La crise des puces Nexus menace de paralyser l'industrie automobile américaine.
La MEMA avertit que les constructeurs automobiles américains pourraient être paralysés pendant 2 à 4 semaines en raison du blocage par la Chine des exportations de Nexperia suite à son rachat par les Pays-Bas ; Ford, GM et Stellantis préparent des plans d’urgence, risquant de revivre la situation de 2021.
Aux États-Unis, les usines d'assemblage automobile risquent de devoir fermer temporairement pendant deux à quatre semaines en raison de perturbations d'approvisionnement liées au conflit avec Nexperia. Cet avertissement a été lancé par la MEMA, la plus importante association de fournisseurs de pièces et de composants automobiles aux États-Unis, après que la Chine a bloqué les exportations de Nexperia depuis ses usines, suite à la nationalisation de l'entreprise par l'État néerlandais.
Nexus est un fournisseur clé de puces pour les industries automobile et électronique grand public. Bien qu'elle produise principalement des puces de génération précédente pour des fonctions de base, des perturbations affectant ce type de composant pourraient tout de même paralyser les chaînes de montage, reproduisant ainsi la pénurie mondiale de puces survenue en 2021.
Le Nigeria au cœur des tensions commerciales
Le 30 septembre, le gouvernement néerlandais a annoncé la prise de contrôle de Nexperia, une entreprise néerlandaise détenue à 100 % par Wingtech (Chine). Suite à cela, selon la MEMA, Pékin a bloqué les exportations de produits Nexperia depuis ses usines chinoises. Cette mesure a été perçue comme une réaction à la décision néerlandaise, exacerbant les tensions commerciales entre la Chine et l'Occident.
En Europe, les constructeurs automobiles travaillent sans relâche pour éviter une escalade du conflit. Cette semaine, Nexperia a informé ses clients japonais que les délais de livraison n'étaient plus garantis. Parallèlement, la Chine renforce ses contrôles sur les composants critiques, tandis que les États-Unis mettent en œuvre des mesures de rétorsion similaires, alors que les deux pays se préparent à un sommet très attendu la semaine prochaine.
Ce sont des puces de génération précédente, mais elles constituent un maillon essentiel de la chaîne.
Contrairement aux puces plus complexes utilisées dans les systèmes d'exploitation ou les systèmes d'aide à la conduite, les puces de Nexperia utilisent une technologie plus ancienne, gérant des fonctions de base telles que l'activation des essuie-glaces, l'ouverture des vitres et le contrôle des systèmes électriques simples. Cependant, ces composants sont indispensables dans les véhicules modernes et peu de constructeurs les produisent encore, ce qui rend la chaîne d'approvisionnement vulnérable aux perturbations.
Une seule défaillance peut rendre un véhicule inachevé. Par conséquent, même si elles ne sont pas à la pointe de la technologie, les puces de génération précédente constituent un goulot d'étranglement susceptible de paralyser les chaînes d'assemblage mondiales en cas de rupture de la chaîne d'approvisionnement.
Impact attendu sur la production automobile américaine au cours des 2 à 4 prochaines semaines.
MEMA prévoit qu'une pénurie de puces Nexperia pourrait contraindre certaines usines automobiles américaines à fermer temporairement dans les 2 à 4 prochaines semaines si aucune solution n'est trouvée. Le risque de perturbation ne se limite pas à quelques modèles, car ces puces essentielles équipent la plupart des véhicules actuels.
| Moule | Développements | Impact attendu |
|---|---|---|
| 30/9 | Les Pays-Bas annoncent le rachat de Nexperia. | Déclencher des tensions commerciales |
| Après | La Chine bloque les exportations de Nexperia depuis ses usines situées en Chine. | Perturbation de l'approvisionnement en puces de génération précédente. |
| Cette semaine | Nexperia annonce que les livraisons aux clients japonais pourraient être retardées. | Le risque de retards s'étend à de multiples régions. |
| les 2 à 4 prochaines semaines | La MEMA met en garde contre le risque de fermeture des usines automobiles américaines. | Perturbations de la chaîne de montage, retards dans les livraisons de véhicules. |
| La semaine prochaine | Le sommet tant attendu | On s'attend à une désescalade temporaire des tensions. |
La réaction des principaux constructeurs automobiles
Le PDG de Ford, Jim Farley, a qualifié le conflit avec Nexperia de problème « politique » et a indiqué avoir discuté avec des représentants du gouvernement lors d'un déplacement à Washington la semaine dernière. La PDG de General Motors, Mary Barra, a reconnu que les contraintes d'approvisionnement pourraient impacter la production et a déclaré que GM collaborait avec ses partenaires pour atténuer les risques. Stellantis, maison mère de Jeep, Peugeot et Fiat, a affirmé travailler avec Nexperia et d'autres fournisseurs afin d'évaluer l'impact et d'élaborer une stratégie.
Scénario de risque et attentes en matière de refroidissement
Si les tensions persistent, l'industrie automobile américaine pourrait revivre la crise des semi-conducteurs de 2021, qui avait contraint de nombreuses usines à interrompre leur production, entraînant des pertes considérables et des retards de livraison de véhicules à l'échelle mondiale. Les acteurs du secteur espèrent néanmoins qu'un accord commercial temporaire entre les États-Unis, la Chine et l'Europe permettra de débloquer la situation avant que les chaînes de production ne soient complètement paralysées.
À court terme, les fabricants européens multiplient les changements de production pour atténuer l'impact, tandis qu'aux États-Unis, les constructeurs automobiles surveillent de près les chaînes d'approvisionnement et préparent des plans de contingence pour le remplacement de composants si nécessaire. Cependant, compte tenu des caractéristiques spécifiques des puces de génération précédente et du nombre limité de fournisseurs, une transition rapide représente un défi de taille.
Concilier les objectifs de sécurité de la chaîne d'approvisionnement et la nécessité de maintenir la production sera la priorité du secteur dans les semaines à venir, alors que le marché attend des signes de désescalade dans les négociations.


