Découvrez « Ví » et « Giặm ».
(Baonghean.vn) - Dans le trésor culturel de la province de Nghe An, le « vi » et le « giam » sont deux formes uniques de chant folklorique des provinces de Nghe An et Ha Tinh, chacune avec ses propres caractéristiques distinctes qui ne peuvent être confondues avec les chants folkloriques d'aucune autre région.

chant folklorique
Le chant Ví est généralement libre, sans rythme ni tempo fixes ; le chanteur peut improviser et ajuster la hauteur de la voix spontanément. La hauteur et la durée de la mélodie peuvent varier selon les paroles (qu’elles soient sur des tons pairs ou impairs, qu’elles comportent peu ou beaucoup de mots). Le Ví appartient au genre de la récitation et de la poésie, utilisant la méthode de mise en musique de la poésie populaire (six-huit, sept-six-huit, variations de six-huit, etc.).
Selon le professeur Dinh Gia Khanh : « On l’appelle “chant ví”, peut-être parce qu’il utilise des métaphores pour exprimer des sentiments. Le ton métaphorique est très proche du ton, de la gamme et du rythme poétiques. »
Il existe aussi une interprétation selon laquelle « ví » signifie « vói », impliquant que les hommes se tiennent à l'extérieur de la porte ou de la rue et chantent fort dans la cour ou la maison aux femmes, ou que les filles plantant du riz dans un champ « chantent fort » aux garçons arrachant les semis dans un autre champ.
L'expressivité du chant folklorique dépend du contexte, du moment, de l'espace et de l'humeur du chanteur. La tessiture vocale des chants folkloriques ne dépasse généralement pas une octave. Leurs mélodies sont amples, profondes, mélancoliques et empreintes d'une affection sincère. Il existe cependant des chants folkloriques plus enjoués, humoristiques, espiègles, innocents et juvéniles.
Le style de chant folklorique comprend de nombreuses mélodies telles que "ví đò đưa" (chanson folklorique du batelier), "ví phường vải" (chanson folklorique du tisserand), "ví phường cấy" (chanson folklorique du planteur de riz), "ví phường võng" (chanson folklorique de fabrication de hamac), "ví phường chè" (chanson folklorique pour préparer le thé), "ví đồng ruộng" (chanson folklorique des champs), "ví treo non" (chanson folklorique d'escalade), "ví mục đồng" (chanson folklorique du berger), "ví Chuỗi" (chanson folklorique en chaîne), "ví ghẹo" (chanson folklorique taquine)...
Hát Giặm
« Giặm » signifie ajouter (replanter du riz). Selon le dictionnaire vietnamien (Institut de linguistique, Académie vietnamienne des sciences sociales, 1992), « giặm » a deux significations : 1. Réparer une zone endommagée (replanter un van, replanter un tamis) ; 2. Combler un espace vide (replanter des plants de riz dans le champ, ajouter du riz en milieu de journée).
Il existe de nombreuses interprétations du terme « giặm ». Le musicien Vĩnh Long, dans sa chanson…Chant folklorique Nghe TinhDeux interprétations ont été proposées : selon la première, « giặm » ferait référence à la répétition du dernier vers, tandis que selon la seconde, il signifierait reprendre la rime de la question. Une autre interprétation encore est que « giặm » signifierait compléter les paroles d'une chanson.
Contrairement aux chants folkloriques, le giặm est une forme de chant avec un rythme clair, des temps forts et faibles, et des rythmes internes et externes. Typiquement, un chant giặm comporte plusieurs strophes, chacune de 5 vers (le 5e vers reprenant souvent le 4e), et chaque vers contient 5 mots. Cependant, il existe aussi des chants et des couplets giặm sans strophes clairement définies, chantés en continu, parfois sur des dizaines ou des centaines de vers, et dont chaque vers peut contenir 4, 6 ou 7 mots (en raison des variations dans les paroles).
Ces chansons regorgent de récits, de réflexions personnelles, d'anecdotes, de conseils, d'explications et d'introspection. On y trouve aussi des vers spirituels et humoristiques, satiriques et ironiques, et même des vers lyriques exprimant l'amour et l'affection.
Le « hát giặm » est un genre de chant parlé utilisant une poésie allégorique. L'accompagnement musical est généralement assuré par des claquements de mains rythmiques. Parmi les exemples de mélodies de « hát giặm », on trouve : « giặm xẩm », « giặm nối », « giặm vè », « giặm kể », etc. Ces mélodies présentent des claquements de mains rythmiques tantôt forts, tantôt faibles, ainsi que des temps internes et externes.
Références :
- Conférence scientifique internationale : « Préservation et promotion des valeurs des chants folkloriques dans la société contemporaine (le cas des chants folkloriques Ví et Giặm de Nghệ Tĩnh) »Ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, 2014.
- Littérature locale de la ville de Vinh, Auteur Duong Xuan Hong (compilé), Maison d'édition de l'Université de Vinh.
- Concernant la littérature populaire de Nghe Tinh, Professeur agrégé Ninh Viet Giao, Maison d'édition Nghe Tinh, 1982.
- Article:"La valeur durable des chansons folkloriques Ví et Giặm de Nghệ Tĩnh", Tu Thi Loan, Nghe An Culture Magazine, 29 mai 2015.


