Vous êtes vraiment impoli !
(Baonghean.vn) – De toute évidence, nous autres Vietnamiens accordons une importance capitale à l’éducation de nos enfants car, comme je l’ai mentionné précédemment, ils sont notre reflet, le miroir dans lequel nous nous situons aux yeux des autres. Mais c’est précisément cette mentalité qui, involontairement, nous conduit à les éduquer de manière erronée et inappropriée.
Parmi les différentes manières d'insulter quelqu'un, l'expression « mal élevé » est en réalité plus offensante qu'on ne le croit. Objectivement, « mal élevé » n'est pas aussi vulgaire que bien d'autres insultes, mais son « efficacité » réside dans sa capacité à faire d'une pierre deux coups. Traiter quelqu'un de « mal élevé » sous-entend qu'il a reçu une éducation déplorable, et c'est aussi un affront à ses parents. L'usage habile des insultes est efficace en ce sens, tandis que le langage vulgaire, tout en paraissant insultant, peut en réalité ternir sa propre réputation.
On juge souvent une personne en fonction de la façon dont elle est perçue par ses proches, ou de la façon dont elle les traite. Par exemple, si je vois un enfant turbulent dans la rue, mon jugement portera davantage sur les parents que sur l'enfant lui-même. L'inverse est également vrai. Connaissant cette psychologie parentale, on comprend que de nombreux enfants espiègles profitent des lieux publics pour harceler leurs parents et leur demander un jouet, un goûter, voire une faveur. Tout cela découle de la peur qu'ont les parents d'être embarrassés et jugés lorsque leur enfant se comporte mal en public.
En réalité, cette approche de l'éducation est superficielle et erronée. Une bonne éducation exige une distinction claire entre le bien et le mal, entre le oui et le non. Un acte répréhensible commis en public ne saurait être considéré comme acceptable lorsqu'il se produit à la maison. La compréhension du bien et du mal par un enfant (et ses parents) doit être cohérente et fondée sur des convictions personnelles, plutôt que dépendante du nombre de personnes présentes. J'ai vu des enfants importuner des inconnus pour leur soutirer des téléphones ou des objets personnels en public, et leurs parents étaient impuissants face à leurs crises de colère. Cela démontre que ces pleurnicheries et ces insistances sont devenues une habitude approuvée par les parents à la maison, et que l'enfant ne fait que suivre leur routine. Certains parents, très gênés, s'excusent auprès de la personne importunée, puis emmènent leur enfant, tandis que d'autres exigent sans vergogne que la personne importunée cède à la demande de l'enfant. Certains acceptent, d'autres refusent. Il arrive que des téléphones coûteux soient cassés. À qui la faute ? À l'enfant ? Aux parents ? Ou à ces malheureux individus qui tolèrent une éducation défaillante ?
Il est clair que nous, Vietnamiens, accordons une importance capitale à l'éducation de nos enfants car, comme je l'ai mentionné précédemment, ils sont notre reflet, le miroir dans lequel nous nous référons aux autres. Mais c'est précisément cette idée qui, involontairement, nous conduit à les éduquer de manière erronée et contre-productive. Nous leur apprenons à afficher une façade morale en public et à juger le bien et le mal selon l'opinion d'autrui, au lieu de les éduquer à devenir des personnes intègres, indépendantes de toute influence extérieure. Cette intégrité doit être constante, en tout temps, en tout lieu et envers tous, sans distinction de statut social ou de lien de parenté.
Finalement, ceux qui ne s'indignent pas outre mesure lorsqu'on les traite de « irrespectueux » ou d'autres termes vulgaires, est-ce simplement parce qu'ils n'ont pas reçu une éducation adéquate, ou est-ce la réalité ?


