Santé

L'histoire des soignants silencieux qui « courent » contre la mort.

Nguyet Minh - Quang Huy February 27, 2025 18:09

Il existe un lieu où le silence règne 24 heures sur 24, où la vie ne se mesure pas au temps, mais à chaque respiration, à chaque battement de cœur fragile, suspendu au bord de la mort. C'est derrière les portes des urgences, où ceux qui portent la blouse blanche sont toujours prêts, donnant le meilleur d'eux-mêmes pour sauver la vie des patients les plus vulnérables.

Là où le temps n'attend personne

Le service des urgences de l'hôpital général de Cua Dong est constamment bondé. Ici, le répit n'existe pas, car nombre de patients qui y arrivent sont dans un état critique. À chaque sirène d'ambulance, un patient est acheminé en urgence et toute l'équipe médicale se mobilise aussitôt ; la lutte pour sauver des vies recommence.

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L'équipe médicale a rapidement pris en charge le patient en situation d'urgence. Photo : PV

Après plus de vingt ans passés aux soins intensifs, Nguyen Thi Hoa, l'infirmière en chef, ne compte plus les fois où elle et ses collègues se sont retrouvés dans une course contre la montre haletante pour sauver des vies. Elle se souvient notamment du cas récent d'un homme d'une cinquantaine d'années admis en arrêt cardiaque suite à un infarctus du myocarde ; son visage était cyanosé, sa respiration s'affaiblissait et le moniteur cardiaque n'affichait qu'une ligne continue.

Cả ekip chắt chiu từng khoảngthời gian vàng để cứu sống người bệnh. Ảnh: PV
Toute l'équipe a su saisir cette opportunité cruciale pour sauver la vie du patient. Photo : PV

Sans hésiter, toute l'équipe se mit immédiatement en place, consciente de chaque instant précieux pour sauver la vie du patient. Le docteur Cuong, chef de service adjoint, donna les instructions : « Préparez-vous à la défibrillation ! Un, deux, trois… défibrillez ! » Le bourdonnement du défibrillateur retentit et toute la salle retint son souffle… Les docteurs Hiep et Kien se relayèrent pour effectuer les compressions thoraciques, tandis que l'infirmière Thach utilisait l'insufflateur manuel à tour de rôle, tentant de préserver les dernières gouttes d'oxygène pour le patient. Aux deuxième et troisième tentatives de défibrillation… La voix du docteur Cuong restait ferme : « Continuez ! On ne peut pas s'arrêter maintenant ! » Soudain, le faible battement de cœur du patient réapparut !

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Les médecins et les infirmières étaient fous de joie de voir le patient échapper à la mort. Photo : PV

Toute l'équipe a échangé des sourires, puis a repris les soins prodigués au patient, administrant les médicaments et surveillant ses signes vitaux. Le patient avait franchi la ligne entre la vie et la mort !

Après quelques instants d'angoisse, la famille du patient a laissé éclater sa joie en larmes, serrant la main du médecin et exprimant sa profonde gratitude à l'équipe. Pour les soignants de l'unité de soins intensifs, ce fut la plus belle des récompenses et une source de motivation immense qui a renforcé leur détermination à persévérer sur ce chemin difficile.

Les changements de service n'ont pas été paisibles.

Le combat pour sauver la vie d'un patient ne se déroule pas toujours comme prévu. Mme Hoa se souvient très bien d'une nuit de garde où un très jeune patient souffrant d'une grave insuffisance respiratoire a été admis. Le médecin a ordonné une intubation immédiate. Une autre équipe s'est concentrée sur les compressions thoraciques. Toute l'équipe a donné le meilleur d'elle-même, puis le silence s'est installé… certaines batailles se terminent par une victoire qui n'appartient pas à ceux qui portent la blouse blanche.

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Derrière les portes des urgences, médecins et infirmières subissent constamment des pressions tacites. (Photo : PV)

Elles devaient réprimer leurs émotions, car derrière cette porte, des dizaines d'autres patients attendaient encore. La pression qui pèse sur les infirmières des urgences ne provient pas seulement des cas graves, mais aussi de choses que peu de gens comprennent.

L'infirmière en chef Nguyen Thi Hoa a raconté une nuit de garde où un patient ivre, présentant des symptômes de troubles digestifs, a été admis. Après examen et injections, il s'est levé et a quitté le service de lui-même. Elle pensait que le reste du service se déroulerait sans encombre, mais 18 heures plus tard, un groupe de personnes a fait irruption, criant et menaçant les médecins et les infirmières. Ils ne comprenaient pas que le service devait donner la priorité aux patients en état critique ; pour certains, une seule seconde de retard pouvait être fatale.

Une infirmière du service a fait une dépression nerveuse après avoir été victime de harcèlement psychologique de la part de la famille d'un patient, qui a déversé sa rancœur sur elle simplement parce que les médecins n'avaient pas pu sauver un patient en état critique. Ces sentiments, pour les soignants, sont difficiles à accepter ; rares sont ceux qui osent les exprimer, et pourtant, ils poursuivent leur mission.

La route n'est pas pavée de roses.

« Chaque année, le service des urgences recrute encore des dizaines d'infirmières, mais après chaque stage, très peu choisissent cette voie », déplore Nguyen Thi Van, ancienne infirmière en chef de l'hôpital. Être infirmière en réanimation, ce n'est pas seulement sauver des vies ; c'est aussi être témoin de décès, affronter des regards désapprobateurs, des reproches et verser des larmes en silence.

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Le travail des infirmières aux urgences est semé d'embûches et de défis. Photo : PV

À l'étranger, une infirmière s'occupe d'un seul patient pendant 8 heures, mais au Vietnam, elle doit se relayer auprès de 5 ou 6 patients, voire plus. Le travail s'enchaîne sans relâche, sans aucun répit. Il n'est donc pas étonnant que les jeunes choisissent une autre voie, car seuls ceux qui aiment véritablement ce métier peuvent persévérer !

« L'aube » derrière les portes des urgences

Malgré les difficultés, les soucis et les pressions tacites, de simples joies motivent les médecins, les infirmières et le personnel des urgences. Parmi elles, la lueur dans les yeux d'un patient à son réveil du coma, les mots de gratitude murmurés par une personne âgée avant sa sortie de l'hôpital, et les poignées de main fermes qui en disent long…

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La santé et le bien-être des patients motivent les médecins et les infirmières des urgences à poursuivre leur noble mission. Photo : PV

Les infirmières qui accomplissent cette mission si particulière gardent des souvenirs inoubliables. « Je me souviens encore de Mme Ha, une patiente qui considérait les urgences comme sa maison. L'année dernière, juste avant le Têt (Nouvel An lunaire), elle était en meilleure santé que d'habitude. Elle me tenait la main, sa voix faible mais pleine de chaleur : "Hoa, merci à vous et à tous. Cet hiver, je vais pouvoir fêter le Têt avec mes enfants et petits-enfants." Mais deux jours plus tard, elle s'est affaiblie et s'est éteinte paisiblement le 29e jour du Têt. Chaque fois que je vois quelqu'un mourir, j'ai le cœur lourd. Malgré les joies et les peines, nous apprenons à accepter, à être forts et à aller de l'avant », confie Hoa.

Bien qu'ils sachent que le chemin menant à la mission de redonner espoir aux plus démunis est semé d'embûches, ces professionnels de la santé continuent de le parcourir, car ils ont choisi d'être les « gardiens de la flamme » pour ceux dont la vie est fragile !

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