditions socio-économiques (comprenant 11 critères) : maximum 40 points, minimum 18 points ; critère des facteurs spécifiques : maximum 10 points, minimum 0 point.
Les critères comprennent : l’équilibre entre les recettes et les dépenses du budget de l’État ; la part de l’industrie, de la construction et des services ; le taux de croissance économique ; le pourcentage de main-d’œuvre non agricole ; le taux de croissance de la productivité du travail ; le revenu par habitant ; le pourcentage de personnes bénéficiant d’une assurance sociale ; le pourcentage de ménages pauvres selon le critère de pauvreté multidimensionnelle ; le pourcentage de la population rurale ayant accès à une eau potable conforme aux normes ; le pourcentage de ménages connectés à Internet ; le pourcentage de procédures administratives traitées par le biais des services publics en ligne.
Selon le ministère de l'Intérieur, l'ajout d'indicateurs « dynamiques » permet de classer les localités non seulement en fonction de la taille de leur population et de leur superficie, mais aussi d'évaluer leur capacité de gouvernance, leur transformation numérique et leur réforme administrative – des facteurs de plus en plus déterminants pour la qualité du développement local.
Pour les communes, le projet de décret stipule que les communes sont classées en 3 types (Type I, II, III) en fonction du score total de 4 groupes de normes, à savoir : Norme de taille de la population : maximum 25 points, minimum 15 points ; Norme de surface naturelle : maximum 25 points, minimum 15 points ; Norme de conditions socio-économiques (comprenant 7 critères constitutifs) : maximum 40 points, minimum 21 points ; Norme de facteurs spécifiques : maximum 10 points, minimum 0 point.
En ce qui concerne les quartiers, le projet de décret stipule que les quartiers sont classés en 3 types (Type I, II, III) en fonction du score total de 4 groupes de normes, similaires à celles des communes, mais avec des ajustements aux niveaux maximum et minimum de chaque critère et norme pour s'adapter aux caractéristiques spécifiques du quartier en termes de taille de la population, de superficie naturelle et de niveau de développement socio-économique.
En ce qui concerne les zones spéciales, le projet de décret stipule que pour les zones spéciales classées comme zones urbaines, les normes de classification des quartiers s'appliqueront, tandis que pour les autres cas, ce sont les normes de classification des communes qui s'appliqueront ; il stipule également que les points attribués aux caractéristiques spécifiques des zones spéciales sont de 10 points (maximum).
Par ailleurs, le projet de décret prévoit l'attribution de points de priorité aux unités administratives d'envergure exceptionnelle (provinces et communes dont la superficie naturelle dépasse 300 % du seuil prescrit ; quartiers dont la population dépasse 300 % du seuil prescrit) ; aux unités administratives situées dans des zones particulièrement difficiles ; ou encore aux unités administratives reconnues pour leur rôle central dans le développement socio-économique de leur province/ville ou de leur région intercommunale/de leur quartier. L'attribution de ces points de priorité (maximum 10 points) vise à garantir que les unités administratives présentant des caractéristiques exceptionnelles et essentielles bénéficient d'une attention particulière en matière d'allocation de ressources pour l'investissement, le développement et la gestion.


